« L’homme machine » de Descartes

29 août 2017
Descartes

Frans Hals, « Portrait de Descartes »

Pour le philosophe français René Descartes (1596-1650), les animaux sont de simples objets, et les hommes des machines pensantes, ce qui aurait pu le conduire à considérer que tout ce qui semble naturel est en fait artificiel. Il en tire plutôt, dans l’extrait ci-dessous, la conclusion inverse : ce qui dans l’humain s’apparente à la machine, la tuyauterie corporelle, lui apparaît naturel, comme le sont en fait toutes les machines d’après lui.

Strasbourg

Automates de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, seizième siècle.

« Je ne connais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l’agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. Et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles, sont avec cela naturelles. Car, par exemple, lorsque une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu’il est à un arbre de produire des fruits ».
R. Descartes, Traité de l’homme, 1648.

« Tatoueurs, tatoués »

29 août 2017

Tatoueurs

Le musée du quai Branly a proposé en 2014-2015 une exposition intitulée Tatoueurs, tatoués dont la page web encore consultable peut s’avérer intéressante pour le thème « Corps naturel, corps artificiel » :

http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/tatoueurs-tatoues-35253/

« Sexus » d’Henry Miller

29 août 2017

Contemporain de L.-F. Céline et influencé par le succès de son premier roman, l’écrivain américain Henry Miller (1891-1980) a longtemps vécu à Paris avant la Deuxième Guerre mondiale. Dans son roman autobiographique en deux tomes Sexus (1949), il revient sur ses années de bohème parisienne, évoquant les abus divers, la frénésie sexuelle, les tentatives littéraires, et la vie globalement très chaotique qu’il a menée à cette époque. Le plus intéressant dans ce livre, en vue du BTS, c’est que le narrateur, qui n’a pourtant encore rien publié de convaincant, est fermement convaincu d’être un écrivain tout à fait exceptionnel. Alors que ses proches doutent de plus en plus de lui, il est certain de réussir à accomplir son destin. Et il a une telle force de conviction qu’il réussit effectivement bien souvent à embarquer tout son entourage dans d’extraordinaires aventures, aventures dont il parvient à sortir indemne mais dont ses amis pâtissent beaucoup…

Sexus

« Voyage au bout de la nuit »

29 août 2017

« Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir… » (Voyage au bout de la nuit, p. 7).

Céline

Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) est un essayiste indéfendable, auteur de pamphlets antisémites d’une grande violence, publiés pendant les années 1930-1940. Mais c’est aussi un romancier exceptionnel, à qui on doit des œuvres autobiographiques considérées comme des classiques du vingtième siècle. Dans son premier roman, Voyage au bout de la nuit (1932), on suit les extraordinaires aventures de Bardamu, jeune Parisien désabusé qui voyage en Afrique et en Amérique après s’être engagé comme soldat pendant la Première Guerre mondiale. Au début du livre, Bardamu boit une bière à une terrasse de café avec son ami Arthur, parlant de tout et de rien, quand la possibilité de l’extraordinaire surgit sous la forme d’un bataillon de soldats : alors qu’il venait de se déclarer anarchiste, Bardamu se joint au groupe de militaires, dans un accès de patriotisme incontrôlable ; il va rapidement déchanter, mais il a ainsi entamé une série d’aventures qui le conduiront à faire le tour du monde dans les circonstances les plus extraordinaires…

Le texte de l’ « incipit » est à lire ci-dessous, jusqu’à la page 7 pour ce qui concerne l’engagement et la rapide désillusion de Bardamu :

http://www.pourlhistoire.com/docu/voyage-celine.pdf

« Body art » et « Land art »

28 août 2017

Souvent confus quand il aborde les sujets historiques (d’après lui Jésus serait un personnage de fiction…), parfois franchement pénible quand il intervient à la télé ou répond à bâtons rompus aux questions de ses fans, le philosophe Michel Onfray reste très intéressant à écouter quand il donne des conférences à l’université de Caen. On peut écouter ci-dessous deux leçons consacrées à des thèmes éventuellement utiles pour l’épreuve de BTS. Dans la première, il aborde largement le body art, de manière très pédagogique. Dans la seconde, il évoque le land art, en faisant un détour par Jérôme Bosch et Arcimboldo.

https://www.youtube.com/watch?v=doQfALqqSB4

https://www.youtube.com/watch?v=OcBbBQrMApo

« Cheveux chéris »

28 août 2017

Cheveux

Le musée du Quai Branly a présenté en 2012-2013 une très intéressante exposition intitulée Cheveux chéris. Frivolités et trophées. Il y était question des cheveux dans toutes les civilisations et sous toutes les formes, longs ou courts, bruns ou blonds, naturels ou artificiels, cachés ou exhibés… A lire ci-dessous, le dossier de presse de cette exposition :

http://www.quaibranly.fr/uploads/tx_gayafeespacepresse/MQB_CP_CHEVEUX_CHERIS.pdf

« A history of violence » et « Prisoners »

28 août 2017

A history of violence est un film de David Cronenberg sorti en 2005. On suit au départ du film une famille qui vit un bonheur idyllique, les parents sont très amoureux, leurs enfants sont épanouis, leur maison est belle, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est l’American way of life dans toute sa splendeur en plein cœur du Midwest. En apparence en tous cas. Car, confronté un jour à un braquage violent, le père de cette famille idéale fait preuve de surprenants réflexes, dignes d’un tueur à gages… Le film montre très subtilement le basculement dans la violence et les ravages qu’elle produit au sein d’une famille apparemment si unie.

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Dans Prisoners (2013), où on retrouve l’actrice Maria Bello (la femme du « héros » dans A history of violence), on suit le destin d’une famille de Pennsylvanie dont les deux filles disparaissent, probablement victimes d’un kidnapping. Le père (Hugh Jackman) est naturellement bouleversé et s’acharne sur un jeune homme d’abord suspecté de l’enlèvement puis rapidement relâché par la police : tous les moyens semblent dès lors bons au père de famille désespéré pour faire avouer au seul coupable possible à ses yeux la vérité sur la disparition des petites filles. Un film qui peut mettre le spectateur mal à l’aise mais l’oblige, comme le film de Cronenberg, à réfléchir à son rapport à la violence…

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« Les Proies »

28 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment le film de Sofia Coppola Les Proies. Ce film se déroule aux Etats-Unis en 1864, c’est-à-dire pendant la guerre de Sécession. Le pensionnat de jeunes filles de Martha Farnsworth (Nicole Kidman) est situé en Virginie, dans le camp confédéré sudiste, tout près de la ligne de front. La directrice essaye tant bien que mal de maintenir la discipline parmi les cinq jeunes filles qui sont encore pensionnaires de son institution, avec l’aide de son assistante Edwina. Le jour où cette communauté féminine recueille un soldat nordiste blessé, le fragile équilibre de ce quotidien miraculeusement préservé bascule dans le chaos : femmes et filles s’amourachent du beau caporal (Colin Farrell) au point que la zizanie s’installe… Comme souvent dans les films de S. Coppola, l’homme est apparemment central mais en fait secondaire, ce qui intéresse surtout la réalisatrice, c’est la reconstitution minutieuse du quotidien d’un groupe de femmes et la transformation des jeunes filles en jeunes femmes. Malgré quelques longueurs, le film peut permettre d’aborder le rapport entre l’extraordinaire (la guerre, l’irruption d’une présence masculine au sein d’un groupe de femmes…) et l’ordinaire (les routines d’une communauté autarcique, le calme immuable d’un somptueux domaine en marge de la guerre…).

« Mr. and Mrs. Smith »

28 août 2017

Mr. and Mrs Smith est un film de 2005 dans lequel jouaient Brad Pitt et Angelina Jolie. Les deux acteurs incarnaient un couple apparemment normal mais en fait complètement dysfonctionnel, le mari et la femme appartenant chacun de son côté, à l’insu de l’autre, à une organisation secrète criminelle. Le film montrait habilement quoique de manière caricaturale le basculement entre le quotidien et l’extraordinaire.

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« Quoi, mon corps ? ! »

25 août 2017

Neon

Pour reprendre tranquillement le travail après les vacances et progresser dans l’étude du deuxième thème au programme de l’épreuve de culture générale du BTS, on peut se pencher sur le magazine Neon dont le numéro d’août 2017 (106 p., 3,70 €) contient un dossier intitulé « Quoi, mon corps ? ! ». Il y est question de chirurgie esthétique, de tatouages, d’épilation intégrale, de chevelure, de fesses, de nudité et d’obésité, le tout de manière assez légère voire superficielle… L’article qui introduit le dossier recoupe cependant certains des thèmes abordés par le texte de référence du Bulletin officiel car il évoque l’uniformisation croissante des corps, les discriminations fondées sur le corps, les tentatives de se singulariser corporellement ou d’assumer un corps différent…

Beth Ditto

La chanteuse du groupe Gossip, Beth Ditto, à la une du magazine musical anglais « NME », en mai 2007

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