« Corps »

27 juin 2017

Numéro

Le numéro 183 de la revue de la revue mensuelle Numéro (210 p., 4,90 €), sorti au mois de mai 2017, était consacré au thème du corps. Comme il s’agit d’un magazine de mode et de design, on y trouve essentiellement de la publicité, souvent mélangée à des reportages plus ou moins convaincants. Concernant le thème qui fait la une, on peut cependant signaler quelques articles éventuellement intéressants pour le thème du corps : une interview de Laetitia Casta qu’on découvre « corps et âme », un reportage sur deux danseurs dont le corps constitue l’instrument de travail, une analyse succincte des « courbes anatomiques » du mobilier moderne, un reportage sur les œuvres de l’Italien Maurizio Cattelan et un autre sur une récente installation mettant en scène des robots par l’Américain Jordan Wolfson… Le corps apparaît donc comme un prétexte un peu léger pour faire vendre des vêtements et des accessoires de mode, mais on peut néanmoins feuilleter cette revue pour savoir comment le monde de la mode et du design appréhende le corps.

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On peut aussi se reporter, sur le site de la revue Numéro, à une recension d’expositions sur le thème du corps à l’occasion d’un festival de photo qui s’est tenu en 2016 :

http://www.numero.com/fr/photographie/foire-paris-photo-2016-selection#_ 

Cindy Sherman et Hans Bellmer

26 juin 2017

Âgée de 63 ans, avant tout photographe, l’artiste New Yorkaise Cindy Sherman est citée dans la bibliographie concernant le nouveau thème du BTS. Elle s’est très souvent mise en scène elle-même dans des séries de photos qui partent toujours des habitudes visuelles inconscientes des spectateurs, habitudes liées aux préjugés de classe, aux tendances machistes, au goût pour la violence ou la pornographie… Ces photos peuvent mettre mal à l’aise le public ainsi confronté à ses propres pulsions ou à ses phobies. Parmi les séries de photos qui se rattachent au thème du BTS, on peut citer la série des Untitled Film Stills où l’artiste apparaît dans des poses très stéréotypées, inspirées des classiques du cinéma hollywoodien et la faisant ressembler à une poupée aux expressions figées. Affublée de postiches ou d’accessoires, lourdement maquillée, C. Sherman s’est aussi appliquée à se transformer plus directement en poupée dans la série Broken Dolls, préfigurée par un hommage à Hans Bellmer (cf. ci-dessous).

Pour une première approche de son œuvre, on peut renvoyer à un texte publié sur le site Internet du musée du Jeu de Paume :

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=document&idArt=156&idDoc=254

Sherman

Cindy Sherman, « Untitled Film #6 », 1977, 24 x 16,5 cm, Museum of Modern art, New York.

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Cindy Sherman, « Untitled #155 » (hommage à Hans Bellmer), 1985.

Des dizaines d’années avant Sherman, l’artiste franco-allemand Hans Bellmer (1902-1975) avait déjà suscité la polémique en photographiant des mannequins démembrés comme s’il s’agissait de poupées obscènes ou de cadavres accidentés.

Bellmer

Hans Bellmer, « La Poupée », 1934.

Metropolis (1927)/Les Temps modernes (1936)

26 juin 2017

Parmi les films qui peuvent s’avérer intéressants pour aborder le nouveau thème au programme de l’épreuve de BTS, on peut citer Metropolis de l’Allemand Fritz Lang (1890-1976). Ce film muet de 1927 est difficile à aborder : il est lyrique, allégorique et par ailleurs plein de longueurs (on en trouve d’ailleurs sur Internet de nombreuses versions différentes, plus ou moins longues), autant de caractéristiques qui le rapprochent d’un opéra plus que d’un blockbuster moderne. Il constitue cependant un jalon important entre les œuvres du dix-neuvième siècle (Frankenstein, les romans d’anticipation de Jules Verne, etc.) et celles du vingtième siècle : on y voit notamment un des premiers robots de l’histoire du cinéma et on y découvre d’autre part une vision cauchemardesque du corps humain réduit, par la prolétarisation, à sa seule fonction productive. Quelques années après la sortie de Metropolis, Charlie Chaplin donnera dans les Temps modernes sa propre version, beaucoup plus accessible, de la déshumanisation du travail des ouvriers dans les usines. Il illustrait ainsi la théorie d’Henri Bergson sur le comique qui ne serait rien d’autre que « du mécanique plaqué sur du vivant » (H. Bergson, Le Rire, 1900), soit la transformation, en l’occurrence, d’un corps « naturel » d’ouvrier, en corps « artificiel », corps mis au service d’une machine ou transformé lui-même en machine vivante voire happé par l’une-d’elle.

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Grand Corps malade, « Patients » (2012)

22 juin 2017

Le slameur Grand Corps malade a publié en 2012 Patients, récit autobiographique de son passage dans un centre de rééducation après un plongeon dans une piscine trop peu remplie. Le livre retrace précisément les étapes du lent rétablissement de Grand Corps malade après l’accident dramatique qui a failli le laisser « tétra » (pour « tétraplégique »). Agréablement dépourvu de prétention littéraire, Patients constitue un témoignage touchant qui se lit très facilement. A recommander à ceux qui souhaitent savoir comment on peut surmonter un événement extraordinairement négatif. Le livre a été adapté au cinéma en 2017.

Grand corps

Le quotidien et le corps exposés au Louvre

11 juin 2017

Le Louvre propose en ce moment deux expositions éventuellement intéressantes pour les deux thèmes de culture générale du BTS. L’une, visible jusqu’au 12 juin, concerne le quotidien dans les dessins hollandais du dix-septième siècle. L’autre, qu’on pourra voir jusqu’au 3 juillet, s’intéresse à la représentation du « corps en mouvement ».

http://www.louvre.fr/expositions/dessiner-le-quotidienla-hollande-au-siecle-d-or

http://www.louvre.fr/expositions/corps-en-mouvementla-danse-au-musee

Louvre corps

Le corps sous toutes les coutures à la Maison de la photo

10 juin 2017

On peut voir jusqu’au 18 juin à la Maison européenne de la photographie, à Paris, plusieurs expositions évoquant le corps. L’Australien Shaun Gladwell s’intéresse par exemple aux corps des skateurs qu’il photographie ou filme en pleine action dans des musées d’art moderne ; Martial Cherrier compare les photos de son corps de bodybuilder aux corps de la pop culture et des classiques de l’histoire de l’art ainsi qu’au problème du dopage ; Gloria Friedman se montre « en chair et en os », toute nue et rehaussée de couleurs fluo. Quant aux deux plus grandes expositions, elles peuvent s’avérer très perturbantes : la première est consacrée à Michel Journiac (1935-1995), un des précurseurs du body art (ou « art corporel ») ayant souvent utilisé le mot « corps » pour intituler ses œuvres (Alphabet du corpsMesse pour un corpsEnquête sur un corpsContrat pour un corps, Rituel de corps interdit, Action de corps exclu…) et n’ayant pas hésité à peindre avec son propre sang ; la seconde exposition majeure est une rétrospective d’Orlan (née en 1947), artiste qui, après avoir donné des baisers à des inconnus dans le cadre d’une performance, a fait de son corps une œuvre à part entière à coups d’opérations chirurgicales (on déconseille aux âmes sensibles la vidéo de sa liposuccion…)

https://www.mep-fr.org/programmation/

Gladwell 2015

Shaun Gladwell

Cherrier

Martial Cherrier

Friedman

Gloria Friedman

Journiac

Michel Journiac

Orlan

Orlan

« Mulholland drive »

31 mai 2017

A voir ou à revoir au cinéma, Mulholland drive, le sombre et mystérieux film de l’Américain David Lynch  qui ressort ces jours-ci. Le film date de 2001, avant que l’œuvre de Lynch devienne de plus en plus difficile à appréhender pour le grand public. Ceux qui ne connaissent pas l’univers du réalisateur auront déjà beaucoup à faire avec Mulholland drive qui raconte l’histoire d’une apprentie comédienne tentant de faire carrière à Hollywood et rencontrant à cette occasion des gens étranges, notamment une femme brune avec laquelle sa relation devient rapidement fusionnelle. Le reste est impossible à raconter, mais peut parfaitement illustrer le thème de l’extraordinaire dans ce qu’il a de plus dérangeant. A retenir notamment, le récit d’une histoire terrifiante, récit fait dans le plus banal des cafés de Los Angeles…

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« Get out »

31 mai 2017

Encore visible dans certains cinémas, le film américain Get out montre comment une situation banale peut basculer dans l’extraordinaire. Le héros du film file le parfait amour avec sa fiancée, mais il est noir et elle est blanche, ce qui peut encore de nos jours susciter des problèmes dans la société américaine. Le personnage principal est donc très prudent quand il se retrouve invité chez ses beaux-parents qui ne savent pas encore qu’il est afro-américain. Il est encore plus anxieux après avoir percuté une biche sur le trajet, ce qui lui vaut d’être interrogé par un policier local un peu raciste. Mais il ne s’attend pas à ce qui va lui arriver, c’est-à-dire le pire…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19565427&cfilm=241160.html

Get out

Walker Evans au Centre Pompidou

19 mai 2017

On peut voir au Centre Pompidou jusqu’au 14 août 2017 une grande rétrospective de l’oeuvre de Walker Evans (1903-1975). Ce photographe américain s’est toujours intéressé aux sujets les plus prosaïques, photographiant inlassablement les villes et les campagnes américaines, et surtout les Américains les plus modestes, notamment pendant la Grande dépression des années 1930. Et il l’a toujours fait avec beaucoup de compassion et d’humanisme pour les gens qu’il a photographiés, défendant une approche « vernaculaire » de son art.

Evans Allie

Walker Evans, « Allie Mae Burroughs », 1935-1936.

« Alien Covenant »

19 mai 2017

Le dernier film de la série Alien est sorti le 10 mai 2017. Il prend la suite du précédent, Prometheus, et se place donc en fait avant le premier épisode de la série… Le scénario résout une partie des énigmes posées par les précédents Alien, sans apporter cependant toutes les réponses attendues. Le film peut s’avérer intéressant pour le personnage double de robot incarné par Michael Fassbender : comme dans presque tous les épisodes de la saga Alien et comme c’est souvent le cas au cinéma, les robots rêvent d’acquérir une âme, de devenir humains malgré leur corps artificiel. On peut aussi voir le film pour le plaisir de découvrir « l’organisme parfait » que constitue l’extraordinaire créature…

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