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Archive de la catégorie ‘Thème 1 (2016-2017) : « Je me souviens »’

La mémoire et le souvenir au cinéma

Vendredi 28 août 2015

Deux films visibles en ce moment sur les écrans de cinéma évoquent le souvenir et la mémoire. Il s’agit d’une part de Floride qui traite de l’Alzheimer d’un personnage incarné par Jean Rochefort, d’autre part d’Amnesia, film dont le personnage principal a rompu avec ses origines germaniques par rejet du passé nazi de l’Allemagne. Amnesia est lourdement plombé par un scénario incroyablement manichéen que les acteurs peinent beaucoup à incarner et Floride ne semble pas promis à un grand succès d’après les critiques. On peut préférer à ces deux films deux autres sortis l’année dernière sur des sujets comparables : Still Alice sur l’Alzheimer et le très bon Labyrinthe du silence bien plus divertissant et probablement beaucoup plus juste qu’Amnesia sur les zones d’ombres mémorielles de l’histoire allemande. On peut aussi retenir que la mémoire et le souvenir n’en finissent pas d’inspirer les cinéastes.

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Philip K. Dick, « Souvenir », Folio SF, 2003, 300 p.

Vendredi 21 août 2015

Philip K. Dick (1928-1982) est considéré comme l’un des plus grands écrivains de science-fiction américains. Ses livres ont inspiré de très nombreux films (Blade Runner, Total RecallMinority Report, etc.). Souvenir est un recueil de nouvelles publiées dans les années 1950. Le texte éponyme est intitulé Souvenir en anglais aussi bien que dans la traduction. Il y est question d’un homme revenant d’une expédition intergalactique avec des objets rappelant étrangement des civilisations archaïques… Cette nouvelle peut servir aussi bien pour le thème « Je me souviens… » que pour les objets. L’ensemble des nouvelles du recueil est très facile à lire tout faisant réfléchir à la place des machines dans nos vies… Idéal pour des élèves qui ont peu l’habitude de lire et qui voudraient se replonger agréablement dans le travail à l’approche de la rentrée.

Extrait : « La machine est la version développée de l’outil, poursuivit Rogers. La hache est une machine simple. Le bâton devient outil, machine sommaire, entre les mains de l’homme qui cherche à atteindre quelque chose. Les machines ne sont rien d’autre que des outils multi-éléments qui accroissent le taux de rendement. L’homme est un animal fabricant d’outils. L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire des outils devenant machines, de plus en plus volumineuses et efficaces. Si on rejette la mécanique, on rejette en même temps une des caractéristiques essentielles de l’humanité » (p. 119-120).

Philip K. Dick,

Tzvetan Todorov, « Les Abus de la mémoire », Arléa, 62 p., 3 €.

Mercredi 19 août 2015

Tzvetan Todorov est un sociologue français né en 1939. Il a participé, en 1992, à un colloque sur « Histoire et mémoire des crimes de guerre nazis ». L’exposé qu’il a présenté lors de ce colloque a été publié en 2004 par les éditions Arléa et fait partie de la bibliographie officielle du thème « Je me souviens ». Il s’agit donc d’un texte assez bref, d’une cinquantaine de pages qui se lisent en une heure environ. L’ensemble est cependant très dense et risque de s’avérer difficile à aborder pour ceux qui ne disposeraient pas de solides connaissances sur l’histoire du vingtième siècle voire sur les lois dites « mémorielles » qui condamnent, en France, la négation de certains génocides et crimes de guerre. Todorov essaye justement, dans son texte, de catégoriser la mémoire des événements historiques, selon ce que l’on en fait. Il explique que la mémoire est un enjeu crucial dans les régimes totalitaires où la réécriture de l’histoire permet de mieux contrôler la population (on pense au texte d’Orwell dans 1984 : « Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé »). Mais il considère que les enjeux mémoriaux ne sont pas moins importants dans les démocraties modernes. D’après lui, il existe une « mémoire littérale » et une « mémoire exemplaire » des épisodes traumatiques de l’histoire. La « mémoire exemplaire » essaye de généraliser, de passer du particulier à l’universel, de tirer en quelque sorte les leçons de l’histoire pour le présent, en comparant les contextes et en essayant de voir ce qui diffère et ce qu’il peut y avoir d’identique. La « mémoire littérale » conduit plutôt à une forme de commémoration permanente des événements passés pour eux-mêmes ; commémoration qui n’est illégitime selon Todorov, mais qui peut conduire à une forme de ressassement complètement stérile pour le présent.

Un extrait : « On entend souvent aujourd’hui une critique des démocraties libérales de l’Europe occidentale ou de l’Amérique du Nord, qui leur reproche de contribuer à leur tour au dépérissement de la mémoire, au règne de l’oubli. Précipités dans une consommation de plus en plus rapide d’informations, nous serions voués à leur élimination tout aussi accélérée ; coupés de nos traditions et abrutis par les exigences d’une société des loisirs, dépourvus de curiosité spirituelle comme de familiarité avec les grandes œuvres du passé, nous serions condamnés à célébrer allègrement l’oubli et à nous contenter des vaines jouissances de l’instant. La mémoire serait menacée ici, non plus par l’effacement des informations, mais par leur surabondance. Ainsi, de manière moins brutale mais finalement plus efficace, car ne suscitant pas notre résistance, faisant de nous au contraire les agents consentants de cette marche vers l’oubli, les Etats démocratiques conduiraient leur population au même but que les régimes totalitaires, c’est-à-dire au règne de la barbarie » (p. 13).

Tzvetan Todorov,

« Nos futurs »

Mardi 28 juillet 2015

On peut voir depuis le 22 juillet au cinéma un film français intitulé Nos futurs en écho au slogan punk « No future ». Ce film raconte l’histoire de Yann, un trentenaire pourvu d’une belle situation professionnelle et adoré par sa femme mais qui ne parvient pas à avoir d’enfant ni à entretenir des relations normales avec sa mère. Se rendant compte qu’il est en train de devenir un « vieux con », Yann décide d’appeler son ami d’enfance et copain de lycée, Thomas, grand fan du minitel qui est resté prisonnier de son adolescence dissipée…  Dès lors, le film suit les traces du Péril jeune ou de Camille redouble confrontant les deux personnages à leurs souvenirs (anciennes petites amies, booms lycéennes, etc.). Il s’agit d’une réflexion touchante sur l’amitié et sur la nostalgie, sur le deuil des personnes et de la jeunesse. L’ensemble, par ailleurs souvent très drôle, peut donc s’avérer utile pour aborder le second thème du programme de culture générale du BTS.

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Histoire des ruines

Dimanche 26 juillet 2015

L’émission La Fabrique de l’histoire a récemment consacré une série de quatre émissions à l’histoire des ruines. Parmi ces quatre émissions, deux peuvent s’avérer intéressantes pour le programme du BTS dans la mesure où elles abordent les objets comme supports de la mémoire des civilisations disparues. Dans la première de ces deux émissions, l’archéologue Alain Schnapp tente une histoire générale des ruines à travers le temps et l’espace. Dans la deuxième, plusieurs spécialistes de la restauration des objets et des monuments se penchent sur les termes de « reconstruction », « reconstitution », « restauration », « préservation » pour évoquer les différentes manières de lutter contre les effets du temps. L’ensemble n’est pas évident à suivre mais peut être utile concernant les objets aussi bien que le souvenir :

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-ruines-14-2014-05-12 

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-ruines-34-2014-05-14

A la télé cette semaine

Dimanche 26 juillet 2015

Le jeudi 30 juillet à 13.35, on pourra voir sur Arte une adaptation de A la recherche du temps perdu, l’œuvre de Proust faisant une large place au souvenir. Le même jour à 20.30 LCP diffusera Guantanamo Limbo : dans l’enfer de l’oubli, un documentaire sur le camp américain de Cuba.

Vice Versa

Vendredi 24 juillet 2015

Le dernier film d’animation des studios Pixar s’intitule Vice Versa. On peut le voir au cinéma depuis le 17 juin 2015. Ce film met en scène les émotions qui agitent Riley, une pré-adolescente fan de hockey confrontée à un déménagement difficile du Minnesota vers San Francisco. Ces émotions sont incarnées par des personnages animés (Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût). Ces émotions pilotées par Joie provoquent les réactions de Riley et sont aussi chargées de ses souvenirs, enregistrant plus ou moins fidèlement les événements du jour dans les différentes strates de sa mémoire et réactivant le souvenir d’épisodes anciens. L’animation est toujours très inventive et tous les personnages peuvent être interprétés à deux niveaux au moins, de manière à satisfaire le jeune public aussi bien que les adultes, voire les spécialistes des sciences cognitives puisque le film porte tout un discours sur le rapport entre les émotions, la mémoire et la construction de la personnalité. Ci-dessous, deux extraits concernant la mémoire, le premier évoque les bons souvenirs de Riley et le second montre Joie et Tristesse perdues dans le labyrinthe de la « mémoire à long terme » :

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L’amnésie au cinéma

Jeudi 23 juillet 2015

L’amnésie a inspiré de nombreux films. Le 8 juillet dernier, on pouvait par exemple voir un film de 2001 de Zabou Breitman avec Isabelle Carré et Bernard Campan. Frappé d’une forme d’Alzheimer incurable, le personnage de Claire Poussin incarné par I. Carré était envoyé dans une clinique spécialisée dans les troubles de la mémoire. On voyait dans ce film comment la malade essayait désespérément de lutter contre les progrès d’Alzheimer à coup de post-it et de consignes enregistrées sur un dictaphone. Le film Still Alice sorti en 2014 et dans lequel une scientifique incarnée par Julian Moore était elle aussi frappée d’Alzheimer précoce reprenait certains de ces détails.

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Du côté de l’amnésie plus ou moins volontaire, on peut évoquer deux films qui sont sortis ou vont bientôt sortir au cinéma. Dans une veine comique, Nos Futurs qui raconte les retrouvailles d’anciens copains de lycée. Et, plutôt dramatique, Amnesia de Barbet Schroeder.

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Shokuzai

Jeudi 23 juillet 2015

A voir ce soir sur Arte, le film Shokuzai dont les deux parties s’intitulent « Celles qui voulaient oublier » et « Celles qui voulaient se souvenir », ce qui correspond bien au thème nouveau thème de BTS :

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« Trois souvenirs de ma jeunesse »

Dimanche 14 juin 2015

Le film d’Arnaud Desplechin intitulé Trois souvenirs de ma jeunesse est sorti le 20 mai au cinéma. La bande annonce laisse penser que le film tourne autour d’un personnage à l’identité trouble, impliqué dans des affaires d’espionnage. Mais, en fait, ce sujet n’occupe qu’une petite partie du film. L’essentiel porte sur la jeunesse du héros, Paul Dédalus, sur ses études à l’université à la fin des années 1980, sur ses amis et surtout sur sa relation avec une lycéenne, Esther. Le film risque de sembler insupportablement théâtral à ceux qui ne connaissent pas ou n’apprécient pas l’œuvre du réalisateur, mais il aborde cependant les relations humaines et le souvenir de manière très intéressante.

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A signaler du même réalisateur, un autre film récemment sorti, qui évoque aussi la place des souvenirs dans la psychanalyse et l’ethnologie, Jimmy P., psychothérapie d’un Indien des plaines (2013) : 

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