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Archive de la catégorie ‘Thème 1 (2016-2017) : « Je me souviens »’

« L’Île des esclaves oubliés » et « Mémoires libérées » à Nantes

Mercredi 27 avril 2016

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Le château des ducs de Bretagne de Nantes présente jusqu’au 30 avril une très intéressante exposition sur une communauté de Mozambicains et de Malgaches ayant survécu pendant quinze ans, sur le minuscule îlot de Tromelin, près de Madagascar. Ces Africains ont été abandonnés sur l’îlot en 1761 après le naufrage du navire français qui devait les déporter vers l’île Bourbon (de nos jours la Réunion). L’équipage a réussi à reconstruire un navire de secours à partir de l’épave a promis de venir secourir les esclaves. Mais les secours ont pris un énorme retard, contraignant les naufragés à faire feu de tout bois pour se maintenir en vie. Oubliés pendant quinze ans, les derniers survivants ont été secourus in extremis. Leur épopée a fait l’objet de fouilles archéologiques sur Tromelin qui appartient aux Terres australes et antarctiques françaises. C’est le destin passionnant de ces rescapés qui est évoqué dans cette exposition qui se tient au sein d’un musée dont les collections permanentes reviennent aussi sur la place primordiale de Nantes dans la traite négrière.

http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/tromelin

http://www.chateaunantes.fr/fr/traite-negriere-atlantique

La ville de Nantes a été l’une des premières, en France, à assumer son passé négrier notamment par la construction d’un mémorial de l’abolition de l’esclavage :

http://memorial.nantes.fr/

L’hôtel de ville de Nantes accueillera du 4 mai au 30 juin une exposition consacrée à l’esclavage et intitulée

http://www.memoiresliberees.org/exposition-nantes/

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« Je n’oublierai jamais »

Samedi 23 avril 2016

« Je n’oublierai » jamais est une petite rubrique de la radio France Inter, tellement courte qu’elle n’est même pas disponible en Podcast. Elle consiste à demander à une personnalité invitée de dire ce qu’elle n’oublierait pas de son enfance, son métier, etc. Il est inutile de se pencher précisément sur le contenu le plus souvent superficiel des réponses, mais on peut retenir le côté nostalgique du questionnaire, la page Internet de la rubrique étant d’ailleurs illustrée par une madeleine, ce qui prouve que les références à Proust font désormais partie de la culture la plus populaire.

http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/966714

 

« Chaque témoin compte »

Samedi 16 avril 2016

A écouter sur le site de replay de France Inter, une émission consacrée au travail pour recueillir des témoignages concernant les attentats du 13 novembre 2015 qu’il s’agisse des journalistes du Monde ou des chercheurs de l’Institut d’histoire du temps présent, spécialisés dans l’histoire la plus contemporaine  :

http://www.franceinter.fr/emission-interactiv-matinale-speciale-chaque-temoin-compte

Réécriture ou effacement des souvenirs

Mardi 12 avril 2016

A voir dans le journal télé de 20 heures de France 2 du 12 avril, une présentation sur le plateau des résultats de chercheurs français qui ont réussi à implanter de faux souvenirs dans la mémoire d’une souris, le tout sur fond d’affiches de Minority report et Total Recall. Appliquée aux hommes, cette technique pourrait permettre d’effacer les souvenirs traumatisants. Preuve que la mémoire est un thème d’actualité…

http://pluzz.francetv.fr/videos/jt20h_,138275232.html

Mémoire et histoire

Mardi 29 mars 2016

Récemment diffusé sur France Culture, un débat confrontait deux historiens, le médiéviste Patrick Boucheron et le spécialiste de la Deuxième Guerre mondiale Henry Rousso, il y était question des rapports entre histoire et mémoire. L’émission s’avère difficile à suivre, les deux historiens, par ailleurs à peu près du même avis, multipliant les références à l’histoire de leur propre discipline plutôt qu’à la culture générale de l’auditeur de base. Mais elle peut quand même être intéressante pour le thème de BTS « Je me souviens ».

http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/la-memoire-joue-t-elle-contre-l-histoire

« Devoir de mémoire »

Vendredi 25 mars 2016

Sortie hier en kiosque, une nouvelle revue trimestrielle, intitulée Devoir de mémoire, consacre son premier numéro à « La Route de l’esclave » (146 p., 12,90 €). Une partie importante de ce numéro est à prendre avec beaucoup de précautions : plusieurs auteurs insinuent et certains affirment même très clairement que l’Etat mènerait, en France, une politique raciale « négrophobe » en refusant par exemple d’accorder des réparations aux « Afro-descendants » tous victimes à divers titres de l’esclavage, refus inconsciemment lié au mépris dans lequel les Noirs d’Afrique ont été tenus pendant des siècles pour justifier la traite négrière. Certains textes se penchent plus sereinement sur l’histoire de l’esclavage et la place de ce thème dans les programmes scolaires ; d’autres, plus directement intéressants en vue du BTS,  étudient la mémoire de l’esclavage dans les ports négriers d’Europe, dans les pays d’Afrique ou dans les départements français d’Outre-Mer. Ce premier numéro prouve que la notion de « devoir de mémoire » devient de plus en plus populaire tout en continuant à évoluer par rapport à sa signification d’origine.

Magazine Devoir De Mémoire Magazine

Vivre avec les traces du passé

Vendredi 18 mars 2016

Récemment diffusée sur France Culture, une émission consacrée aux conséquences des actes terroristes du 13 novembre dernier était intitulée « Comment vivre avec les traces des attentats ? ». Il y est notamment question, avec une sociologue de la mémoire, des manières diverses et parfois paradoxales de se souvenir d’événements tragiques :

http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/comment-vivre-avec-les-traces-des-attentats

« Mémoire morte » de Donald Westlake

Jeudi 3 mars 2016

Donald Westlake est un auteur de romans noirs américain né en 1933 et mort en 2008. Il a publié de manière posthume, en 2010, un roman inédit des années 1960 intitulé Memory. Ce roman a été traduit et publié en français en 2010 sous le titre Mémoire morte. Il ne s’agit pas d’un polar classique ni, bien évidemment, d’un essai sur la mémoire. On suit en fait le parcours chaotique d’un certain Paul Cole, victime, après un accident, d’une forme d’amnésie particulièrement grave. Bien que très atypique, le livre se lit facilement, grâce à un style nerveux et efficace. Sans que l’auteur développe jamais une théorie sur la mémoire, il aborde incessamment les problèmes relatifs à l’amnésie, de manière très incarnée puisque on ne quitte quasiment jamais le personnage principal.

Westlake

Alzheimer

Jeudi 25 février 2016

A écouter sur le site de France Culture, un récent épisode de l’émission d’Alain Finkielkraut Répliques consacré à Alzheimer. Il y est surtout question de la déchéance physique liée au vieillissement et de sa compatibilité avec la préservation de la dignité des personnes. Mais l’émission aborde aussi, plus brièvement, le problème de la perte des souvenirs et leur importance dans la constitution des identités.

http://www.franceculture.fr/emissions/repliques/alzheimer

Histoire du devoir de mémoire

Mercredi 27 janvier 2016

Ci-dessous, un résumé (à 10 % de sa longueur initiale) de l’article « Qui a inventé le devoir de mémoire ? » de Sébastien Ledoux (L’Histoire, n°419, janvier 2016).

On considère souvent, d’après certaines publications du milieu des années 1980, que la notion de « devoir de mémoire » a été inventée par les survivants des camps de la Deuxième Guerre mondiale. Mais ceux qui ont échappé à l’extermination n’ont en réalité pas été les premiers à utiliser l’expression. Ce sont en fait des écrivains, spécialistes de littérature et psychanalystes qui y ont initialement eu recours à partir de 1972. Et s’ils ont abondamment fait appel à l’idée de devoir de mémoire pendant les années 1970, ils l’ont fait avant tout parce que la mémoire était un thème porteur à cette poque et non en référence aux années 1939-1945. Le concept de « devoir de mémoire » est resté très à la mode dans les différentes sciences humaines pendant toute la première partie des années 1980 sans jamais, cependant, devenir véritablement populaire. C’est en fait vers 1985 que l’idée de devoir appliquée à la mémoire semble s’être imposée au détriment de la notion de « souvenir ». Et c’est aussi vers cette époque que le « devoir de mémoire » a commencé à être étroitement associé au génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Dans la première moitié des années 1990, on a jugé les criminels de guerre encore vivants, commémoré les déportations, voté des lois reconnaissant officiellement le génocide des Juifs, désormais appelé de plus en plus souvent « Shoah ». Cinquante après les faits, le « devoir de mémoire » devenait ainsi un véritable sujet de société. La deuxième partie des années 1990 a été marquée par la poursuite des procès contre les organisateurs des déportations et elle a vu la France reconnaître officiellement sa responsabilité dans ce domaine, ce qui s’est traduit par l’indemnisation des victimes mais aussi par le développement d’activités pédagogiques concernant le « devoir de mémoire ». Vers la fin de la décennie, la notion a été appliquée à d’autres périodes historiques, très récentes ou, au contraire, beaucoup plus anciennes que la Deuxième Guerre mondiale. Des groupes de pression ont revendiqué que la mémoire de certaines communautés soit reconnue au même titre que celle des Juifs victimes du génocide. Ces initiatives ont suscité le scepticisme des historiens : la plupart d’entre eux pensent que le « devoir de mémoire » est une notion ambiguë pouvant déboucher sur des manipulations de l’histoire. Et, à partir de 2005, des hommes politiques ont en effet donné l’impression de vouloir détourner à leur profit certaines activités pédagogiques liées aux questions mémorielles relatives à la Deuxième Guerre mondiale. Depuis son invention au début des années 1970, le « devoir de mémoire » a donc beaucoup évolué et s’est largement diffusé, mais il est loin de faire consensus puisque on l’accuse de favoriser le communautarisme mémoriel, suscitant la division plutôt que l’unité.

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