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Archive de la catégorie ‘Ancien thème (2017-2018) « L’extraordinaire »’

« La Mouche »

Mardi 29 août 2017

Le film de David Cronenberg La Mouche est sorti en 1986. Jeff Goldblum y incarne un savant travaillant sur la téléportation qui n’hésite pas à expérimenter sur lui-même son invention. Ayant réussi à se téléporter, le scientifique déborde d’enthousiasme et d’énergie : il semblerait en effet que la téléportation ait agit sur lui comme un véritable stimulant de toutes ses facultés physiques autant qu’intellectuelles. Rapidement, cependant, certains effets secondaires un peu gênants se manifestent…

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« Sexus » d’Henry Miller

Mardi 29 août 2017

Contemporain de L.-F. Céline et influencé par le succès de son premier roman, l’écrivain américain Henry Miller (1891-1980) a longtemps vécu à Paris avant la Deuxième Guerre mondiale. Dans son roman autobiographique en deux tomes Sexus (1949), il revient sur ses années de bohème parisienne, évoquant les abus divers, la frénésie sexuelle, les tentatives littéraires, et la vie globalement très chaotique qu’il a menée à cette époque. Le plus intéressant dans ce livre, en vue du BTS, c’est que le narrateur, qui n’a pourtant encore rien publié de convaincant, est fermement convaincu d’être un écrivain tout à fait exceptionnel. Alors que ses proches doutent de plus en plus de lui, il est certain de réussir à accomplir son destin. Et il a une telle force de conviction qu’il réussit effectivement bien souvent à embarquer tout son entourage dans d’extraordinaires aventures, aventures dont il parvient à sortir indemne mais dont ses amis pâtissent beaucoup…

Sexus

« Voyage au bout de la nuit »

Mardi 29 août 2017

« Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir… » (Voyage au bout de la nuit, p. 7).

Céline

Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) est un essayiste indéfendable, auteur de pamphlets antisémites d’une grande violence, publiés pendant les années 1930-1940. Mais c’est aussi un romancier exceptionnel, à qui on doit des œuvres autobiographiques considérées comme des classiques du vingtième siècle. Dans son premier roman, Voyage au bout de la nuit (1932), on suit les extraordinaires aventures de Bardamu, jeune Parisien désabusé qui voyage en Afrique et en Amérique après s’être engagé comme soldat pendant la Première Guerre mondiale. Au début du livre, Bardamu boit une bière à une terrasse de café avec son ami Arthur, parlant de tout et de rien, quand la possibilité de l’extraordinaire surgit sous la forme d’un bataillon de soldats : alors qu’il venait de se déclarer anarchiste, Bardamu se joint au groupe de militaires, dans un accès de patriotisme incontrôlable ; il va rapidement déchanter, mais il a ainsi entamé une série d’aventures qui le conduiront à faire le tour du monde dans les circonstances les plus extraordinaires…

Le texte de l’ « incipit » est à lire ci-dessous, jusqu’à la page 7 pour ce qui concerne l’engagement et la rapide désillusion de Bardamu :

http://www.pourlhistoire.com/docu/voyage-celine.pdf

« Body art » et « Land art »

Lundi 28 août 2017

Souvent confus quand il aborde les sujets historiques (d’après lui Jésus serait un personnage de fiction…), parfois franchement pénible quand il intervient à la télé ou répond à bâtons rompus aux questions de ses fans, le philosophe Michel Onfray reste très intéressant à écouter quand il donne des conférences à l’université de Caen. On peut écouter ci-dessous deux leçons consacrées à des thèmes éventuellement utiles pour l’épreuve de BTS. Dans la première, il aborde largement le body art, de manière très pédagogique. Dans la seconde, il évoque le land art, en faisant un détour par Jérôme Bosch et Arcimboldo.

https://www.youtube.com/watch?v=doQfALqqSB4

https://www.youtube.com/watch?v=OcBbBQrMApo

« A history of violence » et « Prisoners »

Lundi 28 août 2017

A history of violence est un film de David Cronenberg sorti en 2005. On suit au départ du film une famille qui vit un bonheur idyllique, les parents sont très amoureux, leurs enfants sont épanouis, leur maison est belle, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est l’American way of life dans toute sa splendeur en plein cœur du Midwest. En apparence en tous cas. Car, confronté un jour à un braquage violent, le père de cette famille idéale fait preuve de surprenants réflexes, dignes d’un tueur à gages… Le film montre très subtilement le basculement dans la violence et les ravages qu’elle produit au sein d’une famille apparemment si unie.

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Dans Prisoners (2013), où on retrouve l’actrice Maria Bello (la femme du « héros » dans A history of violence), on suit le destin d’une famille de Pennsylvanie dont les deux filles disparaissent, probablement victimes d’un kidnapping. Le père (Hugh Jackman) est naturellement bouleversé et s’acharne sur un jeune homme d’abord suspecté de l’enlèvement puis rapidement relâché par la police : tous les moyens semblent dès lors bons au père de famille désespéré pour faire avouer au seul coupable possible à ses yeux la vérité sur la disparition des petites filles. Un film qui peut mettre le spectateur mal à l’aise mais l’oblige, comme le film de Cronenberg, à réfléchir à son rapport à la violence…

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« Les Proies »

Lundi 28 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment le film de Sofia Coppola Les Proies. Ce film se déroule aux Etats-Unis en 1864, c’est-à-dire pendant la guerre de Sécession. Le pensionnat de jeunes filles de Martha Farnsworth (Nicole Kidman) est situé en Virginie, dans le camp confédéré sudiste, tout près de la ligne de front. La directrice essaye tant bien que mal de maintenir la discipline parmi les cinq jeunes filles qui sont encore pensionnaires de son institution, avec l’aide de son assistante Edwina. Le jour où cette communauté féminine recueille un soldat nordiste blessé, le fragile équilibre de ce quotidien miraculeusement préservé bascule dans le chaos : femmes et filles s’amourachent du beau caporal (Colin Farrell) au point que la zizanie s’installe… Comme souvent dans les films de S. Coppola, l’homme est apparemment central mais en fait secondaire, ce qui intéresse surtout la réalisatrice, c’est la reconstitution minutieuse du quotidien d’un groupe de femmes et la transformation des jeunes filles en jeunes femmes. Malgré quelques longueurs, le film peut permettre d’aborder le rapport entre l’extraordinaire (la guerre, l’irruption d’une présence masculine au sein d’un groupe de femmes…) et l’ordinaire (les routines d’une communauté autarcique, le calme immuable d’un somptueux domaine en marge de la guerre…).

« Mr. and Mrs. Smith »

Lundi 28 août 2017

Mr. and Mrs Smith est un film de 2005 dans lequel jouaient Brad Pitt et Angelina Jolie. Les deux acteurs incarnaient un couple apparemment normal mais en fait complètement dysfonctionnel, le mari et la femme appartenant chacun de son côté, à l’insu de l’autre, à une organisation secrète criminelle. Le film montrait habilement quoique de manière caricaturale le basculement entre le quotidien et l’extraordinaire.

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« Vernon Subutex » de Virginie Despentes

Lundi 21 août 2017

Subutex 1

Virginie Despentes a publié en 2015 les deux premiers volumes d’une trilogie intitulée Vernon Subutex. Dans le premier volume, on suit la chute de Vernon Subutex, disquaire parisien d’une quarantaine d’années, ruiné par le déclin du marché du disque au début du troisième millénaire. Après avoir fermé boutique, Subutex survit grâce à l’aide d’Alex Bleach, un de ses anciens clients devenus rock star. Après la mort de Bleach, Subutex n’a plus de ressources, il est expulsé de son appartement et doit dès lors demander l’hospitalité à ses anciens amis, amis qui sont presque tous d’anciens clients de sa boutique à son époque de gloire. Entre-temps, certains sont morts ou ont sombré dans la drogue, d’autres se sont embourgeoisés, reniant leurs idéaux de jeunesse. Très peu ont vraiment l’intention ou la possibilité d’aider Subutex, lequel finit donc SDF. Mais Subutex est parti avec une cassette enregistrée par Bleach juste avant sa mort… Dans le deuxième volume, Subutex s’installe avec d’autres SDF dans le parc des Buttes Chaumont, où il croise certains de ses amis en quête des enregistrements de Bleach. Petit à petit, un groupe se constitue autour de Subutex qui, malgré son absence de charisme et son hygiène franchement douteuse, devient un DJ tout à fait exceptionnel, peu à peu considéré comme un véritable guide spirituel par tous ceux qui croisent sa route.

Les livres de Virginie Despentes sont d’une construction très sophistiquée. Mais ce qui en fait surtout l’intérêt, c’est la grande acuité psychologique du portrait des nombreux personnages, dressant un tableau au vitriol de la France des années 1985-2010, entre punk rock et déglingue sociale.

Subutex 2

Les deux livres sont très prenants, le premier est très sombre et le second un peu moins. L’ensemble est abordable, même pour des élèves qui ne seraient pas de grands lecteurs. 

Ci-dessous, le tout début de Vernon Subutex 1 où l’antihéros de V. Despentes vit déjà un quotidien difficile, préfigurant sa future vie de SDF :

« Les fenêtres de l’immeuble d’en face sont déjà éclairées. Les silhouettes des femmes de ménage s’agitent dans le vaste open space de ce qui doit être une agence de communication. Elles commencent à six heures. D’habitude, Vernon se réveille un peu avant qu’elles arrivent. Il a envie d’un café serré, d’une cigarette à filtre jaune, il aimerait se griller une tranche de pain et déjeuner en parcourant les gros titre du Parisien sur son ordinateur.

Il n’a pas acheté de café depuis des semaines. Les cigarettes qu’il roule en éventrant les mégots de la veille sont si fines que c’est comme tirer sur du papier. Il n’y a rien à manger dans ses placards. Mais il a conservé son abonnement à Internet. Le prélèvement se fait le jour où tombe l’allocation logement. Depuis quelques mois, elle est versée directement au propriétaire, mais c’est quand même passé jusque là. Pourvu que ça dure ».

Et, dans l’extrait qui suit, à la fin de Vernon Subutex 2, le personnage se rend compte, au cours d’une fête en Corse, qu’il est en train de devenir une sorte de gourou pour tous les gens qu’il fait danser grâce à ses extraordinaires talents de DJ :

« Et puis plus tard, un long silence. Il lance les sons alpha d’Alex. Il prend son temps. Avec la réverb, dans la chapelle, ça se lève tout de suite. Toujours dans l’obscurité, la pureté du son. Bootsy Collins. I’d rather be with you. Des silhouettes se détachent et forment des grappes éphémères. La Hyène est presque immobile quand elle danse, sauf ce léger mouvement des hanches. La plupart des corps ne bougent pas encore. Beaucoup sont restés allongés. Il croise le regard de Pamela. Il établit le contact avec les absents. Mentalement, il cherche les parois mobiles – les passages secrets dans le temps et le solide des choses. Des volutes de lumière de lune s’ouvrent entre les gens. Et comme souvent la nuit, il voit la longue silhouette d’Alex, géante dans la pépinière d’étoiles, qui se penche sur eux et qui les observe, souffle doucement sur le sol, en souriant. Tout autour des vivants dansent les morts et les invisibles, les ombres se confondent et ses yeux se ferment. Autour de lui, le mouvement est déclenché. Ça commence. Il les fait tous danser ».

« La Totale »/«True lies »

Vendredi 18 août 2017

En 1991 sortait en France La Totale comédie sympathique sur un couple de bourgeois bien tranquilles dont chaque membre mène en fait une double vie, le mari (Thierry Lhermitte) étant agent secret à l’insu de sa femme (jouée par Miou-Miou). Le film montrait de manière caricaturale mais efficace à quel point il était difficile de concilier une vie ordinaire et un métier extraordinaire (du point de vue du mari-agent secret) et aussi à quel point il était difficile de se satisfaire d’une vie de mère au foyer bourgeoise (du point de vue de sa femme).

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Quelques années plus tard, un remake hollywoodien était réalisé sous le titre Trues lies, avec Arnold Schwarzeneger et Jamie Lee Curtis dans les deux rôles principaux. Plutôt meilleur que l’original, ce film reprenait les quiproquo comiques nés de la confrontation entre un quotidien ordinaire et la tentation de mener une vie extraordinaire.

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L’enfer quotidien

Vendredi 18 août 2017

Quand elle prend une forme maladive et obsessionnelle, la jalousie peut complètement pourrir le quotidien d’un couple. C’est ce que montre le film de Claude Chabrol de 1994 intitulé L’Enfer. Inspiré d’un film resté inachevé d’Henri-Georges Clouzot, de 1964, L’Enfer de Chabrol nous montre un personnage incarné par François Cluzet sombrant peu à peu dans la folie par jalousie envers sa femme, jouée par Emmanuelle Béart.

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A écouter aussi ci-dessous, une chanson de 1995 justement intitulée Diary hell :

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