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Archive de la catégorie ‘Ancien thème (2017-2018) « L’extraordinaire »’

« 120 battements par minute »

Lundi 11 septembre 2017

L’épidémie de SIDA a fait près de 40 millions de morts et continue d’en faire chaque année, essentiellement en Afrique. Dans les pays occidentaux, le SIDA a beaucoup reculé grâce à la prévention des risques et à l’aide de thérapies plus efficaces. Mais pendant les quinze premières années de l’épidémie, les malades avaient une espérance de vie très réduite, compte tenu des atteintes corporelles qu’ils subissaient et qui étaient à l’époque irrémédiables. C’est ce qui a suscité la colère de l’association d’activistes Act-Up, qui a beaucoup fait pour lutter contre l’inertie des pouvoirs publics face aux ravages faits par le SIDA chez les homosexuels mais aussi chez les hémophiles et les utilisateurs de drogues par injection, et c’est ce que raconte le film 120 battements par minute, récemment primé au Festival de Cannes, un film naturellement très sombre malgré quelques passages plus légers (le titre évoque les « bpm » de la musique techno ayant rythmé les débuts d’Act-Up).

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« Eraserhead »

Vendredi 8 septembre 2017

Eraserhead

Eraserhead est un film d’horreur expérimental tourné en 1977 par le réalisateur américain David Lynch (né en 1946). Le film raconte l’histoire d’Henry Spencer, employé d’une imprimerie dans une ville américaine indéterminée. Sa vie bascule quand son ex-fiancée Mary lui apprend qu’elle a, après leur séparation, accouché d’un enfant dont il serait le père. Le bébé est difforme et la vie déjà très étrange d’Henry bascule dans le chaos, laissant le personnage et le spectateur éberlués. Car ce n’est pas tant le scénario qui intéresse David Lynch que la possibilité de montrer des images vraiment extraordinaires, dans la lignée des expressionnistes allemands ou des surréalistes. On peut voir en ce moment au cinéma une réédition d’excellente qualité de ce film vraiment atypique auquel on ne peut comparer, parmi les films récents, que le très étrange Under the skin (2014) de Jonathan Glazer. Dans l’extrait ci-dessous, Henry decouvre, cachée dans son radiateur, une petite femme difforme qui chante en l’attendant…

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On peut aussi, concernant le thème du corps aussi bien que celui de l’extraordinaire, regarder le deuxième film de David Lynch, nettement plus abordable qu’Eraserhead mais lui aussi en noir et blanc, Elephant Man, qui date de 1980 :

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« Breaking bad »

Jeudi 7 septembre 2017

La série américaine Breaking bad  (2008-2013) raconte l’histoire de Walt, quinquagénaire professeur de chimie dans un lycée d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Autrefois brillant, Walt est peu à peu devenu un looser , se laissant enfermer dans une désespérante routine : raillé par ses collègues et ses élèves, il habite une vieille maison et roule dans une vieille voiture, sa femme le respecte mais n’éprouve plus d’amour pour lui… Quand il apprend qu’il est atteint d’un cancer, Walt est prêt à tout pour préserver sa famille (on est aux Etats-Unis et les frais médicaux sont exorbitants et mal remboursés). Quand il tombe par hasard sur Jessie, un de ses anciens élèves devenu dealer, Walt en vient même à accepter de produire avec lui du « cristal », une drogue qui fait fureur. Or Walt s’avère être un chimiste de génie capable de produire le meilleur cristal du marché… C’est le début d’une lente descente aux enfers au cours de laquelle le personnage essaye à tout prix de préserver une certaine normalité à sa vie de famille, tout en devenant s’en sans rendre compte un impitoyable trafiquant de drogue.

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« Nip/tuck »

Jeudi 7 septembre 2017

Nip

L’expression anglaise « Nip/tuck » est difficile à traduire. Elle a une signification proche celle de « ric-rac » en français. Mais elle s’applique aussi au domaine de la chirurgie esthétique et signifie, dans ce cas, « pincer/replier », « tuck » désignant par ailleurs en vocabulaire technique une « liposuccion ». Nip/tuck est aussi le nom d’une série américaine des années 2003-2010 dans laquelle on suit deux chirurgiens esthétiques de Miami, amis et associés au sein du même cabinet. La vie trépidante des protagonistes se mêle à leur vie professionnelle, ils opèrent leurs proches et couchent par ailleurs avec leurs clientes dans un chaos de plus en plus incontrôlable. L’un des deux chirurgiens oublie un scalpel dans le corps d’une de ses patientes, l’autre remodèle une de ses nombreuses conquêtes, tous les deux acceptent de refaire le visage d’un mafieux qui souhaite changer d’identité, etc. Les dernières saisons de cette série accumulent les péripéties à grand coup de tours de passe-passe scénaristiques assez pénibles mais les deux ou trois premières saisons sont pleines de réflexions intéressantes sur le corps et tout ce qu’on peut faire d’extraordinaire pour le modifier.

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« What happens in Vegas stays in Vegas… »

Mercredi 6 septembre 2017

Capitale américaine du jeu (et de la prostitution) implantée en plein désert du Nevada, Las Vegas est un endroit où on peut se marier très rapidement, mais où on peut aussi enterrer sa vie de garçon (et de jeune fille ?) avant de se marier. C’est dans ce cadre que « Tout ce qui se passe à Vegas reste à Vegas ». Parfois, cependant, le caractère orgiaque de la fête prend le dessus comme dans la célèbre comédie Very bad trip (2009) où des trentenaires gentiment débiles perdent complètement le contrôle de la soirée d’adieu à la vie de célibataire organisée pour l’un d’entre eux. Et il n’est dès lors plus possible de garder secret ce qui s’est passé sur place…

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Adam, Eve et Dionysos

Mercredi 30 août 2017
Adam

Michel-Ange (1475-1564), « La Création d’Adam », fresque de la chapelle Sixtine du Vatican, Rome, 1508-1512.

Dans la Bible, la Genèse fournit deux exemples de corps artificiellement créés. D’une part celui d’Adam, constitué d’argile et auquel Dieu insuffle la vie. D’autre part celui d’Ève, tiré d’une côte d’Adam.

Adam (2)

« La Création d’Ève », mosaïque de la Chapelle palatine, Palerme (Sicile), vers 1135.

La mythologie grecque offre des exemples comparables avec Dionysos, tiré de la cuisse de Jupiter, naissance extraordinaire qui a donné un proverbe en français :

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« Naissance de Dionysos », céramique grecque à figure rouge, colonie italienne de Tarente, vers – 400 av.  J.-C.

« Les Pierres sacrées des Maori »

Mercredi 30 août 2017

Maori

On peut voir au musée du Quai Branly jusqu’à la fin du mois de septembre, une exposition intitulée Les Pierres sacrées des maori. Cette exposition est très pédagogique : elle explique d’où viennent les « pounamou » (qu’on peut toucher sous leur forme brute), comment elles étaient et sont encore extraites et transportées à travers toute la Nouvelle-Zélande, transformées en pendentifs investis d’une très grande sacralité : malgré la banalisation de ce matériau auprès des touristes, les actuels descendants des Maori se transmettent toujours les objets en pounamou comme de précieuses reliques.

http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/la-pierre-sacree-des-maori-37511/

La « vie folle » d’Ed van der Elsken

Mercredi 30 août 2017
Rockers

Ed van der Elsken, « Rockers, Tokyo », 1984.

Le photographe et cinéaste néerlandais Ed van der Elsken (1925-1990) est exposé jusqu’au 24 septembre au Jeu de Paume à Paris : il a mené une vie de bohème à Saint-Germain-des-Prés, fait le tour du monde avec sa femme, rencontré les chasseurs d’éléphants du Centrafrique, fondé une famille en France avant de retourner en Hollande tout en se passionnant pour le Japon. Dans tous ces voyages et toutes ces expériences, van der Elsken a pris des photos et tourné des films, s’intéressant à tous les marginaux aussi bien qu’aux détails les plus infimes (les petits insectes de son jardin familial).

http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2691

EdVanderElsken

Ed van der Elsken, « Jumelles, Belgique », 1968.

« Les esprits, l’or et le chamane » à Nantes

Mercredi 30 août 2017
Chamane

Pendentif d’homme-léopard, musée de l’or de Bogotà

On peut voir jusqu’où 12 novembre 2017, au château des Ducs de Bretagne, à Nantes, une exposition intitulée Les esprits, l’or et le chamane. Cette exposition présente deux cents objets, essentiellement en or, provenant essentiellement des collections du musée de l’or de Bogotá, en Colombie, et couvrant une large partie de l’histoire de ce pays. Cette manifestation peut s’avérer intéressante pour les deux thèmes au programme du BTS : d’une part, beaucoup de ces objets ont été utilisés sur le corps des tribus colombiennes, comme boucles d’oreilles, ornements de nez, pectoraux, coiffes, etc. ; d’autre part, les populations indigènes croyaient en l’existence d’un monde parallèle dominé par les fantômes et les animaux (notamment le jaguar ou la chauve-souris), monde accessible grâce au recours à des drogues, absorbées lors de cérémonies accompagnées de musique et de tout un rituel destiné à sortir de l’ordinaire pour atteindre l’extraordinaire domaine des esprits.

http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/les-esprits-lor-et-le-chaman

« La banalité du mal » selon Hannah Arendt

Mardi 29 août 2017
Eichmann

Eichmann en officier SS en 1942.

Adolf Eichmann (1906-1962) a été un des artisans du génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il a scientifiquement planifié la déportation des Juifs de toute l’Europe vers les camps d’extermination de Pologne, et cela presque jusqu’au dernier jour de la guerre, avant de fuir, comme beaucoup d’anciens nazis, en Amérique du Sud. Capturé par les services secrets israéliens en Argentine, il a été jugé à Jérusalem, protégé par une vitre blindée pendant toute la durée du procès. Il a finalement été exécuté, après que la peine de mort, abolie en Israël, ait été provisoirement rétablie.

Eichmann a refusé d’assumer ses responsabilités, se perdant systématiquement, pendant le procès, dans les détails du fonctionnement bureaucratique du nazisme, répondant à côté des questions et s’abritant derrière le serment d’allégeance qu’il avait personnellement prêté à Hitler et qui l’obligeait, d’après lui, à obéir aveuglément aux ordres qu’on lui donnait. Ce procès a fait l’objet, de la part de la philosophe juive américaine d’origine allemande Hannah Arendt (1906-1975), d’une série d’articles ultérieurement publiés sous le titre Eichmann à Jérusalem (1963). Dans ce livre, très célèbre mais de nos jours très contesté, Arendt explique qu’Eichmann n’était pas un monstre extraordinaire mais un très ordinaire bureaucrate, bêtement discipliné, suggérant ainsi que chacun d’entre nous, placé dans certaines circonstances, aurait pu collaborer au totalitarisme. Cette « banalité du mal » est devenue un des concepts les plus connus en sciences humaines même s’il est loin d’être universellement admis.

Arendt

Hannah Arendt

Ci-dessous, un extrait des bandes vidéos du procès où Eichmann se complait dans le rôle de simple exécutant des basses œuvres du régime nazi, exaspérant à force de mauvaise foi :

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Et celle d’un biopic sur Hannah Arendt :

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