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Archive de la catégorie ‘Thème 2 (2018-2019) « Corps naturel, corps artificiel »’

Modulor et « Machine à habiter »

Lundi 10 juillet 2017
Modulor

Le Corbusier, « Le Modulor ».

Une partie de l’oeuvre de Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965), a été récemment classée par l’Unesco au titre du patrimoine mondial de l’humanité. On doit à ce Français d’origine suisse, précurseur du mouvement dit « moderne » et du fonctionnalisme en architecture, l’idée de la maison comme « machine à habiter » (Vers une architecture, 1923). On lui doit aussi l’invention, en 1945, du Modulor, gabarit théorique universel qui devait permettre de calculer les dimensions idéales de tous les éléments d’architecture à partir des mesures du corps humain. Le Corbusier adaptait ainsi à l’époque moderne et au béton L’Homme de Vitruve que Léonard de Vinci (1452-1519) avait dessiné d’après les prescriptions d’un célèbre théoricien de l’architecture de l’Antiquité romaine…

Leonard

Léonard de Vinci, « L’Homme de Vitruve », vers 1490.

Kraftwerk, « The Man Machine » et The Horrors, « Machine »

Vendredi 7 juillet 2017

Il est toujours difficile de citer des chansons dans l’écriture personnelle du BTS, mais il n’est pas interdit d’essayer…

En 1978, par exemple, le groupe allemand Kraftwerk publiait un album intitulé The man Machine qui peut s’avérer intéressant pour le nouveau thème de culture générale.

La chanson éponyme est à écouter ci-dessous :

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On peut aussi écouter, tirées du même album, The RobotsThe Model et Metropolis (inspirée par le film du même titre de Fritz Lang) : 

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Inspiré par la musique savante, par l’esthétique des artistes constructivistes russes  et des cinéastes expressionnistes allemands ainsi que par l’ambiance industrielle de leur ville d’origine de Düsseldorf, le groupe allemand est considéré comme un précurseur de toute la musique populaire électronique moderne. Il s’est aussi distingué par des concerts « robotiques » dominés, dès la fin des années 1970, par le numérique sous toutes ses formes.

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On peut aussi citer le titre Machine du groupe anglais The Horrors  (visible sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris pour un concert gratuit le 8 juillet 2017), titre dont la pochette est illustrée de ce qui ressemble à une prothèse cardiaque constituée de visages humains (ou une main artificielle amputée de certains doigts) et dont l’ambiance musicale rappelle Depeche Mode, très influencé à ses débuts par… Kraftwerk.

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Corps encombrants au quotidien

Vendredi 7 juillet 2017

Manspreading

Décrit par une géographe spécialisée dans l’occupation de l’espace selon les genres comme une « manifestation quotidienne banalisée de la domination des uns et de l’adaptation des autres », le « manspreading » suscite l’irritation de certaines féministes : cette pratique consiste, dans l’espace public, et notamment dans les transports en commun, à écarter largement les jambes quitte à déborder de son siège sur ceux des voisins. Essentiellement masculin, cet « étalement » a aussi été surnommé le « syndrome des couilles de cristal » : préoccupés de la préservation d’attributs virils survalorisés (les « bijoux de famille » ?), les mâles, par ailleurs désireux de laisser entendre qu’ils sont bien pourvus, n’hésiteraient pas à prendre toute la place qu’ils jugent nécessaire à leur bien-être. Après New York et Madrid, Paris envisage de prendre des mesures de prévention contre ce qui pourrait aussi n’être qu’une manifestation parmi tant d’autres d’un manque élémentaire de savoir-vivre (on peut se sentir également gêné par les conversations à voix haute au téléphone qui n’ont rien de mysogine).

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/07/06/comment-le-manspreading-est-devenu-un-objet-de-lutte-feministe_5156949_4832693.html

http://transports.blog.lemonde.fr/2014/10/31/campagne-contre-la-violence-masculine-dans-le-metro-parisien/

https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/sexisme-quand-yen-plus-yen-encore

« L’Homme qui valait 3 milliards » et « Super Jaime »

Mardi 4 juillet 2017

Au milieu des années 1970, la télévision américaine avait imaginé un héros bionique, pilote d’avion de chasse rescapé d’un crash et remis sur pied à grand coup de prothèses et de millions : il s’agissait de Steve Austin alias L’Homme qui valait trois milliards (The six million dollar man dans la version originale…). On trouvait dans cette série une définition du cyborg : « A human being whose original human parts have had to be replaced to one extent or another by machines that perform the same functions ».

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Steve Austin avait un alter ego féminin en la personne de Jaime Sommers, une joueuse de tennis victime d’un accident de parachute et elle aussi « réparée » grâce aux technologies bioniques.

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Les aventures de Super Jaime (The Bionic woman) sont tout aussi désuètes voire franchement ringardes que celles de Steve Austin, et ne peuvent s’apprécier qu’à toute petite dose et au deuxième degré, mais elles permettent de bien voir comment on envisageait l’avenir des corps artificiels il y a un peu plus d’une génération.

Le corps à la une

Vendredi 30 juin 2017

Le corps fait souvent la une de la presse. Il y a quelques années, le National Geographic consacrait un numéro au corps. On peut en ce moment trouver dans les kiosques au moins deux numéros spéciaux consacrés au corps (Les Mystères de la science et Sciences et univers).

Corps humain

Corps sciences

National Geographic

Extraordinaire faits divers : l’affaire Grégory

Vendredi 30 juin 2017

L’affaire dite « du Petit Grégory » a, selon l’expression consacrée, véritablement défrayé la chronique pendant une dizaine d’années à partir de 1984, rompant dans la vallée vosgienne de la Vologne avec un quotidien apparemment paisible. Cet extraordinaire fait divers a déclenché une course au sensationnalisme de la part des journalistes, ce qui a encore ajouté à la grande confusion régnant sur toute l’affaire. Plus de trente ans après les événements, il semblerait qu’on s’approche enfin de la vérité, grâce aux progrès des techniques d’investigation et à de nouveaux témoignages. Entre-temps, cependant, la vie paisible avait apparemment repris dans la vallée de la Vologne… L’ensemble de cette histoire dépasse ce que des scénaristes de fiction auraient pu imaginer et prouve que le banal dans ce qu’il a de plus mesquin peut conduire à l’extraordinaire dans ce qu’il a de plus négatif, c’est-à-dire un infanticide planifié, intervenant au terme d’années de menaces anonymes téléphoniques…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Gr%C3%A9gory#2002-2007_:_l.27.C3.89tat_condamn.C3.A9

« Corps »

Mardi 27 juin 2017

Numéro

Le numéro 183 de la revue de la revue mensuelle Numéro (210 p., 4,90 €), sorti au mois de mai 2017, était consacré au thème du corps. Comme il s’agit d’un magazine de mode et de design, on y trouve essentiellement de la publicité, souvent mélangée à des reportages plus ou moins convaincants. Concernant le thème qui fait la une, on peut cependant signaler quelques articles éventuellement intéressants pour le thème du corps : une interview de Laetitia Casta qu’on découvre « corps et âme », un reportage sur deux danseurs dont le corps constitue l’instrument de travail, une analyse succincte des « courbes anatomiques » du mobilier moderne, un reportage sur les œuvres de l’Italien Maurizio Cattelan et un autre sur une récente installation mettant en scène des robots par l’Américain Jordan Wolfson… Le corps apparaît donc comme un prétexte un peu léger pour faire vendre des vêtements et des accessoires de mode, mais on peut néanmoins feuilleter cette revue pour savoir comment le monde de la mode et du design appréhende le corps.

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On peut aussi se reporter, sur le site de la revue Numéro, à une recension d’expositions sur le thème du corps à l’occasion d’un festival de photo qui s’est tenu en 2016 :

http://www.numero.com/fr/photographie/foire-paris-photo-2016-selection#_ 

Cindy Sherman et Hans Bellmer

Lundi 26 juin 2017

Âgée de 63 ans, avant tout photographe, l’artiste New Yorkaise Cindy Sherman est citée dans la bibliographie concernant le nouveau thème du BTS. Elle s’est très souvent mise en scène elle-même dans des séries de photos qui partent toujours des habitudes visuelles inconscientes des spectateurs, habitudes liées aux préjugés de classe, aux tendances machistes, au goût pour la violence ou la pornographie… Ces photos peuvent mettre mal à l’aise le public ainsi confronté à ses propres pulsions ou à ses phobies. Parmi les séries de photos qui se rattachent au thème du BTS, on peut citer la série des Untitled Film Stills où l’artiste apparaît dans des poses très stéréotypées, inspirées des classiques du cinéma hollywoodien et la faisant ressembler à une poupée aux expressions figées. Affublée de postiches ou d’accessoires, lourdement maquillée, C. Sherman s’est aussi appliquée à se transformer plus directement en poupée dans la série Broken Dolls, préfigurée par un hommage à Hans Bellmer (cf. ci-dessous).

Pour une première approche de son œuvre, on peut renvoyer à un texte publié sur le site Internet du musée du Jeu de Paume :

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=document&idArt=156&idDoc=254

Sherman

Cindy Sherman, « Untitled Film #6 », 1977, 24 x 16,5 cm, Museum of Modern art, New York.

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Cindy Sherman, « Untitled #155 » (hommage à Hans Bellmer), 1985.

Des dizaines d’années avant Sherman, l’artiste franco-allemand Hans Bellmer (1902-1975) avait déjà suscité la polémique en photographiant des mannequins démembrés comme s’il s’agissait de poupées obscènes ou de cadavres accidentés.

Bellmer

Hans Bellmer, « La Poupée », 1934.

Metropolis (1927)/Les Temps modernes (1936)

Lundi 26 juin 2017

Parmi les films qui peuvent s’avérer intéressants pour aborder le nouveau thème au programme de l’épreuve de BTS, on peut citer Metropolis de l’Allemand Fritz Lang (1890-1976). Ce film muet de 1927 est difficile à aborder : il est lyrique, allégorique et par ailleurs plein de longueurs (on en trouve d’ailleurs sur Internet de nombreuses versions différentes, plus ou moins longues), autant de caractéristiques qui le rapprochent d’un opéra plus que d’un blockbuster moderne. Il constitue cependant un jalon important entre les œuvres du dix-neuvième siècle (Frankenstein, les romans d’anticipation de Jules Verne, etc.) et celles du vingtième siècle : on y voit notamment un des premiers robots de l’histoire du cinéma et on y découvre d’autre part une vision cauchemardesque du corps humain réduit, par la prolétarisation, à sa seule fonction productive. Quelques années après la sortie de Metropolis, Charlie Chaplin donnera dans les Temps modernes sa propre version, beaucoup plus accessible, de la déshumanisation du travail des ouvriers dans les usines. Il illustrait ainsi la théorie d’Henri Bergson sur le comique qui ne serait rien d’autre que « du mécanique plaqué sur du vivant » (H. Bergson, Le Rire, 1900), soit la transformation, en l’occurrence, d’un corps « naturel » d’ouvrier, en corps « artificiel », corps mis au service d’une machine ou transformé lui-même en machine vivante voire happé par l’une-d’elle.

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Grand Corps malade, « Patients » (2012)

Jeudi 22 juin 2017

Le slameur Grand Corps malade a publié en 2012 Patients, récit autobiographique de son passage dans un centre de rééducation après un plongeon dans une piscine trop peu remplie. Le livre retrace précisément les étapes du lent rétablissement de Grand Corps malade après l’accident dramatique qui a failli le laisser « tétra » (pour « tétraplégique »). Agréablement dépourvu de prétention littéraire, Patients constitue un témoignage touchant qui se lit très facilement. A recommander à ceux qui souhaitent savoir comment on peut surmonter un événement extraordinairement négatif. Le livre a été adapté au cinéma en 2017.

Grand corps

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