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Archive de la catégorie ‘Thème 2 (2018-2019) « Corps naturel, corps artificiel »’

« L’homme machine » de Descartes

Mardi 29 août 2017
Descartes

Frans Hals, « Portrait de Descartes »

Pour le philosophe français René Descartes (1596-1650), les animaux sont de simples objets, et les hommes des machines pensantes, ce qui aurait pu le conduire à considérer que tout ce qui semble naturel est en fait artificiel. Il en tire plutôt, dans l’extrait ci-dessous, la conclusion inverse : ce qui dans l’humain s’apparente à la machine, la tuyauterie corporelle, lui apparaît naturel, comme le sont en fait toutes les machines d’après lui.

Strasbourg

Automates de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, seizième siècle.

« Je ne connais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l’agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. Et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles, sont avec cela naturelles. Car, par exemple, lorsque une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu’il est à un arbre de produire des fruits ».
R. Descartes, Traité de l’homme, 1648.

« Tatoueurs, tatoués »

Mardi 29 août 2017

Tatoueurs

Le musée du quai Branly a proposé en 2014-2015 une exposition intitulée Tatoueurs, tatoués dont la page web encore consultable peut s’avérer intéressante pour le thème « Corps naturel, corps artificiel » :

http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/tatoueurs-tatoues-35253/

« Body art » et « Land art »

Lundi 28 août 2017

Souvent confus quand il aborde les sujets historiques (d’après lui Jésus serait un personnage de fiction…), parfois franchement pénible quand il intervient à la télé ou répond à bâtons rompus aux questions de ses fans, le philosophe Michel Onfray reste très intéressant à écouter quand il donne des conférences à l’université de Caen. On peut écouter ci-dessous deux leçons consacrées à des thèmes éventuellement utiles pour l’épreuve de BTS. Dans la première, il aborde largement le body art, de manière très pédagogique. Dans la seconde, il évoque le land art, en faisant un détour par Jérôme Bosch et Arcimboldo.

https://www.youtube.com/watch?v=doQfALqqSB4

https://www.youtube.com/watch?v=OcBbBQrMApo

« Cheveux chéris »

Lundi 28 août 2017

Cheveux

Le musée du Quai Branly a présenté en 2012-2013 une très intéressante exposition intitulée Cheveux chéris. Frivolités et trophées. Il y était question des cheveux dans toutes les civilisations et sous toutes les formes, longs ou courts, bruns ou blonds, naturels ou artificiels, cachés ou exhibés… A lire ci-dessous, le dossier de presse de cette exposition :

http://www.quaibranly.fr/uploads/tx_gayafeespacepresse/MQB_CP_CHEVEUX_CHERIS.pdf

« Quoi, mon corps ? ! »

Vendredi 25 août 2017

Neon

Pour reprendre tranquillement le travail après les vacances et progresser dans l’étude du deuxième thème au programme de l’épreuve de culture générale du BTS, on peut se pencher sur le magazine Neon dont le numéro d’août 2017 (106 p., 3,70 €) contient un dossier intitulé « Quoi, mon corps ? ! ». Il y est question de chirurgie esthétique, de tatouages, d’épilation intégrale, de chevelure, de fesses, de nudité et d’obésité, le tout de manière assez légère voire superficielle… L’article qui introduit le dossier recoupe cependant certains des thèmes abordés par le texte de référence du Bulletin officiel car il évoque l’uniformisation croissante des corps, les discriminations fondées sur le corps, les tentatives de se singulariser corporellement ou d’assumer un corps différent…

Beth Ditto

La chanteuse du groupe Gossip, Beth Ditto, à la une du magazine musical anglais « NME », en mai 2007

« L’Empire des sens »

Samedi 12 août 2017

On peut voir en ce moment au cinéma une réédition de L’Empire des sens, film du Japonais Nagisa Oshima de 1976. Il s’agit d’un film extraordinaire sur un sujet extraordinaire. Dans le Japon impérialiste des années 1930, une jeune prostituée de Tokyo, Sada, se retrouve obligée de servir comme domestique pour rembourser les dettes de son souteneur. Le séduisant maître de la maison où elle travaille désormais s’appelle Kichizo et, connaissant le passé de Sada, il la provoque, mais celle-ci refuse dans un premier temps de céder à ses avances car elle est très timide. Elle est cependant obligée de se laisser faire et y prend goût, ce qui marque le début d’une histoire d’amour et d’une extraordinaire frénésie sexuelle puisque, dès lors, les deux personnages passent presque tout leur temps à faire l’amour. Sada n’est pas vraiment jalouse, mais se montre extrêmement possessive, au point d’avoir envie de garder en permanence avec elle une partie de l’anatomie de son amant. Initialement dominant au sein de leur couple, ce dernier se plie à toutes les fantaisies sexuelles de sa partenaire, jusqu’à mettre sa vie en danger… Le film est très directement inspiré d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique au Japon. Il a lui-même suscité un scandale lors de sa sortie, d’une part par son thème assez sulfureux, d’autre part parce qu’il représentait, pour la première fois dans un film non ouvertement pornographique, des actes sexuels non simulés, de manière très crue. Les choses ayant bien évolué dans ce domaine depuis 1976, on n’a plus trop de raisons de s’offusquer des scènes de sexe, mais on reste toujours interloqué par une histoire d’amour extraordinaire qui finit par sombrer dans la folie.

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« Babylon Babies » de Maurice G. Dantec

Lundi 7 août 2017

Maurice G. Dantec est un auteur de polar et de science-fiction français né en 1959 et mort en 2016 au Québec où il s’était installé depuis les années 1990. Son roman Babylon Babies (1998) se déroule en grande partie à Montréal, au début des années 2000 (c’est-à-dire dans un futur très proche du point de vue de l’auteur). On y suit des tribus amérindiennes, des mafieux américano-russes et des espions sibériens, des bikers et des hackers, des trafiquants de drogue et d’armes, des gourous, des sectes millénaristes, des entreprises de biotechnologies qui s’allient et s’affrontent successivement pour s’assurer le contrôle de Marie Zorn, une mystérieuse Canadienne un peu paumée qui serait à son insu porteuse d’un incroyable secret, vital pour l’avenir de l’humanité. Très influencé par le style passablement obscur de Philippe K. Dick, manifestement rédigé sous l’influence de certaines des drogues évoquées dans le livre, Babylon Babies est souvent difficile à suivre : les 200 premières pages sont littéralement (et probablement en partie délibérément) incompréhensibles tant les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné, empêchant même le lecteur de reconnaître les personnages principaux. Les choses s’éclaircissent (un peu seulement) dans la deuxième partie du livre. Il s’avère alors que  Maurice G. Dantec a bien cerné, dès 1998, l’importance du transhumanisme et du post-humanisme fondé sur l’idée que l’éternité est à portée de l’humanité, pour peu qu’on utilise les nouvelles technologies afin de remplacer nos organes défaillants ou pour entrer en symbiose avec les machines informatiques. Notons que le livre a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Matthieu Kassovitz, jugée peu convaincante par la critique comme par le public.

Dantec

Birdman/Spiderman

Lundi 7 août 2017

Pas facile d’être un apprenti super-héros quand on est en même temps confronté aux tourments de l’adolescence comme le montre le dernier Spiderman : homecoming. Le personnage de Peter Parker s’y montre fasciné par le monde extraordinaire des « Avengers » tout en restant ancré dans sa vie banale de gentil lycéen de banlieue bourgeoise. Dans ce film, le personnage incarné par Michael Keaton a lui aussi une double vie : dans le seul but de préserver sa famille des difficultés financières, il s’est tourné vers le crime, se transformant en gigantesque rapace métallique grâce à des technologies mutantes. Cela renvoie très probablement à un autre rôle récent de M. Keaton, dans le film Birdman (2014) d’Alejandro Inarritu, film qui figure dans la filmographie du thème de l’extraordinaire selon le Bulletin officiel. Dans ce film, M. Keaton incarne un acteur en bout de course qui s’efforce de monter au théâtre une pièce sans grand intérêt alors qu’il est surtout connu pour avoir incarné au cinéma Birdman, un super-héros un peu démodé (Keaton avait lui-même interprété Batman à deux reprises au début des années 1990 avant que sa carrière ne connaisse un grand trou d’air). Or, dans Birdman, l’acteur has been que joue Keaton se retrouve effectivement doté des super-pouvoirs du personnage qu’il a autrefois incarné (en tous cas il le croit), ce qui lui permet de voler, mais aussi de devenir un meilleur acteur, un meilleur père, etc., tout en comprenant bien que sa transformation en Birdman risque de très mal finir… Les deux films peuvent être intéressants aussi bien pour l’extraordinaire que pour le thème du corps.

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Rêve d’éternité au muséum d’histoire naturelle de Nantes

Samedi 5 août 2017

Le muséum d’histoire naturelle de Nantes propose jusqu’au 12 mars 2018 une exposition qui peut s’avérer intéressante pour le thème du corps et même, d’une certaine manière, pour le thème de l’extraordinaire. Cette exposition est intitulée Éternité, rêve humain et réalités de la science. On y découvre les êtres vivant le plus longtemps, des requins du Groenland aux palourdes d’Islande atteignant plusieurs centaines d’années en passant par les séquoias géants plurimillénaires. Mais aussi ceux qui sont capables de régénérer tout ou partie de leur corps comme les salamandres, les lézards ou certaines méduses. Certains animaux sont par ailleurs capables de supporter des froids extrêmes, voire de survivre dans le vide spatial… Mais l’essentiel concerne les hommes puisque la quête de l’éternité a toujours fait partie des grands rêves de l’humanité : on suit cette quête des momies égyptiennes aux derniers progrès de la science, avec l’évocation des causes du vieillissement et des moyens d’y remédier, soit par le biais de manipulations génétiques, soit par le recours à des prothèses mécaniques. L’ensemble est très abordable et très intéressant.

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/accueil.htm

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/DP_expo_eternite.pdf

Museum Nantes

« Are ‘friends’ electric? »

Mardi 1 août 2017

En 1979, le groupe britannique Tubeway Army, avec à sa tête Gary Numan, sortait Are Friends electric?, un des premiers succès de la New Wave, aux rythmiques délibérément synthétiques et aux paroles inspirées du roman de Philip K. Dick de 1966 Do Androids dream of electric sheeps. Ce roman est souvent publié en France sous le titre Blade Runner puisqu’il a inspiré le film éponyme de Ridley Scott de 1982. Le livre, la chanson et le film évoquent des personnages vivant dans un futur proche et ignorant qui sont, dans leur entourage, les vrais humains, les robots humanoïdes et les androïdes, hybrides entre l’homme et la machine.

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