Archive de la catégorie ‘Histoire de l’art’

« Fa presto » ou « Non finito » : l’art de peindre à toute vitesse, ou de tout laisser « en plan »…

Jeudi 19 mars 2020

Le Petit Palais a récemment consacré une rétrospective au peintre italien Luca Giordano (1634-1705) qui était surnommé « Luca Fa presto » (« Lucas fait vite »). Ci-dessous, La Création de l’Homme, une fresque du Palais Medici Riccardi à Florence :

www.petitpalais.paris.fr/expositions/luca-giordano-1634-1705

Les fresques étaient de toute façon forcément réalisées assez rapidement : comme le nom de cette technique l’indique (« a fresco » signifiant « dans le frais »), il fallait peindre sur les murs ou les plafonds pendant que l’enduit qu’on y avait appliqué était encore frais… ce qui ne laissait que quelques heures pour intervenir, et impliquait donc de travailler, pour réaliser de grandes surfaces, à partir de zones enduites successivement.

C’est ce qui explique que Léonard de Vinci (1452-1519), qui a fait l’objet d’une récente rétrospective au Louvre, ait si peu pratiqué la fresque : il appréciait de prendre son temps et menait parfois de nombreux projets de front, ce qui lui a valu à plusieurs reprises des critiques de la part de ses commanditaires, impatients d’obtenir enfin les tableaux qu’ils avaient commandés. Les premiers biographes de Léonard ont souligné cette tendance au « non finito », consistant à laisser parfois pendant des années une œuvre dans un état intermédiaire, empêchant de la livrer à son destinataire.

https://www.louvre.fr/expositions/leonard-de-vinci

Ci-dessous, la seule fresque de Léonard qui subsiste, La Cène de Santa Maria delle Grazie de Milan :

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Et L’Adoration des mages que Léonard a commencée vers 1481 et qu’il n’a jamais finie…

Leonardo_da_Vinci_-_Adorazione_dei_Magi_-_Google_Art_Project dans Histoire de l'art

Seul face à la nature…

Lundi 16 avril 2018

Ci-dessous le très célèbre tableau Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818) de Caspar David Friedrich (1774-1818) : une œuvre mystérieuse sur le rapport de l’homme à la nature, mais qu’on peut aussi rapprocher du thème « Seul avec tous »…

Caspar David Friedrich - Wanderer above the sea of fog.jpg

Corps néoclassiques

Jeudi 28 septembre 2017
Landon

Charles Paul Landon, « Dédale et Icare », 1799, musée des Beaux-arts d’Alencon.

Charles Paul Landon est un peintre français né en 1761 et mort en 1826. On lui doit notamment des tableaux néoclassiques où le nu « à l’Antique » abonde.

Vénus

Charles Paul Landon, « Vénus », 1810, musée des Beaux-arts de Nice.

La « Descente de croix » de Rogier van der Weyden

Mardi 26 septembre 2017
Van der Weyden

Rogier van der Weyden, « Descente de croix », 220 x 262 cm, musée du Prado de Madrid, 1435.

Rogier van der Weyden (1399-1464) est un peintre flamand à qui l’on doit notamment une célèbre Descente de croix conservée au musée du Prado, à Madrid. On y voit un Jésus porté par divers personnages, et pour une des premières fois, des larmes représentées de manière « réaliste ».

Larme

Détail de la « Descente de croix » de Rogier van der Weyden

« Les époux Arnolfini » de Jan van Eyck

Mardi 26 septembre 2017
Arnolfini

Jan van Eyck, « Les Époux Arnolfini », 82 x 60, National Gallery de Londres, 1434.

Jan van Eyck est un peintre flamand, né en 1390 et mort en 1441. On lui doit d’excellents tableaux dont le plus connu est probablement l’extraordinaire double portrait des époux Arnolfini. Tout est extraordinaire dans ce tableau à commencer par la prestance des deux époux. Chaque détail contribue par ailleurs à conférer au portrait une atmosphère d’exception. Quant au miroir visible au-dessus des mains des Arnolfini, il montre dans un détail d’une extraordinaire précision dans un tableau si petit, le peintre en train de réaliser le portrait des deux époux qu’on voit de donc de dos.

Arnolfini détail

Détail du miroir du « Portrait des époux Arnolfini ».

On peut aussi retenir, du même van Eyck, le Retable de l’agneau mystique

Retable_de_l'Agneau_mystique

Hubert et Jan van Eyck, « Retable de l’agneau mystique », 3,75 x 5,20 m, cathédrale de Gand, 1432.

Ci-dessous le détail des deux panneaux latéraux montrant Adam et Ève dans des poses qui montrent à quel le rapport aux corps a changé depuis la fin du Moyen Âge. Les corps du premier homme et de sa femme (tirée de sa côte !), apparaissent à la fois réalistes et presque difformes, Adam cachant assez pudiquement ses « parties honteuses » à l’aide d’une feuille de vigne alors qu’Ève dissimule difficilement les siennes.

Adam et eve

Détail des panneaux représentant Adam et Ève.

La « Déposition de croix » de Pontormo

Lundi 25 septembre 2017

Pontormo

Jacopo da Pontormo (1494-1557) est un peintre florentin, élève de Léonard de Vinci. Il est considéré comme un des principaux représentants du « maniérisme », tendant, après les débuts de la Renaissance, à un style de plus en plus raffiné mais aussi de plus en plus coupé de la réalité. Concernant la représentation des corps, le maniérisme se traduit par un allongement des visages et des membres, des postures peu naturelles comme dans le tableau ci-dessus où Pontormo peint, en 1526-1528, un Jésus descendu de la croix dans une attitude assez invraisemblable.

« La mort de Sardanapale »

Vendredi 22 septembre 2017

Delacroix

On peut voir au Louvre un extraordinaire tableau d’Eugène Delacroix (1798-1863) intitulé La Mort de Sardanapale. Datant de 1827, ce tableau est immense (3,92 x 4,96 m). Il évoque dans un incroyable enchevêtrement de corps plus ou moins dénudés, la cour d’un roi assyrien de l’Antiquité, Sardanapale. Delacroix a choisi de représenter le tyran au moment où il décide, après avoir subi une lourde défaite, de se suicider et de sacrifier toute sa cour dans un gigantesque bûcher. Alors que la fumée envahit déjà l’arrière-plan, les eunuques égorgent les esclaves et rassemblent les chevaux effarés, tout le monde piétinant les riches tissus et la vaisselle précieuse dans le chaos le plus complet, sous le regard impassible de Sardanapale. On peut rattacher ce tableau au goût des romantiques pour les scènes extraordinaires et pour les corps torturés.