Archive de la catégorie ‘Fiches de lecture’

François Bon, « Après le livre », Paris, Le Seuil, 2011, 274 p.

Samedi 13 octobre 2012

L’auteur 

François Bon est un écrivain français, né en 1953. Il s’est très tôt intéressé aux nouvelles technologies et a créé de nombreux blogs et sites Internet voués à la littérature (http://www.tierslivre.net/).

 

Le texte 

Après le livre est un essai sur la littérature à l’époque du numérique. A travers sa propre expérience, qui est très riche dans ce domaine, François Bon étudie tous les bouleversements que les nouvelles technologies ont entraîné dans la manière d’écrire, de l’apparition des ordinateurs aux derniers développements de Twitter ou des liseuses en passant par l’essor des I-Phone et des I-Pad. Il recourt aussi bien à l’histoire des techniques qu’à l’histoire littéraire pour étudier en de brefs chapitres de quelques pages la typographie, les bibliothèques, etc.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le texte est rédigé dans une langue relativement abordable (l’auteur est enseignant et bon pédagogue). Il cadre parfaitement avec le programme de BTS et il peut se lire par fragments. François Bon plaide clairement en faveur d’une littérature numérique, mais sans sombrer dans une apologie naïve de la technologie. On peut donc recommander la lecture d’Après le livre aux plus littéraires des étudiants en BTS.

 

Utilité : 15/20

Lisibilité : 10/20

 

François Bon,

 

 

Dominique Cardon, « La démocratie Internet, promesses et limites », Paris, Le Seuil, 2010, 102 p.

Jeudi 23 août 2012

Dominique Cardon est un sociologue spécialisé dans l’étude des nouvelles technologies. Son livre intitulé La Démocratie Internet présente un panorama très complet des bouleversements sociologiques nés du développement des réseaux. Après avoir évoqué la naissance du web, l’auteur examine sans concession les bienfaits et les dérives d’Internet. Grâce à un style très clair, le livre reste lisible même s’il est très dense et recourt à de nombreux concepts philosophiques et sociologiques. Il fournit probablement le meilleur moyen de se familiariser, en quelques heures d’une lecture exigeante, avec un grand nombre de problématiques évoquées dans le programme de BTS. Un extrait de ce texte pourrait d’ailleurs tout à fait figurer dans un corpus de documents pour l’épreuve de BTS.

 

Un extrait  : « Mais le réseau des réseaux a aussi accueilli et encouragé l’expression tous azimuts des subjectivités. En rendant soudainement visible, au grand dam de nombreuses personnes, une diversité expressive qui restait jusqu’alors invisible, Internet affirme sans pudeur ni censure qu’un espace de parole démocratique peut et doit être le lieu de ‘n’importe qui’. En encourageant l’anonymat, que pourchasse l’espace public traditionnel, Internet s’est montré beaucoup plus tolérant à l’égard des énonciations à la première personne, des points de vue péremptoires, des coups de gueule, des propos hasardeux, poétiques, loufoques, drôles ou vibrants. Toute l’économie de l’énonciation, patiemment élaborée pour construire des formats d’expression publiques légitimes, se trouve brutalement chahutée » (p. 40-41).

 

Utilité : 20/20

Lisibilité : 12/20

 

Dominique Cardon,

 

Eugène Ionesco, « La Cantatrice chauve » suivi de « La Leçon », Paris, Gallimard, 1954, 190 p.

Mercredi 22 août 2012

L’auteur

Eugène Ionesco est un auteur de théâtre français d’origine roumaine né en 1909 et mort en 1994. C’est l’un des principaux représentants du « théâtre de l’absurde ».

 

L’œuvre

La Cantatrice chauve se déroule en Angleterre. Les Smith reçoivent la visite des Martin. Les deux couples passent la soirée à discuter sans parvenir à vraiment se comprendre. On a même l’impression que, plus les quatre personnages principaux se parlent, moins ils se comprennent.

 

Le rapport avec le programme de BTS 

Ionesco s’intéresse dans cette pièce aux conventions théâtrales. Mais La Cantatrice chauve n’est pas qu’une pièce sur le théâtre. Elle montre aussi que les  formules toutes faites structurent les conversations quotidiennes au point d’empêcher, le plus souvent, la véritable communication entre les individus. La pièce est courte (90 p.) et est rédigée dans une langue tout à fait abordable, mais la lecture peut s’avérer fastidieuse car la démonstration d’Ionesco est délibérément redondante, jusqu’à l’absurde. On peut cependant recommander La Cantatrice chauve puisqu’il s’agit d’une des pièces les plus célèbres du vingtième siècle, portant sur le thème de l’incommunicabilité, clairement présent dans le programme du BTS.

 

Utilité : 10/20

Lisibilité : 6/20

 

Nicolas Padiou

 

Eugène Ionesco,

William Gibson, « Neuromancien », Paris, J’ai lu, 1984

Vendredi 3 août 2012

L’auteur 

William Gibson est un auteur de science-fiction américain né en 1948. Plusieurs de ses romans ont obtenu des prix littéraires. Il est considéré comme un des fondateurs du style cyber punk.

 

L’œuvre

Neuromancien a été écrit en 1983. L’action se déroule essentiellement au Japon, dans un futur proche, après la fin de la Guerre froide. Le personnage principal s’appelle Case. Il est chargé par un mystérieux commanditaire de manipuler des programmes informatiques. Ces programmes très sophistiqués permettent de transmettre la mémoire entre les individus et donc d’envisager l’immortalité. Ces mêmes programmes sont utilisés pour susciter des mondes virtuels difficiles à distinguer de la réalité.

 

Le rapport avec le programme de BTS 

La plupart des personnages de Neuromancien sont décrits par l’auteur comme dépendants à une ou plusieurs drogues. Leurs réactions sont loin d’être rationnelles. Le style de l’auteur est quant à lui très imagé et extrêmement chaotique (tout laisse penser qu’il a eu abondamment recours, pendant la rédaction de son livre, aux nombreuses drogues dont il prête l’usage à ses personnages). Neuromancien est impossible à résumer et souvent très difficile à lire. Littérairement, le livre se rapproche de ceux de Philipp K. Dick et pourrait constituer le chaînon manquant entre deux films : Blade Runner (adapté d’un livre de Dick et sorti en 1982) et Matrix (sorti en 1999). Il anticipe par ailleurs de manière visionnaire la place prise par l’informatique dans le monde actuel. Mais il s’avère tellement difficile à lire qu’on ne peut pas vraiment en recommander la lecture sauf aux amateurs de science-fiction.

 

Un extrait :

« Case monta dans la voiture par la porte la plus proche. Un couple de scientistes chrétiens à l’air prédateur se dirigeait vers un trio de jeunes techs qui portaient au poignet des hologrammes de vagins idéalisés, scintillement rose moite sous la lumière dure. Les techs humectèrent leurs lèvres impeccables, nerveuses, lorgnant les scientistes chrétiens dessous leurs paupières métalliques baissées. Les filles ressemblaient à de grands herbivores exotiques, élancés, ondulant avec une grâce inconsciente au rythme des mouvements du train, leurs talons hauts comme des sabots polis sur le métal gris du plancher de la voiture » (p. 95).

 

Utilité : 5/20

Lisibilité : 2/20

 

Nicolas Padiou

 

William Gibson,

Philippe Delerm, « Quelque chose en lui de Bartleby », Paris, Folio, 2009, 162 p.

Lundi 16 juillet 2012

L’auteur 

Né en 1950, Philippe Delerm est notamment connu pour La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997). Son recueil intitulé La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives (2007) est au programme du thème « Le sport, miroir de la société ? » (http://btscfmbtp.unblog.fr/2011/07/22/philippe-delerm-la-tranchee-darenberg-et-autres-voluptes-sportives-paris-folio-2007-140-p/).

 

L’œuvre 

Quelque chose en lui de Bartleby raconte l’histoire d’Arnold Spitzweg. Arnold est un Alsacien d’origine, installé à Paris, où il travaille à la Poste. Arnold est très inspiré par Bartleby, le héros d’une nouvelle éponyme d’Hermann Melville de 1853, personnage qui est plutôt un antihéros puisque son mot d’ordre est « je préférerais ne pas ». Comme Bartleby, Arnold s’implique peu dans sa propre vie. Célibataire, apparemment indifférent à son métier, il aime cependant écrire. C’est ce qui le conduit à fonder, sous le titre « antiaction », un blog littéraire dans lequel il prône un art de vivre en appréciant lentement les petits plaisirs de la vie ordinaire. Le succès de ce blog oblige Arnold à modifier ses petites habitudes…

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le personnage principal de Philippe Delerm est délibérément banal, jusque dans son engouement pour les nouvelles technologies. Le livre est bref et se lit rapidement, d’autant plus que les remarques de l’auteur sur notre mode de vie contemporain sont le plus souvent pertinentes. Le blog ne joue cependant qu’un rôle secondaire dans ce livre et ne fait pas l’objet d’une analyse aussi poussée que dans le court roman de Didier Daeninckx Camarades de classe (http://btscfmbtp.unblog.fr/2012/06/20/didier-daeninckx-camarades-de-classe-paris-gallimard-2008/). L’ensemble est écrit dans une langue très abordable, mais les références culturelles sont celles d’un quinquagénaire plutôt que de quelqu’un en âge de passer le BTS.

 

Un extrait :

 » ‘Envoyez-moi donc un e-mail, Spitzweg !’ fut durant de longs mois une des flèches préférées de Dumontier, voire du receveur Lachaume. Dans le contexte d’un bureau de La Poste, on imagine quelles discussions purent ainsi être engendrées. En défendant ce qu’il fallait bien désormais appeler le courrier papier, Arnold trouvait des accents flamboyants pour stigmatiser la déshumanisation, la disparition de la poésie dans l’échange, le triomphe du virtuel sur le tactile. Puis il capitula. Oh, les justifications ne manquèrent pas ! On faisait maintenant des portable si discrets, si légers. Bon gré mal gré, on ne pouvait échapper à son époque. Monsieur Spitzweg se garda bien dans un premier temps d’évoquer sa seule motivation réelle. Elle portait l’étrange nom de blog. La première fois qu’il entendit ce mot, Arnold haussa les épaules. Cela sonnait comme une espèce de borborygme scandinave, moitié blizzard et moitié grog. Il eut bientôt l’occasion d’écouter des commentaires consacrés à ce nouveau mode d’expression » (p. 30-31).

 

Utilité : 10/20

Lisibilité :  10/20

 

Nicolas Padiou

 Philippe Delerm,

 

Isaac Asimov, « Le cycle des robots 4, Face aux feux du soleil », Paris, J’Ai lu, 1970 [1957]

Mardi 3 juillet 2012

L’auteur 

Isaac Asimov (1920-1992) est un romancier américain d’origine russe. Il est considéré comme l’un des plus grands auteurs de science-fiction.

L’œuvre

Face aux feux du soleil se déroule dans un futur lointain. Les Terriens ont colonisé l’espace. Les « Spaciens » sont très peu nombreux mais très puissants grâce à leur maîtrise des robots. La Terre est quant à elle surpeuplée, mais elle est moins développée que ses colonies. Les Terriens vivent enterrés, dominés par une vraie phobie des grands espaces. Mais lorsqu’un meurtre survient dans l’espace, c’est à un policier Terrien, Elijah Baley assisté d’un robot, Daneel Olivaw, qu’on fat appel pour résoudre l’énigme…

Le rapport avec le programme de BTS 

Face aux feux du soleil se rapproche des romans policiers classiques, l’enquêteur utilise un peu les techniques déductives de Sherlock Holmes et beaucoup la démarche psychologique des héros d’Agatha Christie (Hercule Poirot). L’intrigue est assez laborieuse et le dénouement très besogneux. Le roman vaut plus par sa réflexion sur les rapports entre les robots, les Terriens et les Spaciens devenus quasiment asociaux. C’est probablement cette méditation sur la communication entre les hommes et avec les machines qui vaut à ce livre de figurer sur la bibliographie du Bulletin officiel. Mais, d’autres livres auraient aussi bien voire mieux convenu au thème de BTS : on peut notamment citer 1984 de Georges Orwell (1948) ou Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques de Philipp K. Dick (1966) qui servit de base au tournage du film de Ridley Scott Blade runner (1982). Reconnaissons en tous que, à défaut d’être vraiment passionnant, Face aux feux du soleil est très facilement lisible.

 

Utilité : 10/20

Lisibilité : 15/20

 

Isaac Asimov,

 

Michel Serres, « Petite Poucette », Paris, Le Pommier, 2012, 82 p.

Dimanche 24 juin 2012

 L’auteur

Né en 1930, Michel Serres est des plus célèbres intellectuels français. Il est membre de l’Académie française et enseigne aux États-Unis, à Stanford.

L’œuvre

Petite Poucette est un essai sous-titré « Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer : une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître… ». Petite Poucette désigne une proche de l’auteur qui incarne tous les jeunes aux pouces très habiles à force d’envoyer des messages sur leurs téléphones portables, y compris pendant les cours de leurs professeurs. Pour Michel Serres, les nouvelles technologies de l’information et de la communication remettent en cause les fondements de la société. Il nous faut impérativement nous adapter en abandonnant ce qui est devenu obsolète. De même que l’imprimerie a dispensé les savants d’apprendre par cœur les informations désormais contenues dans les livres, le numérique nous permet de progresser en stockant des données dans les ordinateurs ou sur le Web plutôt que dans notre cerveau (p. 29). C’est pourquoi les élèves méprisent de nos jours les leçons de leurs professeurs, dont le contenu est accessible à tout le monde sur Internet : c’est la « Fin de l’ère du savoir » (p. 36). Le bavardage et l’anarchie dans les cours sont d’ailleurs un bienfait : « jadis prisonniers, les Petits Poucets se libèrent des chaînes de la Caverne multimillénaire qui les attachaient, immobiles et silencieux, à leur place, bouche cousue, cul posé » (p. 40). Par le biais des nouvelles technologies, le savoir est donc devenu universel, ce qui va favoriser la démocratie. Le numérique pourrait ainsi permettre à chaque individu de concentrer toutes les données qui le concernent sur un passeport unique, appelé Ka (comme le double de l’âme chez les Égyptiens de l’antiquité), passeport qui permettrait d’échapper à l’emprise des institutions traditionnelles…

 

Le rapport avec le programme de BTS

M. Serres n’aime pas les notes de bas de pages et le découpage traditionnel du savoir en différentes disciplines. Son livre n’est pas une thèse sur le développement des nouvelles technologies, c’est un essai engagé, une apologie unilatérale d’Internet et des « Petites Poucettes » de la génération Y. L’ensemble est rédigé dans un style très vivant et se lit en deux heures à peine mais le texte est loin d’être convaincant et n’est pas toujours abordable. Le « digital native » à la tête pleine de vide dont M. Serres fait l’éloge risque d’avoir beaucoup de mal à comprendre toutes les références implicites du texte… A force de stocker sa mémoire sur son téléphone, il risque même d’avoir beaucoup de mal à comprendre que des choses lui échappent et pas seulement en cas de batterie à plat… On ne peut que recommander la lecture de ce livre stimulant qui pourrait tout à fait apparaître dans le corpus de l’épreuve de culture générale du BTS. Cependant, en attendant l’époque que M. Serres appelle de ses vœux, où les individus seront jugés sur leur seule maîtrise des nouvelles technologies, on ne saurait trop recommander à tous les étudiants de porter la plus grande attention aux cours de leurs professeurs… et de lire des livres plutôt que de surfer des jours entiers sur Internet.

 

Un extrait 

En conclusion de son essai, M. Serres évoque un projet qui lui tient manifestement beaucoup à cœur mais dont on peut espérer qu’il ne sera jamais mis à exécution : « Michel Authier, concepteur génial, avec moi, son assistant, projetons d’allumer un feu ou de planter un arbre en face de la tour Eiffel sur la rive droite de la Seine. Dans des ordinateurs, dispersés ailleurs ou ici, chacun introduira son passeport, son Ka, image anonyme et individuée, son identité codée, de sorte qu’une lumière laser, jaillissante et colorée, sortant du sol et reproduisant la somme innombrable de ces cartes, montrera l’image foisonnante de la collectivité, ainsi virtuellement formée. De soi-même, chacun entrera dans cette équipe virtuelle et authentique qui unira, en une image unique et multiple, tous les individus appartenant au collectif disséminé, avec leurs qualités concrètes et codées. En cette icône haute, aussi haute que la tour, les caractéristiques communes s’assembleront en une sorte de tronc, les plus rares en des branches et les exceptionnelles en feuillages ou bourgeons. Mais comme cette somme ne cesserait de changer, que chacun avec chacun et chacun après chacun se transformerait de jour en jour, l’arbre ainsi levé vibrerait follement, comme embrasé de flammes dansantes » (p. 81).

 

Utilité : 12/20

Lisibilité : 10/20 (relativement facile pour les élèves studieux… et inabordable pour ceux qui ont passé  toute leur scolarité à envoyer des sms depuis le fond de la classe).

Michel Serres,

 

Didier Daeninckx, « Camarades de classe », Paris, Gallimard, 2008, 178 p.

Mercredi 20 juin 2012

L’auteur

Didier Daeninckx est un écrivain français né en 1949. Il est surtout connu comme auteur de polar.

 

L’œuvre

La narratrice de Camarades de classe s’appelle Dominique. Elle est mariée à François. Tous deux ont bientôt soixante ans. Alors que Dominique est encore très active, François déprime en raison des menaces qui pèsent sur son emploi dans un laboratoire pharmaceutique. François est contacté par un ancien camarade de collège, qu’il a perdu de vue depuis des dizaines d’années mais qui lui demande de devenir le parrain de son fils. Dominique voit dans ce message une occasion de redonner goût à la vie à son compagnon. En s’intéressant à l’adolescence de François à Aubervilliers, elle tombe sur un forum en ligne où les anciens camarades de classes de son mari évoquent une sortie scolaire à Reims qui les a tous beaucoup marqués…

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le livre de Didier Daeninckx est très facile à lire. non seulement parce qu’il est court, mais aussi parce qu’il est très bien construit et rédigé dans un style tout à fait abordable. Mais ce n’est pas un roman sur les nouvelles technologies numériques. Il y est bien question d’Internet mais surtout à travers d’un site proche de « copains d’avant ». Les références culturelles ne sont pas celles de la génération Y mais plutôt celles de cinquantenaires nostalgiques de leur adolescence au début des années 1960 : on évoque la guerre d’Algérie, le Front populaire ou la guerre d’Espagne très présents dans la mémoire d’Aubervilliers mais aussi des revues comme Salut les copains… On peut recommander la lecture de ce livre à tous les étudiants qui souhaitent améliorer leur style et à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de communication au sein du couple, ce qui relève aussi, d’une certaine manière, du nouveau thème au programme du BTS. Mais ce n’est sûrement pas le roman indispensable à la compréhension des bouleversements apportés dans la communication par les technologies numériques.

 

Un extrait

« Le message ne m’était pas adressé, mais cette fois encore je n’ai pas su résister à l’envie d’en prendre connaissance. François s’était levé, un quart d’heure plus tôt, pour aller boire de l’eau au robinet de la salle de bain, avant de venir se rendormir. Sa semaine avait été rude avec l’annonce du plan social. Il avait longtemps cru que son nom figurerait sur la liste, et, si on l’avait épargné cette fois, il demeurait convaincu que ce n’était là qu’un répit ».

 

Lisibilité : 15/20

Utilité : 10/20

 

Nicolas Padiou

Didier Daeninckx,

Mathieu Lindon, « Champion du monde », Paris, Folio, 1994, 236 p.

Lundi 11 juin 2012

L’auteur : 

Mathieu Lindon est un journaliste et écrivain français né en 1955.

 

L’œuvre :

Champion du monde raconte l’histoire de Ximon, jeune orphelin suédois élevé par sa tante, Baw. Ximon n’arrête pas de lire les romans de Proust et veut devenir champion du monde de tennis, bien qu’aucun championnat du monde n’existe dans ce sport. Il se choisit comme mentor Kylh, un ancien champion en perte de vitesse. Kylh décide d’abandonner la compétition pour se consacrer à son élève mais apprend qu’il est malade du sida. Lorsque la maladie de Kylh se déclare, Ximon redouble d’effort, mais sans succès. Il se lie par ailleurs avec une jeune fille appelée Joanna et s’entraîne désormais avec un tennisman prénommé Stéphane…

 

Le rapport avec le programme de BTS :

Malgré son titre et sa couverture en édition Folio, ce roman ne traite que très peu de tennis. Il faut attendre les 50 dernières pages pour trouver une description détaillée d’un match. Tout le reste est aussi invraisemblable que les noms bizarres des personnages qui sont par ailleurs complètement désincarnés. Quant au style, il est d’un abord difficile. L’ensemble se révèle aussi passionnant qu’un interminable échange de fond de court… Mieux vaut lire, sur le tennis, les quelques pages bien plus vivantes de Philippe Delerm http://btscfmbtp.unblog.fr/2011/07/22/philippe-delerm-la-tranchee-darenberg-et-autres-voluptes-sportives-paris-folio-2007-140-p/

Un extrait : 

« C’est dommage que Proust n’ait rien écrit sur le tennis » se dit, p. 36, le personnage de Ximon. Rien n’est moins sûr… comme le prouve l’extrait suivant : « A une heure et demie, tandis qu’ils s’installent douchés au restaurant du Tennis Club, hilares, heureux de s’être si bien convenus, que leurs manières de jouer se soient à ce point comme emboîtées l’une dans l’autre, tandis qu’ils sont toujours dans l’euphorie de leur rencontre à laquelle cette heure sur le court a apporté une intensité supplémentaire, une nouvelle profondeur, assis en face l’un de l’autre, Kylh raconte à Ximon ce que celui-ci a manqué de la discussion avec tante Baw » (p. 23).

 

http://www.pol-editeur.com/pdf/92.pdf

 

Utilité : 5/20

Lisibilité : 3/20

 

Nicolas Padiou 

Mathieu Lindon,

 

Fatou Diomé, « Le Ventre de l’Atlantique », Paris, Le Livre de poche, 2003, 255 p.

Dimanche 3 juin 2012

L’auteur : 

Fatou Diomé est une écrivaine franco-sénégalaise, née en 1968. Le Ventre de l’Atlantique est son premier roman. 

 

L’œuvre :

Les deux personnages principaux du roman intitulé Le Ventre de l’Atlantique sont la narratrice, Salie, et son petit frère Madické. Tous deux sont nés au Sénégal, sur l’île de Niodior. Salie s’est installée à Strasbourg pour y suivre des études. Comme tous ses amis, Madické rêve lui aussi de rejoindre l’Europe, mais pour y devenir une star du football… Tous les jeunes Sénégalais soutiennent systématiquement la France, mais Madické se distingue en idolâtrant le joueur italien Maldini. L’action du livre se passe entre 2000 et 2002 : en 2000, la France triomphe de l’Italie en finale du championnat d’Europe, au grand désespoir de Madické, alors que lors de la coupe du monde de 2002, c’est le Sénégal qui s’illustre en accédant aux quarts-de-finale, après avoir battu la France au début du tournoi. Toutes ces compétitions sont très difficiles à suivre à Niodior où les télévisions sont rares, ce qui pousse Madické à téléphoner à sa sœur, en France, pour obtenir d’elle des comptes-rendus détaillés des matchs. Elle en profite pour essayer de le convaincre que ses rêves de carrière dans le football sont illusoires…

 

Le rapport avec le programme de BTS :

Le livre est écrit dans un style vivant et assez abordable. Il permet de mieux comprendre ce qu’une carrière sportive en Europe peut représenter pour les habitants d’un pays en voie de développement où les opportunités professionnelles demeurent très rares. De longs passages sont cependant consacrés à la vie de famille au Sénégal, ce qui n’est pas inintéressant en soi mais ce qui apparaît peu utile pour le BTS.

 

 

Un extrait:

« Depuis leurs premiers ballons de chiffons, leurs dribbles maladroits exécutés sur des terrains vagues, leurs buts gonflés d’orgueil d’adolescents passionnés, jusqu’à leur dernière passe de jeunes adultes frimeurs, et même dans leurs rêves les plus fous, ils n’avaient jamais envisagé une affiche telle que celle qui les réunissait ce matin-là : 16 juin, le Sénégal rencontre la Suède en huitième de finale de la Coupe du Monde Corée/Japon 2002 ! Même le plus consulté des sorciers de l’île ne l’avait pas pressenti dans le murmure des esprits qu’il invoquait souvent pour les matchs de ses jeunes dévots » (p. 232).

 

Lisibilité : 12/20

Utilité : 8/20

 

 

Nicolas Padiou

 

Fatou Diomé,

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