Archive de la catégorie ‘Fiches de lecture’

Claudine Galéa, « Le Corps plein d’un rêve », Rouergue, 2011, 132 p.

Samedi 7 juin 2014

Claudine Galéa est une romancière française. Elle a publié Le Corps plein d’un rêve aux éditions du Rouergue en 2011. Ce livre n’est pas un roman mais un récit autobiographique, inspiré de la jeunesse de l’auteur. Il y est question des doutes d’une adolescente sur son identité sexuelle, de rébellion et, surtout, de la musique des années 1970 et 1980. Les albums et les concerts de la chanteuse Patti Smith, qui ont beaucoup marqué l’auteur, servent de fil conducteur à l’ensemble du livre. Le récit évoque à la fois les rêves de la chanteuse très engagée dans la défense des droits de l’homme, mais aussi les rêves d’une adolescente des années 1970, pas toujours bien dans sa peau… Le style très personnel de l’auteur s’approche, dans ce livre, de celui très incantatoire de la chanteuse :

« Je rêvais beaucoup, je rêvais à ma vie. C’est là que je me suis dit pour la première fois, tu feras ta vie comme tu la rêves, dream it, rêve ta vie, tes vies. J’en aurai plusieurs, c’est l’histoire que je me suis racontée très tôt dans ma tête ». (p. 65)

« Je croyais que je ne rêvais pas. Je l’ai cru longtemps. Puis j’ai appris que tout le monde ne se souvient pas de ses rêves. Il me semblait que cela revenait au même, je me sentais amputée d’une expérience fondamentale, handicapée des rêves. Et récemment, en lisant un livre du psychanalyste Donald D. Winnicott, j’ai découvert que ne pas se souvenir de ses rêves n’est pas grave. Ils remplissent quand même leurs rôles ». (p. 70)

Il semble difficile de citer Le Corps plein d’un rêve dans l’épreuve d’écriture personnelle du BTS, mais il peut cependant s’avérer intéressant de le lire car les thèmes évoqués sont universels malgré le fort ancrage de l’histoire dans les années 1970. A déconseiller cependant à ceux qui n’apprécieraient pas Patti Smith, présente dans presque toutes les pages du livre.

Claudine Galéa,

 

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« La Vie rêvée d’Ernesto G. » (2012) de Jean-Michel Guenassia

Mardi 27 mai 2014

Le sujet

Contrairement à ce que pourraient laisser penser le titre et la couverture de l’édition de poche du livre, La Vie rêvée d’Ernesto G. ne concerne pas Ernesto Guevara. Le Che apparaît bien dans la deuxième partie du livre mais comme un personnage secondaire du roman. Le personnage principal est en fait Joseph Kaplan. Né à Prague en 1910, dans une famille juive, Joseph se passionne pour le tango et la médecine. Il poursuit des études à Paris avant de partir en Algérie où il travaille pour l’institut Pasteur. Après la Deuxième Guerre mondiale, il rejoint la Tchécoslovaquie désormais située dans le camp socialiste…

Le rapport avec le thème du BTS

On suit tout au cours du roman des personnages passionnés : Joseph Kaplan, ses amis, ses amantes, sa fille, ainsi que Guevara. Tous ces personnages luttent contre la pauvreté et l’antisémitisme, pour le progrès de la médecine et du socialisme. Le livre est riche en péripéties et abordable pour tous les élèves prêts à se mesurer à ses 568 pages et à faire l’effort de s’intéresser au contexte historique des événements qu’il évoque. Mais c’est un livre récent et non un classique que les correcteurs sont supposés connaître. Plutôt un livre pour reprendre goût à la lecture qu’une œuvre vraiment facile à citer la cas échéant dans l’épreuve d’écriture personnelle de l’examen.

Jean-Claude Monod, « Ecrire à l’heure du tout message », Paris, Flammarion, 2013, 295 p.

Vendredi 18 octobre 2013

Jean-Claude Monod est un philosophe français.

Les chapitres d’Ecrire à l’heure du tout message portent des titres évoquant les messageries électroniques (« Envoi », « Réception », « Objet », « Répondre »). Mais c’est en fait l’ensemble de l’histoire, en tous cas celle de la philosophie, que J.-C. Monod essaye de relire à partir du concept de « message », en combinant des anecdotes personnelles et des références aux philosophes les plus célèbres.

L’ensemble est assez ardu et s’éloigne parfois beaucoup des rapports entre la philosophie et les nouvelles technologies de la communication. On peut cependant signaler quelques passages pertinents pour le programme de BTS :

- les trois pages sur « Le mail de trop » (p. 66-68).

- « Vous avez un nouveau message » (p. 83-85).

- tout le début du passage intitulé « Pathologie du message » (p. 120-128).

- « Transparence massive » (p. 195-205).

- « Phénoménologie du message » (surtout à partir de la p. 243)

- « Ecrire pour soi » (surtout les p. 282-283).

Jean-Claude Monod,

Haruki Murakami, « 1Q84 », tome 3, Paris, 10/18, 2012 (2010), 619 p.

Vendredi 18 octobre 2013

L’ambiance du troisième tome de 1Q84 est moins fantastique que celle du deuxième. Sans délaisser complètement le monde du rêve et sans éclaircir tous les mystères précédemment évoqués, le dernier tome de la trilogie d’Haruki Murakami permet au lecteur de suivre Tengo et Aomamé, eux-mêmes surveillés de près par un détective atypique, Ushikawa.

L’œuvre de Murakami fait une très grande part aux rêves, aussi bien aux rêves et aux cauchemars qu’on fait en dormant qu’aux rêves qu’on ambitionne consciemment de réaliser. Mais l’ensemble représente de très nombreuses heures de lecture (pas moins de 1660 pages…), il semble donc peu pertinent de se tourner, en tous cas pour les élèves de deuxième année, vers ce titre de la bibliographie du BTS… sauf si on est un gros lecteur.

Haruki Murakami,

 

Sigmund Freud, « Sur le rêve » (1901), Paris, Gallimard, 1988, 148 p.

Vendredi 13 septembre 2013

L’auteur :

Sigmund Freud est né en 1856 à Freiberg (à l’époque en Autriche-Hongrie, de nos jours en République tchèque). Il a vécu et travaillé à Vienne pendant presque toute sa vie, avant de rejoindre Londres face à la montée de l’antisémitisme. Il y est mort en 1939. Il est considéré comme l’inventeur de la psychanalyse. Son livre intitulé L’Interprétation du rêve figure dans la bibliographie du BTS pour le thème « Cette part de rêve que chacun porte en soi ».

File:Sigmund freud um 1905.jpg

Freud en 1905

L’œuvre :

Freud a publié L’Interprétation des rêves (de nos jours plutôt titré L’Interprétation du rêve) en 1899. Deux ans plus tard, il en a donné une version abrégée, traduite en français sous le titre Sur le rêve. Dans ce livre, Freud explique que les rêves révèlent nos pulsions refoulées, notamment nos pulsions sexuelles. Il se fonde sur l’analyse des rêves de ses patients, mais aussi sur ses propres rêves. Il s’intéresse beaucoup à la véritable signification des éléments souvent incongrus des rêves en commençant par évoquer un rêve au cours duquel une femme lui touchait le genou pendant qu’il mangeait des épinards…

Le rapport avec le programme de BTS :

Les interprétations de Freud à propos des rêves qu’il évoque sont parfois banales (pas besoin d’avoir fait de longues études psychanalytiques pour comprendre ce que pourrait bien « symboliser » la femme qui lui caresse le genou…). Le plus souvent, ces interprétations sont cependant complètement abracadabrantes (l’explication de la valeur symbolique des épinards est pour le moins bizarre…). Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, en vue de l’épreuve de BTS, c’est le retentissement considérable des théories de Freud pendant tout le vingtième siècle. Même si le style est pesant, il peut donc être intéressant de lire Sur le rêve, un livre qui est court (à peine 100 pages si on laisse de côté l’introduction et la bibliographie) et dont un extrait pourrait figurer dans le corpus des documents de la synthèse. On peut aussi envisager, dans l’épreuve d’écriture personnelle, de citer Freud et sa théorie selon laquelle nos rêves expriment nos désirs refoulés.

Sigmund Freud,

Haruki Murakami, « 1Q84 », tome 2, 10/18, 2012, 496 p.

Samedi 31 août 2013

En bref :

Dans le second tome de la trilogie d’Haruki Murakami, on suit toujours en parallèle les deux « héros », Tengo et Aomamé, qui approfondissent leurs recherches concernant la secte des Précurseurs et les mystérieux Little People. Les deux personnages  se perdent un peu dans le dédale de cette année 1Q84 finalement pas si proche de 1984… L’ambiance de plus en plus fantastique et onirique convient mieux que celle du premier tome au sujet du BTS, mais elle risque de décontenancer un grand nombre de lecteurs… On en arrive par ailleurs déjà, au terme de ce deuxième tome, à plus de 1000 pages ce qui rend cette lecture peu accessible aux élèves de BTS…

Pour le premier tome, cf. la page suivante :

http://btscfmbtp.unblog.fr/2013/08/26/haruki-murakami-1q84-tome-1-1018-2012-548-p/

Haruki Murakami, « 1Q84 », tome 2, 10/18, 2012, 496 p. dans Ancien thème (2014-2015) :

Haruki Murakami, « 1Q84 », tome 1, 10/18, 2012, 548 p.

Lundi 26 août 2013

L’auteur : 

Né en 1949, l’écrivain japonais Haruki Murakami est fréquemment cité dans les bibliographies de l’épreuve de culture générale du BTS.

 

L’œuvre :

1Q84 est un roman en trois tomes publié en 2009 en japonais et en 2011 en français. Le premier tome donne tout d’abord l’impression de se dérouler au Japon, en 1984. On suit en parallèle le sort de deux personnages. Le premier est Aomamé, une jeune femme indépendante de caractère, coach sportif féministe spécialisée dans le coup de pied aux testicules, qui se rapproche un peu de la Lisbeth Salander de la trilogie Millenium (http://btscfmbtp.unblog.fr/2012/03/18/millenium/). Le second est Tengo, professeur de mathématiques qui souhaite devenir écrivain. Tous deux sont amenés à enquêter sur les Précurseurs, une étrange secte dirigée par un mystérieux leader proche du Big Brother du roman de George Orwell 1984. Ils se penchent aussi sur les « Little People » des êtres qui auraient un lien avec cette secte mais dont l’existence même semble douteuse… Le mystère s’épaissit tellement au fil des semaines que les personnages principaux en viennent à se demander s’ils sont bien en 1984 ou dans un monde parallèle situé en 1Q84…

 

Le rapport avec le programme de BTS : 

Le premier tome de la trilogie de Murakami est très bien écrit et tellement original qu’on peut difficilement le rattacher à un genre précis. Les personnages sont psychologiquement très bien caractérisés, comme dans un roman de mœurs, mais le livre va bien au-delà, empruntant à l’anticipation, au fantastique, au policier, sans que l’ensemble paraisse jamais artificiel ni pesant. Le thème du rêve est, comme d’habitude, très présent chez Murakami : les personnages font des rêves prémonitoires ou se souviennent pendant leurs rêves d’histoires oubliées. L’ambiance onirique tend peu à peu à envahir l’ensemble du roman. Plus on avance dans l’œuvre, plus la vraisemblance se dérègle à commencer par la chronologie des événements, ce qui remet en cause toutes les certitudes des protagonistes. La construction est extrêmement sophistiquée, mais l’ensemble reste, en partie grâce à une excellente traduction, tout à fait abordable au niveau de la langue, pour peu cependant qu’on ait beaucoup de temps à consacrer à la lecture car l’ensemble des trois tomes dépasse les 1500 pages ce qui paraît beaucoup pour une année de BTS… A réserver, donc, aux très gros lecteurs…

Haruki Murakami, « 1Q84 », tome 1, 10/18, 2012, 548 p.  dans Ancien thème (2014-2015) :

Haruki Murakami, « Kafka sur le rivage »

Mercredi 21 août 2013

L’auteur :

Haruki Murakami est un romancier japonais né en 1949. Un de ses livres a déjà été cité dans les bibliographies de l’épreuve de culture générale du BTS (http://btscfmbtp.unblog.fr/2011/11/27/haruki-murakami-autoportrait-de-lauteur-en-coureur-de-fond-paris-10-18-2009-2007-221-p/). Concernant le thème « Cette part de rêve que chacun porte en soi », deux de ses romans sont à nouveau mentionnés, Kafka sur le rivage et 1Q84.

L’œuvre :

Kafka sur le rivage est un long roman (618 p. pour l’édition française), publié en 2002 en japonais et en 2005 en français. Ce roman raconte l’histoire d’un jeune adolescent japonais prénommé Kafka qui fuit son père pour échapper à une malédiction familiale. Le livre évoque parallèlement les aventures de Nakata, personnage excentrique qui ne sait pas lire mais parle avec les chats… Le reste est impossible à résumer : l’intrigue est en effet très complexe et les personnages évoluent dans un univers de plus en plus onirique qui peut complètement déconcerter ou bien fasciner le lecteur…

Le rapport avec le programme de BTS :

L’ambiance du livre correspond bien au thème du BTS, mais Murakami n’est pas encore un classique contemporain et il paraît difficile de citer sans précaution Kafka sur le rivage dans le cadre de l’épreuve d’écriture personnelle du BTS.

Haruki Murakami,

Mario Vargas Llosa, « Le Rêve du Celte », Paris, Gallimard, 2011, 521 p.

Lundi 8 juillet 2013

L’auteur :

Mario Vargas Llosa est un écrivain péruvien né en 1936. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2010.

 

Résumé :

Le Rêve du Celte est un roman biographique qui raconte la vie de Roger Casement, agent commercial et diplomate britannique (1864-1916) qui s’est battu contre l’impérialisme belge au Congo et contre l’exploitation des Indiens par les firmes caoutchoutières en Amazonie tout en se passionnant pour la civilisation irlandaise au point, pendant la Première Guerre mondiale, de nouer une alliance avec l’Allemagne pour favoriser l’indépendance de l’Irlande, ce qui lui vaudra la prison et la peine de mort pour trahison, sa mémoire étant par ailleurs entachée de l’accusation d’homosexualité, alors totalement rejetée en Grande-Bretagne.

 

Rapport avec le programme de BTS :

Le livre correspond bien à l’approche du nouveau thème de BTS. Roger Casement est un personnage torturé, qui n’assume pas son homosexualité et dont le rêve d’une Irlande indépendante et fière de sa culture – le « rêve du Celte » qui donne son titre à l’ouvrage – échoue lamentablement. Mais il apparaît aussi comme un idéaliste inspiré qui parvient à sensibiliser l’opinion internationale aux ravages du colonialisme en Afrique et au maintien d’un esclavagisme moderne dans les pays d’Amérique latine.

L’ensemble se lit très bien. La construction du livre est très sophistiquée mais ne perd jamais le lecteur. La langue est d’un classicisme limpide (l’ouvrage a été très bien traduit par Albert Bensoussan et Anne-Marie Casès) : ce n’est en effet pas sans raison que M. Vargas Llosa a obtenu le prix Nobel. On peut donc tout à fait envisager de citer ce texte dans l’épreuve d’écriture personnelle du BTS. Deux précisions cependant : 1) Le livre est très intéressant, mais long (plus de cinq cents pages), ce qui implique un investissement en temps que seuls les grands lecteurs pourront se permettre, 2) Il n’est pas sûr que les correcteurs de l’épreuve auront lu le livre (qui ne figure pas dans la bibliographie officielle), ce qui nécessitera, pour ceux qui voudraient y faire référence dans leur copie, d’expliquer un minimum son contenu.

Utilité : 10/20

Lisibilité : 10/20 (compte-tenu de la longueur du livre).

 

Mario Vargas Llosa,

 

 

Aurélien Bellanger, « La Théorie de l’information », Paris, Gallimard, 2012

Dimanche 30 décembre 2012

L’auteur 

Aurélien Bellanger est un jeune auteur français, né en 1980. La Théorie de l’information est son premier roman.

 

Le texte

La Théorie de l’information raconte l’ascension de Pascal Ertanger, né à Vélizy dans les années 1960, geek avant l’heure dès les années 1970, faisant fortune dans le minitel rose pendant les années 1980 avant d’investir dans Internet (ce personnage serait plus ou moins inspiré de Xavier Niel, le fondateur de Free).

 

Le rapport avec le programme de BTS 

Comme son titre l’indique, La Théorie de l’information n’est pas seulement un roman. C’est aussi un essai très bien informé sur les NTIC et les bouleversements sociaux liés au numérique. Pour peu qu’on apprécie l’écriture « blanche » très maîtrisée, proche de celle de Michel Houellebecq (à qui A. Bellanger a consacré un essai), on trouvera dans ce roman d’innombrables sujets de réflexion liés au programme officiel du BTS. Même s’il est long (près de 500 pages), on ne peut que recommander la lecture de ce roman à tous les élèves de BTS qui souhaitent comprendre le rôle joué par le numérique dans le monde actuel.

 

Un extrait : 

« L’humanité revivait l’épisode de Babel. Certains dénoncèrent alors les dangers du Web 2.0. L’arrivée massive des humains, au lieu de renforcer l’architecture décentrée d’Internet, en contribuant à maintenir l’intelligence à sa périphérie, l’avait paradoxalement affaiblie. Le Web 2.0 formait une nébuleuse au sein de laquelle certains sites purent atteindre la masse critique qui les transformait en étoiles – à peine attrapée dans le réseau, l’intelligence humaine était dirigée vers ces centres invisibles. Internet se concentra alors dans quelques fermes de serveurs, dont les espaces de stockage alignés, réunis à proximité des centrales électriques et refroidis comme des cœurs de réacteurs nucléaires, gardaient l’humanité en mémoire » (p. 363).

 

Utilité : 20/20

Lisibilité : 15/20

Aurélien Bellanger,

 

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