Archive de la catégorie ‘Expositions’

Rêve d’éternité au muséum d’histoire naturelle de Nantes

Samedi 5 août 2017

Le muséum d’histoire naturelle de Nantes propose jusqu’au 12 mars 2018 une exposition qui peut s’avérer intéressante pour le thème du corps et même, d’une certaine manière, pour le thème de l’extraordinaire. Cette exposition est intitulée Éternité, rêve humain et réalités de la science. On y découvre les êtres vivant le plus longtemps, des requins du Groenland aux palourdes d’Islande atteignant plusieurs centaines d’années en passant par les séquoias géants plurimillénaires. Mais aussi ceux qui sont capables de régénérer tout ou partie de leur corps comme les salamandres, les lézards ou certaines méduses. Certains animaux sont par ailleurs capables de supporter des froids extrêmes, voire de survivre dans le vide spatial… Mais l’essentiel concerne les hommes puisque la quête de l’éternité a toujours fait partie des grands rêves de l’humanité : on suit cette quête des momies égyptiennes aux derniers progrès de la science, avec l’évocation des causes du vieillissement et des moyens d’y remédier, soit par le biais de manipulations génétiques, soit par le recours à des prothèses mécaniques. L’ensemble est très abordable et très intéressant.

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/accueil.htm

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/DP_expo_eternite.pdf

Museum Nantes

Les « bioméchanoïdes » d’Hansruedi Giger à Nantes

Lundi 31 juillet 2017
Giger

Giger

Le Lieu unique de Nantes propose, jusqu’au 27 août, une très complète rétrospective (gratuite) de l’oeuvre de l’artiste suisse Hansruedi Giger (1940-2014). Giger est surtout connu pour sa contribution fondamentale à l’esthétique de la série Alien : on lui doit les décors et les costumes qui font une grande partie de l’intérêt de ce film, et il est aussi l’inventeur de la créature monstrueuse, mi-animale, mi machine qui donne son titre au film. Giger a contribué à de très nombreux films fantastiques et à quelques chefs-d’oeuvres de science-fiction. Il a de ce fait profondément influencé la culture moderne dans ce qu’elle a de plus sombre, qu’il s’agisse de l’imagerie des groupes de hard-rock, de l’esthétique des jeux vidéo et d’un large pan du cinéma d’horreur contemporain. L’exposition montre bien que son travail pour le cinéma s’est fondé sur une oeuvre préexistante faite de peintures et de sculptures toujours très noires, souvent dérangeantes, parfois considérées comme pornographiques et elles-mêmes inspirées des auteurs fantastiques, de la peinture romantique ou des poètes décadents de la fin du dix-neuvième siècle. Mais s’il s’inscrit dans l’histoire de l’art, l’univers de Giger est vraiment singulier : il est l’un des premiers à avoir imaginé la fusion des hommes et des machines dans ce qu’il a appelé des « bioméchanoïdes ».

http://www.lelieuunique.com/evenement/h-r-giger/

Bilal

Bilal

Signalons, parmi les artistes qui se sont probablement inspirés de Giger, le Français Enki Bilal, dont le musée des Arts et métiers avait proposé, il y a quelques années, une exposition intitulée Mécanhumanimal, très proche, quoiqu’un peu moins sombre, de celle de l’esprit de Giger.

Les hyperréalistes hongrois

Mercredi 26 juillet 2017

L’institut culturel hongrois de Paris présentait récemment une exposition intitulée Agrandissement, consacrée à la très méconnue école de peinture hyperréaliste hongroise. Ces artistes ont émergé à partir des années 1970, dans une Hongrie située derrière le Rideau de fer, et ils sont toujours très actifs. Ils reproduisent le plus fidèlement possible la réalité, de manière quasiment photographique, mais sous la forme de tableaux et en utilisant les techniques de la peinture. Leurs sujets étaient autrefois choisis dans la vie quotidienne, dans le but probable d’éviter la censure politique. Mais les membres de cette école et leurs héritiers contemporains n’hésitent pas à choisir de nos jours des sujets plus polémiques. Parmi les artistes intéressants dont des œuvres étaient présentées à Paris, on peut signaler celles de Laszlo Feher (né en 1953) et celles, très perturbantes, d’Istvan Nyari (né en 1952).

http://www.parizs.balassiintezet.hu/fr/programmes/archive/210021-archive-2017/1434-agrandissement-artistes-hyperrealistes-hongrois-des-annees-1960-a-nos-jours/

Feher

Laszlo Feher, « Child with sunglasses », 180 x 250 cm, 2013.

Nyari

Istvan Nyari, « Dance of the death », 150 x 200 cm, 2011.

Le Golem, une extraordinaire créature artificielle

Vendredi 14 juillet 2017

On peut voir jusqu’au 16 juillet, au musée d’art et d’histoire du judaïsme une très bonne exposition consacrée au Golem. D’après le folklore pragois du dix-neuvième siècle, le Golem est un être mythique, créé à la Renaissance par un rabbin de Prague afin d’accomplir tous ses souhaits mais ayant finalement échappé au contrôle de son créateur, poussant ce dernier à le faire disparaître. On peut trouver en Adam, le premier homme de la Bible, une préfiguration du Golem, comme lui créé à partir d’argile. On trouve aussi des traces de créatures équivalentes dans les textes magiques juifs du Moyen Âge. Mais c’est à partir du vingtième siècle que le Golem devient une figure très populaire : l’auteur pragois germanophone Gustav Meyrink (1868-1932) en fait le personnage principal de son roman fantastique éponyme de 1915, Le Golem, ouvrant la voie à de nombreux auteurs qui vont adapter son œuvre, au théâtre et au cinéma (les expressionnistes allemands des années 1920 et les réalisateurs tchécoslovaques à partie de 1945 notamment). Parallèlement, le Golem devient une sorte d’idole populaire des communautés juives d’Europe de l’Est régulièrement victimes de pogroms dans l’empire russe et, un peu plus tard, des persécutions antisémites nazies. Les auteurs des premiers comics américains, souvent issus de ces communautés juives persécutées, perpétuent pendant et après la Deuxième Guerre mondiale l’image du Golem comme un dangereux redresseur de torts alors qu’entretemps les auteurs allemands et tchèques en ont quant à eux fait un précurseur des premiers robots, repris en cela par les pionniers de la robotique aux États-Unis et au Japon. L’exposition est donc très riche et le site Internet fournit de nombreuses ressources pour prolonger la réflexion sur l’extraordinaire corps artificiel du Golem… On y trouve entre autres des fiches sur les films dont des extraits sont présentés dans l’exposition, un dossier pédagogique et un copieux dossier de presse qui peuvent tous servir à étudier le nouveau thème de culture générale du BTS.

https://www.mahj.org/fr/programme/golem-avatars-d-une-legende-d-argile-4780

https://www.mahj.org/sites/mahj.org/files/golem_dp.pdf

https://www.mahj.org/sites/mahj.org/files/dossier_presse_golem.pdf

golem-visuel-exposition

Photo du film allemand de 1920 de Paul Wegener, « Le Golem, comment il vint au monde ».

Le quotidien et le corps exposés au Louvre

Dimanche 11 juin 2017

Le Louvre propose en ce moment deux expositions éventuellement intéressantes pour les deux thèmes de culture générale du BTS. L’une, visible jusqu’au 12 juin, concerne le quotidien dans les dessins hollandais du dix-septième siècle. L’autre, qu’on pourra voir jusqu’au 3 juillet, s’intéresse à la représentation du « corps en mouvement ».

http://www.louvre.fr/expositions/dessiner-le-quotidienla-hollande-au-siecle-d-or

http://www.louvre.fr/expositions/corps-en-mouvementla-danse-au-musee

Louvre corps

Le corps sous toutes les coutures à la Maison de la photo

Samedi 10 juin 2017

On peut voir jusqu’au 18 juin à la Maison européenne de la photographie, à Paris, plusieurs expositions évoquant le corps. L’Australien Shaun Gladwell s’intéresse par exemple aux corps des skateurs qu’il photographie ou filme en pleine action dans des musées d’art moderne ; Martial Cherrier compare les photos de son corps de bodybuilder aux corps de la pop culture et des classiques de l’histoire de l’art ainsi qu’au problème du dopage ; Gloria Friedman se montre « en chair et en os », toute nue et rehaussée de couleurs fluo. Quant aux deux plus grandes expositions, elles peuvent s’avérer très perturbantes : la première est consacrée à Michel Journiac (1935-1995), un des précurseurs du body art (ou « art corporel ») ayant souvent utilisé le mot « corps » pour intituler ses œuvres (Alphabet du corpsMesse pour un corpsEnquête sur un corpsContrat pour un corps, Rituel de corps interdit, Action de corps exclu…) et n’ayant pas hésité à peindre avec son propre sang ; la seconde exposition majeure est une rétrospective d’Orlan (née en 1947), artiste qui, après avoir donné des baisers à des inconnus dans le cadre d’une performance, a fait de son corps une œuvre à part entière à coups d’opérations chirurgicales (on déconseille aux âmes sensibles la vidéo de sa liposuccion…)

https://www.mep-fr.org/programmation/

Gladwell 2015

Shaun Gladwell

Cherrier

Martial Cherrier

Friedman

Gloria Friedman

Journiac

Michel Journiac

Orlan

Orlan

Walker Evans au Centre Pompidou

Vendredi 19 mai 2017

On peut voir au Centre Pompidou jusqu’au 14 août 2017 une grande rétrospective de l’oeuvre de Walker Evans (1903-1975). Ce photographe américain s’est toujours intéressé aux sujets les plus prosaïques, photographiant inlassablement les villes et les campagnes américaines, et surtout les Américains les plus modestes, notamment pendant la Grande dépression des années 1930. Et il l’a toujours fait avec beaucoup de compassion et d’humanisme pour les gens qu’il a photographiés, défendant une approche « vernaculaire » de son art.

Evans Allie

Walker Evans, « Allie Mae Burroughs », 1935-1936.

Vermeer au Louvre

Mercredi 17 mai 2017

On peut voir au musée du Louvre, jusqu’au 22 mai, une exposition consacrée au peintre hollandais Vermeer (1632-1675). On peut y admirer d’exceptionnels tableaux, devenus des icônes de l’histoire de l’art ou de la culture populaire. Et pourtant, la virtuosité du peintre est mise au service de scènes apparemment banales, comme dans La Dentellière ou La Laitière, deux tableaux où Vermeer exalte des femmes saisies dans leurs activités quotidiennes :

http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre

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Vermeer, « La Laitière », 1658, 45 x 41 cm, musée royal d’Amsterdam

Johannes Vermeer - The lacemaker (c.1669-1671).jpg

Vermeer, « La Dentellière », vers 1669-1671, 24 x 21 cm, musée du Louvre

« Circulations » au 104

Mardi 7 mars 2017

On pouvait voir jusqu’au 5 mars, à Paris, au 104, l’édition 2017 d’un festival annuel de la jeune photographie européenne. Nombre des jeunes photographes exposés prenaient le corps pour sujet. On peut citer Arunà Canevascini qui met en scène son propre corps nu et celui de sa mère, Kevin Faingnaert qui s’est intéressé aux superstars du catch en Belgique, Weronika Gesicka qui invente des photos impossibles paraissant pourtant vraisemblables au premier abord, Mafalda Rakos qui photographie des jeunes filles anorexiques souhaitant la disparition de leur corps… On peut aussi trouver, en consultant les archives des éditions précédentes, de très nombreuses photographies se rattachant aux thèmes au programme de l’épreuve de 2017 (c’est-à-dire le souvenir et l’extraordinaire) :

http://www.festival-circulations.com/artiste/

Canevascini

Arunà Canevascini

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Kevin Faingnaert

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Weronika Gesicka

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Mafalda Rakos

Le corps vu par un impressionniste : Frédécric Bazille au musée d’Orsay

Mardi 7 mars 2017

Les collections des musées et les expositions fournissent d’innombrables exemples de l’intérêt des artistes de toutes les époques pour les corps. Dans une exposition qui se tenait jusqu’au 5 mars au musée d’Orsay, consacrée à l’impressionniste Frédéric Bazille (1841-1870), on pouvait ainsi voir de nombreux portraits, mais aussi des nus qui traduisent un nouveau rapport au corps chez les peintres de l’époque. On peut par exemple citer une Etude de nu de 1864, une très provocante Toilette de 1870 et plusieurs tableaux mettant en scène des hommes presque nus, scènes dont la dimension homo-érotique semble bizarrement avoir échappé aux contemporains du peintre (cf. notamment la Scène d’été de 1869).

Le corps vu par un impressionniste : Frédécric Bazille au musée d'Orsay dans Expositions bazille-etude-de-nu-300x115

Frédéric Bazille, « Etude de nu » (1864).

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Frédéric Bazille, « La Toilette » (1870).

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Frédéric Bazille, « Scène d’été » (1869).

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