Archive de la catégorie ‘Cinéma’

Cette catastrophe qui vient…

Lundi 24 juillet 2017

En 2011 sortait au cinéma Take Shelter, un film dans lequel on suit une famille dont le père est certain qu’une catastrophe va survenir, ce qui le pousse à construire un abri pour pouvoir survivre à l’apocalypse. Tout le monde le prend naturellement pour un fou, mais il pourrait finalement ne pas s’être complètement trompé…

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Dans Interstellar de Christopher Nolan, sorti en 2014, la catastrophe est déjà visible : les récoltes sont très mauvaises à cause d’une météo complètement déréglée. Pour faire face à ce défi, sauver sa famille et l’humanité, le fermier héros du film va devoir faire bien plus que construire un simple abri…

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Notons par ailleurs que le principal personnage d’Interstellar est incarné par un acteur au nom imprononçable, Matthew McConaughey, qui a connu un destin professionnel extraordinaire (il est devenu un cas d’espèce à Hollywood comme l’atteste sa biographie wikipédia) : né en 1969, il était un jeune premier prometteur dans les années 1990, il a ensuite complètement torpillé sa carrière en enchaînant pendant près de quinze ans des rôles sans relief dans des films de plus en plus insignifiants, jusqu’à devenir un has been complet ; puis il a miraculeusement remonté la pente, au point de devenir à bientôt cinquante ans un des acteurs les plus crédibles de sa génération…

https://en.wikipedia.org/wiki/Matthew_McConaughey

Le surgissement de l’extraordinaire dans les films d’Hitchcock

Lundi 24 juillet 2017

Ci-dessous des exemples très différents de surgissement de l’extraordinaire dans quelques films célèbres d’Alfred Hitchcock (1899-1980).

Le cas le plus évident est probablement celui du film Les Oiseaux. Dans ce thriller de 1963, des oiseaux de toutes sortes attaquent un petit village, sans qu’on sache d’ailleurs vraiment pourquoi. Ce qui intéresse Hitchcock c’est de faire naître l’angoisse à la vue d’un banal pigeon, faire sourdre la peur dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus normal. Certaines scènes sont un peu mécaniques (comme les oiseaux utilisés pour les trucages), mais la logique d’installation progressive de la terreur fonctionne très bien (cf. l’extrait ci-dessous). Spielberg saura d’ailleurs s’en souvenir pour Les Dents de la mer quelques années plus tard.

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Dans La Mort aux trousses (1959), Cary Grant incarne un publicitaire pris pour un assassin à la suite d’un quiproquo. Le personnage est dès lors obligé de fuir en permanence pour échapper à la police et au véritable criminel. Même dans un désert complet, la mort peut surgir de n’importe où comme le prouve la scène ci-dessous :

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Mais qui a tué Harry ? (1955) se déroule dans un idyllique village de Nouvelle-Angleterre. Aussi, quand un petit garçon affirme aux adultes avoir trouvé un cadavre, personne ne veut croire qu’un assassinant ait pu être commis par un des habitants, d’autant plus que le cadavre est difficile à localiser.

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On peut aussi regarder Psychose (1960), où Norman Bates (joué par Anthony Perkins) gère un motel en compagnie de sa mère « qui ne ferait même pas de mal à une mouche »… Un film d’horreur dont les codes ont été repris par de nombreux successeurs d’Hitchcock et qui a – pour ceux qui ont du mal avec les « vieux films » – fait l’objet d’un remake de Gus van Sant en 1998.

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L’ordinaire et l’extraordinaire dans les banlieues américaines

Dimanche 23 juillet 2017

En Europe et notamment en France, les classes privilégiées choisissent d’habiter dans les centre-villes. Mais ce n’est pas le cas aux États-Unis où les centre-villes sont délaissés au profit des banlieues. De nombreux films ou séries américaines mettent en scène cette vie typique des banlieues aisées avec maison cossue dotée d’un porche, d’une pelouse ouverte et d’un double garage… On peut citer la série des années 2000, Desperate housewives, qui montre des femmes au foyer confrontées à de très banales querelles de voisinage, mais aussi à de nombreuses disparitions mystérieuses. On peut aussi mentionner deux films américains de 1999 : The Virgin Suicides et American Beauty. Dans American Beauty, de Sam Mendes, qui se passe dans la banlieue d’une ville indéterminée, Kevin Spacey incarne un homme de quarante ans, soumis à sa femme et à ses enfants, humilié par son patron et ses collègues et presque suicidaire à force de s’ennuyer. La découverte de la jeune et très jolie fille de ses voisins le bouleverse et fait de lui un autre homme. Mais tout en puisant  une incroyable énergie dans cet amour digne d’un adolescent, il a bien conscience d’aller droit dans le mur… Dans Virgin Suicides, sorti la même année et enrichi d’une bande originale du groupe français Air, Sofia Coppola présente une vision encore plus mélancolique de la banlieue américaine : on suit pendant quelques semaines le destin de cinq sœurs adolescentes aussi blondes et belles les unes que les autres et exerçant une véritable fascination sur tous les garçons de leur quartier. Et on découvre que la beauté, l’amitié qui les soude et l’adoration universelle dont elles font l’objet ne suffisent pas vraiment à aider ces filles à surmonter leur spleen…

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Matrix

Dimanche 23 juillet 2017

Sorti en 1999, Matrix a beaucoup marqué les amateurs de science-fiction : les personnages du film évoluaient dans un environnement numérique virtuel mais très réaliste, le spectateur se retrouvant constamment désorienté. Les personnages n’étaient jamais sûrs de leur propre existence, se demandant toujours s’ils étaient vrais ou s’ils étaient simples lignes de code dans un programme. Le tout était placé sous le patronage de l’Alice de Lewis Carroll, le personnage de Neo, incarné par Keanu Reeves, recevant comme instruction : « Follow the white rabbit ! » (on peut aussi penser à la célèbre chanson psychédélique White rabbit de Jefferson Airplane). La Matrice évoquait par ailleurs, vaguement, les théories du philosophe français Jean Baudrillard (1929-2007) sur notre perception de la réalité.

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Signalons d’autte part, sans que cela ait de rapport direct avec le film, que les frères Wachowski (Larry et Andy), qui ont réalisé Matrix, sont devenus les sœurs Wachowski, Larry étant devenu Lana en 2010 et Andy étant devenu Lilly en 2016, ce qui constitue un exemple célèbre et rare de changement de sexe à l’échelle d’une fratrie et peut donc s’avérer utile pour le thème du corps aussi bien que pour l’extraordinaire, de même que le film Matrix lui-même.

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L’ordinaire et l’extraordinaire à Tokyo

Samedi 22 juillet 2017

Plusieurs films se déroulant à Tokyo confrontent leurs personnages à des formes de basculement de l’ordinaire vers l’extraordinaire. On peut tout d’abord citer Blade Runner, un film de Ridley Scott de 1982 censé se passer à Los Angeles en 2019 mais manifestement inspiré des grandes métropoles asiatiques et notamment de Tokyo : Harrison Ford y incarne un personnage un peu blasé, mais le spectateur de l’époque ne pouvait manquer d’être impressionné par l’hyper-modernité de la ville extrapolée par les décorateurs du film à partir de la capitale japonaise. Quelques années plus tard sortait Black Rain (1988), polar du même Ridley Scott se déroulant au Japon et confrontant des inspecteurs américains à des Japonais presque tous fourbes et liés aux yakuzas. Dans Lost in translation (2003), de Sofia Coppola, Scarlett Johansson et Bill Murray se retrouvent coincés au Japon (à Kyoto ou Osaka), complètement démunis face à des Japonais dont ils ne comprennent pas du tout la culture. Dans le film français Tokyo fiancée (2014), c’est une jeune française, pourtant admirative du Japon, qui a bien des soucis pour comprendre son fiancé japonais. Enfin, dans Les Délices de Tokyo (2015), on n’est pas confronté au choc des cultures entre des Occidentaux et des Japonais, il y est tout simplement question du phénoménal succès de petits beignets aux haricots rouges sucrés, beignets préparés selon une recette ancestrale par une vieille dame qui bouleverse la vie du tenancier d’un petit fast-food et celle de tout un quartier.

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« Le Caire confidentiel »

Samedi 22 juillet 2017

On peut voir en ce moment au cinéma un très bon polar égyptien intitulé Le Caire confidentiel. Le personnage principal est l’inspecteur Nourredine, quarantenaire désabusé qui s’abrutit à la fin de chaque journée devant sa télé, en buvant des bières et en fumant des joints. Pistonné par son oncle qui est à la tête du commissariat, il a surtout pour tâche d’encaisser les pots-de-vin que les marchands du Caire doivent verser à la police. Aussi, quand il se retrouve chargé d’enquêter sur le meurtre d’une superbe chanteuse, Nourredine lui-même semble peut convaincu de ses chances de réussir à trouver le coupable. Et pourtant il s’acharne, en venant même à se poser des questions sur les méfaits de la corruption généralisée à laquelle il participe quotidiennement. Mais rapidement, à ce premier événement extraordinaire dans sa carrière et dans sa vie que constitue cette enquête s’en ajoute un autre : en effet, on est en 2011 et l’Égypte de Moubarak est en pleine ébullition sociopolitique… L’ensemble se laisse très bien regarder et on en apprend beaucoup sur Le Caire (même si le film a été tourné à Casablanca en raison de la censure).

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« L’Homme qui rétrécit », « Le Voyage fantastique » et « Chéri, j’ai rétréci les gosses »

Mardi 11 juillet 2017

On peut sans trop de problèmes combiner les références culturelles sur le corps et sur le fantastique. Dans L’Homme qui rétrécit (1957) de Jack Arnold, un homme contaminé par un nuage radioactif rétrécit petit à petit. Le film vaut pour ses trucages qui peuvent faire sourire : l’homme flotte d’abord dans son pantalon puis se retrouve à habiter une maison de poupée, mais il manque aussi de se faire manger par son propre chat et doit se défendre contre une redoutable araignée à l’aide d’une aiguille transformée en épée. Tout cela avant d’être confronté, dans la dernière scène du film, à la grande question « métaphysique » de sa disparition.

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Moins prétentieuse et plus drôle, la série des Chéri, j’ai rétréci les gosses (1989, avec deux suites en 1992 et 1997) reprend les mêmes codes : réduits par leur savant fou de père à une taille microscopique, les « gosses » du titre sont eux aussi confrontés à des insectes, avec des trucages qui paraissent à peine plus sophistiqués que ceux des années 1950.

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Entre-temps, dans la lignée des nanars extraordinaires sur le corps humain, était sorti en 1966, Le Voyage fantastique, film dans lequel des scientifiques de taille minuscule explorent un corps humain : les bactéries sont leurs ennemis et la moindre quinte de toux de la personne « explorée » s’apparente pour les membres de l’expédition à une catastrophe. L’ensemble est à la fois assez risible, même au deuxième degré, et a cependant probablement préfiguré, d’une certaine manière, l’essor des nanotechnologies appliquées à la médecine.

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« Marathon man » (1976) et « The Boys from Brazil » (1978)

Lundi 10 juillet 2017

En 1978 sortait sur les écrans The Boys from Brazil. Le scénario de ce film imaginait que le docteur SS Mengele, surnommé l’Ange de la mort d’Auschwitz, avait survécu en Amérique du Sud après la guerre, ce qui était d’ailleurs vrai (Mengele est mort au Brésil trois ans après la sortie du film). Il attribuait à Mengele le projet de cloner Hitler. Le film a assez mal vieilli, notamment à cause de Gregory Peck qui incarne Mengele de manière assez pataude. Mais on trouve dans cet exercice d’histoire-fiction une longue explication du principe du clonage qui n’était probablement pas du tout familier au public de l’époque (cf. la deuxième vidéo ci-dessous).

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Dans The Boys from Brazil, l’acteur anglais Laurence Olivier jouait le rôle d’un chasseur de nazis, comprenant peu à peu le projet fou de Mengele. Mais il avait deux ans plus tôt incarné, dans Marathon Man, aux côtés de Dustin Hoffman, un médecin nazi justement inspiré du docteur Mengele. Dans ce film, le personnage de Babe (joué par D. Hoffman) voit son corps mis à rude épreuve par un intensif entraînement au marathon, mais aussi par d’extraordinaires événements comme une séance de torture dentaire devenue très célèbre (et dont le personnage se venge en obligeant le vieux nazi qui la lui a faite subir à avaler des diamants qu’il convoite).

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« Caché », « Funny games US » et « Le Ruban blanc »

Lundi 10 juillet 2017

Le réalisateur autrichien Michael Haneke (né en 1942) a tourné des films qui pourraient illustrer le thème du basculement de l’ordinaire vers l’extraordinaire. Dans Caché (2005), un couple de bourgeois parisiens incarnés par Daniel Auteuil et Juliette Binoche voit son quotidien très tranquille perturbé par d’étranges messages anonymes qui se font de plus en plus menaçants ; le mari est conduit à se replonger dans son enfance en province, apparemment marquée par un traumatisme longtemps enfoui… Dans Funny Games US (2007), Haneke réalise le remake américain d’un de ses films tournés en Autriche dix ans plus tôt : une famille idéale de la upper middle class est confrontée à un déchaînement soudain d’ultra-violence qui remet en cause toutes les certitudes sur lesquelles elle reposait. Enfin, dans Le Ruban blanc (palme d’or à Cannes en 2009), c’est un petit village d’Allemagne qui se retrouve au début des années 1910 confronté à de mystérieux crimes frappant ceux qui s’en prennent aux enfants… Haneke excelle à décrire le quotidien dans ce qu’il peut avoir de plus banal avant d’en souligner l’inquiétante étrangeté, confrontant finalement ses personnages à leurs secrets ou leurs pulsions les plus inavouables. Une œuvre  riche à aborder même quand on est pas a priori amateur de cinéma d’auteur, en commençant peut-être par Funny games US, à condition toutefois d’en supporter le visionnage qui peut s’avérer assez éprouvant…

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« Duel » et « Jaws »

Vendredi 7 juillet 2017

Steven Spielberg est devenu un réalisateur un peu pénible, auteur de films à gros budget, souvent très poussifs. Mais, au début de sa carrière, dans les années 1970, il savait habilement et même très brillamment susciter l’angoisse des spectateurs avec très peu de moyens, en confrontant ses personnages à l’inquiétante étrangeté du quotidien comme dans Duel, son premier film de 1971. C’est bien sûr aussi le cas avec Jaws (Les Dents de la mer), qui a terrorisé tous les vacanciers de 1975 en montrant les ravages d’un grand requin féroce dans une paisible station balnéaire…

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