Archive de la catégorie ‘Cinéma’

« A history of violence » et « Prisoners »

Lundi 28 août 2017

A history of violence est un film de David Cronenberg sorti en 2005. On suit au départ du film une famille qui vit un bonheur idyllique, les parents sont très amoureux, leurs enfants sont épanouis, leur maison est belle, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est l’American way of life dans toute sa splendeur en plein cœur du Midwest. En apparence en tous cas. Car, confronté un jour à un braquage violent, le père de cette famille idéale fait preuve de surprenants réflexes, dignes d’un tueur à gages… Le film montre très subtilement le basculement dans la violence et les ravages qu’elle produit au sein d’une famille apparemment si unie.

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Dans Prisoners (2013), où on retrouve l’actrice Maria Bello (la femme du « héros » dans A history of violence), on suit le destin d’une famille de Pennsylvanie dont les deux filles disparaissent, probablement victimes d’un kidnapping. Le père (Hugh Jackman) est naturellement bouleversé et s’acharne sur un jeune homme d’abord suspecté de l’enlèvement puis rapidement relâché par la police : tous les moyens semblent dès lors bons au père de famille désespéré pour faire avouer au seul coupable possible à ses yeux la vérité sur la disparition des petites filles. Un film qui peut mettre le spectateur mal à l’aise mais l’oblige, comme le film de Cronenberg, à réfléchir à son rapport à la violence…

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« Les Proies »

Lundi 28 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment le film de Sofia Coppola Les Proies. Ce film se déroule aux Etats-Unis en 1864, c’est-à-dire pendant la guerre de Sécession. Le pensionnat de jeunes filles de Martha Farnsworth (Nicole Kidman) est situé en Virginie, dans le camp confédéré sudiste, tout près de la ligne de front. La directrice essaye tant bien que mal de maintenir la discipline parmi les cinq jeunes filles qui sont encore pensionnaires de son institution, avec l’aide de son assistante Edwina. Le jour où cette communauté féminine recueille un soldat nordiste blessé, le fragile équilibre de ce quotidien miraculeusement préservé bascule dans le chaos : femmes et filles s’amourachent du beau caporal (Colin Farrell) au point que la zizanie s’installe… Comme souvent dans les films de S. Coppola, l’homme est apparemment central mais en fait secondaire, ce qui intéresse surtout la réalisatrice, c’est la reconstitution minutieuse du quotidien d’un groupe de femmes et la transformation des jeunes filles en jeunes femmes. Malgré quelques longueurs, le film peut permettre d’aborder le rapport entre l’extraordinaire (la guerre, l’irruption d’une présence masculine au sein d’un groupe de femmes…) et l’ordinaire (les routines d’une communauté autarcique, le calme immuable d’un somptueux domaine en marge de la guerre…).

« Mr. and Mrs. Smith »

Lundi 28 août 2017

Mr. and Mrs Smith est un film de 2005 dans lequel jouaient Brad Pitt et Angelina Jolie. Les deux acteurs incarnaient un couple apparemment normal mais en fait complètement dysfonctionnel, le mari et la femme appartenant chacun de son côté, à l’insu de l’autre, à une organisation secrète criminelle. Le film montrait habilement quoique de manière caricaturale le basculement entre le quotidien et l’extraordinaire.

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« La Totale »/«True lies »

Vendredi 18 août 2017

En 1991 sortait en France La Totale comédie sympathique sur un couple de bourgeois bien tranquilles dont chaque membre mène en fait une double vie, le mari (Thierry Lhermitte) étant agent secret à l’insu de sa femme (jouée par Miou-Miou). Le film montrait de manière caricaturale mais efficace à quel point il était difficile de concilier une vie ordinaire et un métier extraordinaire (du point de vue du mari-agent secret) et aussi à quel point il était difficile de se satisfaire d’une vie de mère au foyer bourgeoise (du point de vue de sa femme).

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Quelques années plus tard, un remake hollywoodien était réalisé sous le titre Trues lies, avec Arnold Schwarzeneger et Jamie Lee Curtis dans les deux rôles principaux. Plutôt meilleur que l’original, ce film reprenait les quiproquo comiques nés de la confrontation entre un quotidien ordinaire et la tentation de mener une vie extraordinaire.

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L’enfer quotidien

Vendredi 18 août 2017

Quand elle prend une forme maladive et obsessionnelle, la jalousie peut complètement pourrir le quotidien d’un couple. C’est ce que montre le film de Claude Chabrol de 1994 intitulé L’Enfer. Inspiré d’un film resté inachevé d’Henri-Georges Clouzot, de 1964, L’Enfer de Chabrol nous montre un personnage incarné par François Cluzet sombrant peu à peu dans la folie par jalousie envers sa femme, jouée par Emmanuelle Béart.

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A écouter aussi ci-dessous, une chanson de 1995 justement intitulée Diary hell :

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« Que dios nos perdone »

Mercredi 16 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment un très bon polar espagnol intitulé Que Dios nos perdone. L’action se déroule à Madrid, en plein été 2011, pendant les journées mondiales de la jeunesse. On suit une équipe composée de deux inspecteurs borderline : le premier est un colosse porté sur la boisson et qui peine à contrôler ses pulsions violentes, l’autre est bègue et un peu autiste tout en ayant des dons de profiler hors du commun. A quelques jours de l’arrivée du pape dans la ville, on les charge d’enquêter sans faire de vagues sur la mort d’une vieille dame, tombée dans les escaliers après avoir été cambriolée, mais il s’avère qu’elle aurait aussi été violée et que son assassin pourrait être un serial killer.

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Dans le même genre, on peut citer La Isla minima, autre excellent polar espagnol de 2015. Dans ce film, un duo d’enquêteurs usant de méthodes peu conventionnelles est chargé d’enquêter sur l’assassinat de jeunes filles dans une communauté andalouse, peu après la fin de la période franquiste.

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On peut aussi mentionner, pour les amateurs de polars hispaniques, le très bon film argentin En sus ojos (2010) qui confronte là encore un enquêteur à d’extraordinaires faits divers. 

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« L’Empire des sens »

Samedi 12 août 2017

On peut voir en ce moment au cinéma une réédition de L’Empire des sens, film du Japonais Nagisa Oshima de 1976. Il s’agit d’un film extraordinaire sur un sujet extraordinaire. Dans le Japon impérialiste des années 1930, une jeune prostituée de Tokyo, Sada, se retrouve obligée de servir comme domestique pour rembourser les dettes de son souteneur. Le séduisant maître de la maison où elle travaille désormais s’appelle Kichizo et, connaissant le passé de Sada, il la provoque, mais celle-ci refuse dans un premier temps de céder à ses avances car elle est très timide. Elle est cependant obligée de se laisser faire et y prend goût, ce qui marque le début d’une histoire d’amour et d’une extraordinaire frénésie sexuelle puisque, dès lors, les deux personnages passent presque tout leur temps à faire l’amour. Sada n’est pas vraiment jalouse, mais se montre extrêmement possessive, au point d’avoir envie de garder en permanence avec elle une partie de l’anatomie de son amant. Initialement dominant au sein de leur couple, ce dernier se plie à toutes les fantaisies sexuelles de sa partenaire, jusqu’à mettre sa vie en danger… Le film est très directement inspiré d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique au Japon. Il a lui-même suscité un scandale lors de sa sortie, d’une part par son thème assez sulfureux, d’autre part parce qu’il représentait, pour la première fois dans un film non ouvertement pornographique, des actes sexuels non simulés, de manière très crue. Les choses ayant bien évolué dans ce domaine depuis 1976, on n’a plus trop de raisons de s’offusquer des scènes de sexe, mais on reste toujours interloqué par une histoire d’amour extraordinaire qui finit par sombrer dans la folie.

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« Dunkerque »

Vendredi 11 août 2017

Le dernier film de Christopher Nolan évoque l’évacuation de la poche de Dunkerque dans laquelle plusieurs centaines de milliers de soldats britanniques ont failli être capturés par l’armée allemande au début de la Deuxième Guerre mondiale. Ce film confronte de simples pêcheurs et des soldats de base au chaos de l’histoire : alors que les premiers s’engagent courageusement dans le sauvetage du corps expéditionnaire britannique, une partie des soldats semble complètement désarçonnée. On suit pendant une grande partie du film les efforts désespérés d’une poignée de soldats préoccupés de sauver leur vie plutôt que de faire la guerre. Le film  se clôt très patriotiquement par l’exaltation du sacrifice d’un soldat et d’un civil, mais il explique aussi que, face à des circonstances extraordinaires, tout le monde ne peut pas se comporter en héros.

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Birdman/Spiderman

Lundi 7 août 2017

Pas facile d’être un apprenti super-héros quand on est en même temps confronté aux tourments de l’adolescence comme le montre le dernier Spiderman : homecoming. Le personnage de Peter Parker s’y montre fasciné par le monde extraordinaire des « Avengers » tout en restant ancré dans sa vie banale de gentil lycéen de banlieue bourgeoise. Dans ce film, le personnage incarné par Michael Keaton a lui aussi une double vie : dans le seul but de préserver sa famille des difficultés financières, il s’est tourné vers le crime, se transformant en gigantesque rapace métallique grâce à des technologies mutantes. Cela renvoie très probablement à un autre rôle récent de M. Keaton, dans le film Birdman (2014) d’Alejandro Inarritu, film qui figure dans la filmographie du thème de l’extraordinaire selon le Bulletin officiel. Dans ce film, M. Keaton incarne un acteur en bout de course qui s’efforce de monter au théâtre une pièce sans grand intérêt alors qu’il est surtout connu pour avoir incarné au cinéma Birdman, un super-héros un peu démodé (Keaton avait lui-même interprété Batman à deux reprises au début des années 1990 avant que sa carrière ne connaisse un grand trou d’air). Or, dans Birdman, l’acteur has been que joue Keaton se retrouve effectivement doté des super-pouvoirs du personnage qu’il a autrefois incarné (en tous cas il le croit), ce qui lui permet de voler, mais aussi de devenir un meilleur acteur, un meilleur père, etc., tout en comprenant bien que sa transformation en Birdman risque de très mal finir… Les deux films peuvent être intéressants aussi bien pour l’extraordinaire que pour le thème du corps.

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« Un singe en hiver »

Dimanche 6 août 2017

Dans Un Singe en hiver (1962), les personnages sont face à un dilemme assez proche de celui d’Achille (cf. ci-dessous). Réalisé par Henri Verneuil sur des dialogues de Michel Audiard, le film confronte deux personnages incarnés par Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin. Albert Quentin (Gabin) est un ancien combattant de la marine coloniale, nostalgique de ses formidables aventures sur le Yang-Tsé-Kiang et qui tient désormais un petit hôtel dans une très paisible ville balnéaire de Normandie ; sa femme lui a rigoureusement interdit de boire car l’ivresse lui donne des envies de voyages et finit donc par le rendre triste… Un jour, Quentin rencontre Gabriel Fouquet (Belmondo), un jeune homme fougueux en qui il se reconnaît : Fouquet est quant à lui fasciné non par la Chine, mais par l’Espagne et la tauromachie, notamment quand il a beaucoup bu. Car les deux personnages finissent par se livrer à leur penchant pour l’alcool, et repartent, tous les deux, sur les fleuves chinois et au cœur de l’arène, au moins en pensée. Le film nous explique que les plus beaux voyages sont souvent ceux qu’on fait en rêve, mais il laisse aussi entendre que, sans le renfort de l’alcool, il est impossible de sortir la désespérante routine quotidienne… Ci-dessous, la bande-annonce du film et la scène où Gabin explique à sa femme qu’il l’adore mais qu’elle le bride dans ses rêves d’exotisme :

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