Archive de la catégorie ‘Cinéma’

« La Totale »/«True lies »

Vendredi 18 août 2017

En 1991 sortait en France La Totale comédie sympathique sur un couple de bourgeois bien tranquilles dont chaque membre mène en fait une double vie, le mari (Thierry Lhermitte) étant agent secret à l’insu de sa femme (jouée par Miou-Miou). Le film montrait de manière caricaturale mais efficace à quel point il était difficile de concilier une vie ordinaire et un métier extraordinaire (du point de vue du mari-agent secret) et aussi à quel point il était difficile de se satisfaire d’une vie de mère au foyer bourgeoise (du point de vue de sa femme).

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Quelques années plus tard, un remake hollywoodien était réalisé sous le titre Trues lies, avec Arnold Schwarzeneger et Jamie Lee Curtis dans les deux rôles principaux. Plutôt meilleur que l’original, ce film reprenait les quiproquo comiques nés de la confrontation entre un quotidien ordinaire et la tentation de mener une vie extraordinaire.

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L’enfer quotidien

Vendredi 18 août 2017

Quand elle prend une forme maladive et obsessionnelle, la jalousie peut complètement pourrir le quotidien d’un couple. C’est ce que montre le film de Claude Chabrol de 1994 intitulé L’Enfer. Inspiré d’un film resté inachevé d’Henri-Georges Clouzot, de 1964, L’Enfer de Chabrol nous montre un personnage incarné par François Cluzet sombrant peu à peu dans la folie par jalousie envers sa femme, jouée par Emmanuelle Béart.

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A écouter aussi ci-dessous, une chanson de 1995 justement intitulée Diary hell :

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« Que dios nos perdone »

Mercredi 16 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment un très bon polar espagnol intitulé Que Dios nos perdone. L’action se déroule à Madrid, en plein été 2011, pendant les journées mondiales de la jeunesse. On suit une équipe composée de deux inspecteurs borderline : le premier est un colosse porté sur la boisson et qui peine à contrôler ses pulsions violentes, l’autre est bègue et un peu autiste tout en ayant des dons de profiler hors du commun. A quelques jours de l’arrivée du pape dans la ville, on les charge d’enquêter sans faire de vagues sur la mort d’une vieille dame, tombée dans les escaliers après avoir été cambriolée, mais il s’avère qu’elle aurait aussi été violée et que son assassin pourrait être un serial killer.

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Dans le même genre, on peut citer La Isla minima, autre excellent polar espagnol de 2015. Dans ce film, un duo d’enquêteurs usant de méthodes peu conventionnelles est chargé d’enquêter sur l’assassinat de jeunes filles dans une communauté andalouse, peu après la fin de la période franquiste.

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On peut aussi mentionner, pour les amateurs de polars hispaniques, le très bon film argentin En sus ojos (2010) qui confronte là encore un enquêteur à d’extraordinaires faits divers. 

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« L’Empire des sens »

Samedi 12 août 2017

On peut voir en ce moment au cinéma une réédition de L’Empire des sens, film du Japonais Nagisa Oshima de 1976. Il s’agit d’un film extraordinaire sur un sujet extraordinaire. Dans le Japon impérialiste des années 1930, une jeune prostituée de Tokyo, Sada, se retrouve obligée de servir comme domestique pour rembourser les dettes de son souteneur. Le séduisant maître de la maison où elle travaille désormais s’appelle Kichizo et, connaissant le passé de Sada, il la provoque, mais celle-ci refuse dans un premier temps de céder à ses avances car elle est très timide. Elle est cependant obligée de se laisser faire et y prend goût, ce qui marque le début d’une histoire d’amour et d’une extraordinaire frénésie sexuelle puisque, dès lors, les deux personnages passent presque tout leur temps à faire l’amour. Sada n’est pas vraiment jalouse, mais se montre extrêmement possessive, au point d’avoir envie de garder en permanence avec elle une partie de l’anatomie de son amant. Initialement dominant au sein de leur couple, ce dernier se plie à toutes les fantaisies sexuelles de sa partenaire, jusqu’à mettre sa vie en danger… Le film est très directement inspiré d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique au Japon. Il a lui-même suscité un scandale lors de sa sortie, d’une part par son thème assez sulfureux, d’autre part parce qu’il représentait, pour la première fois dans un film non ouvertement pornographique, des actes sexuels non simulés, de manière très crue. Les choses ayant bien évolué dans ce domaine depuis 1976, on n’a plus trop de raisons de s’offusquer des scènes de sexe, mais on reste toujours interloqué par une histoire d’amour extraordinaire qui finit par sombrer dans la folie.

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« Dunkerque »

Vendredi 11 août 2017

Le dernier film de Christopher Nolan évoque l’évacuation de la poche de Dunkerque dans laquelle plusieurs centaines de milliers de soldats britanniques ont failli être capturés par l’armée allemande au début de la Deuxième Guerre mondiale. Ce film confronte de simples pêcheurs et des soldats de base au chaos de l’histoire : alors que les premiers s’engagent courageusement dans le sauvetage du corps expéditionnaire britannique, une partie des soldats semble complètement désarçonnée. On suit pendant une grande partie du film les efforts désespérés d’une poignée de soldats préoccupés de sauver leur vie plutôt que de faire la guerre. Le film  se clôt très patriotiquement par l’exaltation du sacrifice d’un soldat et d’un civil, mais il explique aussi que, face à des circonstances extraordinaires, tout le monde ne peut pas se comporter en héros.

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Birdman/Spiderman

Lundi 7 août 2017

Pas facile d’être un apprenti super-héros quand on est en même temps confronté aux tourments de l’adolescence comme le montre le dernier Spiderman : homecoming. Le personnage de Peter Parker s’y montre fasciné par le monde extraordinaire des « Avengers » tout en restant ancré dans sa vie banale de gentil lycéen de banlieue bourgeoise. Dans ce film, le personnage incarné par Michael Keaton a lui aussi une double vie : dans le seul but de préserver sa famille des difficultés financières, il s’est tourné vers le crime, se transformant en gigantesque rapace métallique grâce à des technologies mutantes. Cela renvoie très probablement à un autre rôle récent de M. Keaton, dans le film Birdman (2014) d’Alejandro Inarritu, film qui figure dans la filmographie du thème de l’extraordinaire selon le Bulletin officiel. Dans ce film, M. Keaton incarne un acteur en bout de course qui s’efforce de monter au théâtre une pièce sans grand intérêt alors qu’il est surtout connu pour avoir incarné au cinéma Birdman, un super-héros un peu démodé (Keaton avait lui-même interprété Batman à deux reprises au début des années 1990 avant que sa carrière connaisse un grand trou d’air). Or, dans Birdman, l’acteur has been que joue Keaton se retrouve effectivement doté des super-pouvoirs du personnage qu’il a autrefois incarné (en tous cas il le croit), ce qui lui permet de voler, mais aussi de devenir un meilleur acteur, un meilleur père, etc., tout en comprenant bien que sa transformation en Birdman risque de très mal finir… Les deux films peuvent être intéressants aussi bien pour l’extraordinaire que pour le thème du corps.

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« Un singe en hiver »

Dimanche 6 août 2017

Dans Un Singe en hiver (1962), les personnages sont face à un dilemme assez proche de celui d’Achille (cf. ci-dessous). Réalisé par Henri Verneuil sur des dialogues de Michel Audiard, le film confronte deux personnages incarnés par Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin. Albert Quentin (Gabin) est un ancien combattant de la marine coloniale, nostalgique de ses formidables aventures sur le Yang-Tsé-Kiang et qui tient désormais un petit hôtel dans une très paisible ville balnéaire de Normandie ; sa femme lui a rigoureusement interdit de boire car l’ivresse lui donne des envies de voyages et finit donc par le rendre triste… Un jour, Quentin rencontre Gabriel Fouquet (Belmondo), un jeune homme fougueux en qui il se reconnaît : Fouquet est quant à lui fasciné non par la Chine, mais par l’Espagne et la tauromachie, notamment quand il a beaucoup bu. Car les deux personnages finissent par se livrer à leur penchant pour l’alcool, et repartent, tous les deux, sur les fleuves chinois et au cœur de l’arène, au moins en pensée. Le film nous explique que les plus beaux voyages sont souvent ceux qu’on fait en rêve, mais il laisse aussi entendre que, sans le renfort de l’alcool, il est impossible de sortir la désespérante routine quotidienne… Ci-dessous, la bande-annonce du film et la scène où Gabin explique à sa femme qu’il l’adore mais qu’elle le bride dans ses rêves d’exotisme :

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« Are ‘friends’ electric? »

Mardi 1 août 2017

En 1979, le groupe britannique Tubeway Army, avec à sa tête Gary Numan, sortait Are Friends electric?, un des premiers succès de la New Wave, aux rythmiques délibérément synthétiques et aux paroles inspirées du roman de Philip K. Dick de 1966 Do Androids dream of electric sheeps. Ce roman est souvent publié en France sous le titre Blade Runner puisqu’il a inspiré le film éponyme de Ridley Scott de 1982. Le livre, la chanson et le film évoquent des personnages vivant dans un futur proche et ignorant qui sont, dans leur entourage, les vrais humains, les robots humanoïdes et les androïdes, hybrides entre l’homme et la machine.

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Cette catastrophe qui vient…

Lundi 24 juillet 2017

En 2011 sortait au cinéma Take Shelter, un film dans lequel on suit une famille dont le père est certain qu’une catastrophe va survenir, ce qui le pousse à construire un abri pour pouvoir survivre à l’apocalypse. Tout le monde le prend naturellement pour un fou, mais il pourrait finalement ne pas s’être complètement trompé…

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Dans Interstellar de Christopher Nolan, sorti en 2014, la catastrophe est déjà visible : les récoltes sont très mauvaises à cause d’une météo complètement déréglée. Pour faire face à ce défi, sauver sa famille et l’humanité, le fermier héros du film va devoir faire bien plus que construire un simple abri…

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Notons par ailleurs que le principal personnage d’Interstellar est incarné par un acteur au nom imprononçable, Matthew McConaughey, qui a connu un destin professionnel extraordinaire (il est devenu un cas d’espèce à Hollywood comme l’atteste sa biographie wikipédia) : né en 1969, il était un jeune premier prometteur dans les années 1990, il a ensuite complètement torpillé sa carrière en enchaînant pendant près de quinze ans des rôles sans relief dans des films de plus en plus insignifiants, jusqu’à devenir un has been complet ; puis il a miraculeusement remonté la pente, au point de devenir à bientôt cinquante ans un des acteurs les plus crédibles de sa génération…

https://en.wikipedia.org/wiki/Matthew_McConaughey

Le surgissement de l’extraordinaire dans les films d’Hitchcock

Lundi 24 juillet 2017

Ci-dessous des exemples très différents de surgissement de l’extraordinaire dans quelques films célèbres d’Alfred Hitchcock (1899-1980).

Le cas le plus évident est probablement celui du film Les Oiseaux. Dans ce thriller de 1963, des oiseaux de toutes sortes attaquent un petit village, sans qu’on sache d’ailleurs vraiment pourquoi. Ce qui intéresse Hitchcock c’est de faire naître l’angoisse à la vue d’un banal pigeon, faire sourdre la peur dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus normal. Certaines scènes sont un peu mécaniques (comme les oiseaux utilisés pour les trucages), mais la logique d’installation progressive de la terreur fonctionne très bien (cf. l’extrait ci-dessous). Spielberg saura d’ailleurs s’en souvenir pour Les Dents de la mer quelques années plus tard.

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Dans La Mort aux trousses (1959), Cary Grant incarne un publicitaire pris pour un assassin à la suite d’un quiproquo. Le personnage est dès lors obligé de fuir en permanence pour échapper à la police et au véritable criminel. Même dans un désert complet, la mort peut surgir de n’importe où comme le prouve la scène ci-dessous :

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Mais qui a tué Harry ? (1955) se déroule dans un idyllique village de Nouvelle-Angleterre. Aussi, quand un petit garçon affirme aux adultes avoir trouvé un cadavre, personne ne veut croire qu’un assassinant ait pu être commis par un des habitants, d’autant plus que le cadavre est difficile à localiser.

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On peut aussi regarder Psychose (1960), où Norman Bates (joué par Anthony Perkins) gère un motel en compagnie de sa mère « qui ne ferait même pas de mal à une mouche »… Un film d’horreur dont les codes ont été repris par de nombreux successeurs d’Hitchcock et qui a – pour ceux qui ont du mal avec les « vieux films » – fait l’objet d’un remake de Gus van Sant en 1998.

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