Archive pour août 2017

« La Gifle »

Jeudi 17 août 2017

La Gifle (The Slap en vo) est une série australienne de 2011. Elle raconte l’histoire d’un barbecue en famille qui dégénère après qu’un des invités ait mis une gifle au fils d’un couple de ses amis. Bien qu’elle ait été légère et en partie méritée, cette gifle suscite aussitôt la réprobation des participants de la fête, certains sont même scandalisés et il est rapidement question d’un procès. Au cours des huit épisodes de la série, chacun consacré à un des participants du barbecue, on suit de huit points de vue différents l’épisode de la gifle et les jours qui ont précédé, et on comprend dès lors que cette gifle n’a pas été un accident, mais qu’elle était presque inévitable compte tenu des tensions et des secrets existant au sein d’un cercle familial pourtant très soudé en apparence.

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« Que dios nos perdone »

Mercredi 16 août 2017

On peut voir au cinéma en ce moment un très bon polar espagnol intitulé Que Dios nos perdone. L’action se déroule à Madrid, en plein été 2011, pendant les journées mondiales de la jeunesse. On suit une équipe composée de deux inspecteurs borderline : le premier est un colosse porté sur la boisson et qui peine à contrôler ses pulsions violentes, l’autre est bègue et un peu autiste tout en ayant des dons de profiler hors du commun. A quelques jours de l’arrivée du pape dans la ville, on les charge d’enquêter sans faire de vagues sur la mort d’une vieille dame, tombée dans les escaliers après avoir été cambriolée, mais il s’avère qu’elle aurait aussi été violée et que son assassin pourrait être un serial killer.

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Dans le même genre, on peut citer La Isla minima, autre excellent polar espagnol de 2015. Dans ce film, un duo d’enquêteurs usant de méthodes peu conventionnelles est chargé d’enquêter sur l’assassinat de jeunes filles dans une communauté andalouse, peu après la fin de la période franquiste.

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On peut aussi mentionner, pour les amateurs de polars hispaniques, le très bon film argentin En sus ojos (2010) qui confronte là encore un enquêteur à d’extraordinaires faits divers. 

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« L’Empire des sens »

Samedi 12 août 2017

On peut voir en ce moment au cinéma une réédition de L’Empire des sens, film du Japonais Nagisa Oshima de 1976. Il s’agit d’un film extraordinaire sur un sujet extraordinaire. Dans le Japon impérialiste des années 1930, une jeune prostituée de Tokyo, Sada, se retrouve obligée de servir comme domestique pour rembourser les dettes de son souteneur. Le séduisant maître de la maison où elle travaille désormais s’appelle Kichizo et, connaissant le passé de Sada, il la provoque, mais celle-ci refuse dans un premier temps de céder à ses avances car elle est très timide. Elle est cependant obligée de se laisser faire et y prend goût, ce qui marque le début d’une histoire d’amour et d’une extraordinaire frénésie sexuelle puisque, dès lors, les deux personnages passent presque tout leur temps à faire l’amour. Sada n’est pas vraiment jalouse, mais se montre extrêmement possessive, au point d’avoir envie de garder en permanence avec elle une partie de l’anatomie de son amant. Initialement dominant au sein de leur couple, ce dernier se plie à toutes les fantaisies sexuelles de sa partenaire, jusqu’à mettre sa vie en danger… Le film est très directement inspiré d’une histoire vraie qui a défrayé la chronique au Japon. Il a lui-même suscité un scandale lors de sa sortie, d’une part par son thème assez sulfureux, d’autre part parce qu’il représentait, pour la première fois dans un film non ouvertement pornographique, des actes sexuels non simulés, de manière très crue. Les choses ayant bien évolué dans ce domaine depuis 1976, on n’a plus trop de raisons de s’offusquer des scènes de sexe, mais on reste toujours interloqué par une histoire d’amour extraordinaire qui finit par sombrer dans la folie.

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« Dunkerque »

Vendredi 11 août 2017

Le dernier film de Christopher Nolan évoque l’évacuation de la poche de Dunkerque dans laquelle plusieurs centaines de milliers de soldats britanniques ont failli être capturés par l’armée allemande au début de la Deuxième Guerre mondiale. Ce film confronte de simples pêcheurs et des soldats de base au chaos de l’histoire : alors que les premiers s’engagent courageusement dans le sauvetage du corps expéditionnaire britannique, une partie des soldats semble complètement désarçonnée. On suit pendant une grande partie du film les efforts désespérés d’une poignée de soldats préoccupés de sauver leur vie plutôt que de faire la guerre. Le film  se clôt très patriotiquement par l’exaltation du sacrifice d’un soldat et d’un civil, mais il explique aussi que, face à des circonstances extraordinaires, tout le monde ne peut pas se comporter en héros.

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« Babylon Babies » de Maurice G. Dantec

Lundi 7 août 2017

Maurice G. Dantec est un auteur de polar et de science-fiction français né en 1959 et mort en 2016 au Québec où il s’était installé depuis les années 1990. Son roman Babylon Babies (1998) se déroule en grande partie à Montréal, au début des années 2000 (c’est-à-dire dans un futur très proche du point de vue de l’auteur). On y suit des tribus amérindiennes, des mafieux américano-russes et des espions sibériens, des bikers et des hackers, des trafiquants de drogue et d’armes, des gourous, des sectes millénaristes, des entreprises de biotechnologies qui s’allient et s’affrontent successivement pour s’assurer le contrôle de Marie Zorn, une mystérieuse Canadienne un peu paumée qui serait à son insu porteuse d’un incroyable secret, vital pour l’avenir de l’humanité. Très influencé par le style passablement obscur de Philippe K. Dick, manifestement rédigé sous l’influence de certaines des drogues évoquées dans le livre, Babylon Babies est souvent difficile à suivre : les 200 premières pages sont littéralement (et probablement en partie délibérément) incompréhensibles tant les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné, empêchant même le lecteur de reconnaître les personnages principaux. Les choses s’éclaircissent (un peu seulement) dans la deuxième partie du livre. Il s’avère alors que  Maurice G. Dantec a bien cerné, dès 1998, l’importance du transhumanisme et du post-humanisme fondé sur l’idée que l’éternité est à portée de l’humanité, pour peu qu’on utilise les nouvelles technologies afin de remplacer nos organes défaillants ou pour entrer en symbiose avec les machines informatiques. Notons que le livre a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Matthieu Kassovitz, jugée peu convaincante par la critique comme par le public.

Dantec

Birdman/Spiderman

Lundi 7 août 2017

Pas facile d’être un apprenti super-héros quand on est en même temps confronté aux tourments de l’adolescence comme le montre le dernier Spiderman : homecoming. Le personnage de Peter Parker s’y montre fasciné par le monde extraordinaire des « Avengers » tout en restant ancré dans sa vie banale de gentil lycéen de banlieue bourgeoise. Dans ce film, le personnage incarné par Michael Keaton a lui aussi une double vie : dans le seul but de préserver sa famille des difficultés financières, il s’est tourné vers le crime, se transformant en gigantesque rapace métallique grâce à des technologies mutantes. Cela renvoie très probablement à un autre rôle récent de M. Keaton, dans le film Birdman (2014) d’Alejandro Inarritu, film qui figure dans la filmographie du thème de l’extraordinaire selon le Bulletin officiel. Dans ce film, M. Keaton incarne un acteur en bout de course qui s’efforce de monter au théâtre une pièce sans grand intérêt alors qu’il est surtout connu pour avoir incarné au cinéma Birdman, un super-héros un peu démodé (Keaton avait lui-même interprété Batman à deux reprises au début des années 1990 avant que sa carrière ne connaisse un grand trou d’air). Or, dans Birdman, l’acteur has been que joue Keaton se retrouve effectivement doté des super-pouvoirs du personnage qu’il a autrefois incarné (en tous cas il le croit), ce qui lui permet de voler, mais aussi de devenir un meilleur acteur, un meilleur père, etc., tout en comprenant bien que sa transformation en Birdman risque de très mal finir… Les deux films peuvent être intéressants aussi bien pour l’extraordinaire que pour le thème du corps.

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« Un singe en hiver »

Dimanche 6 août 2017

Dans Un Singe en hiver (1962), les personnages sont face à un dilemme assez proche de celui d’Achille (cf. ci-dessous). Réalisé par Henri Verneuil sur des dialogues de Michel Audiard, le film confronte deux personnages incarnés par Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin. Albert Quentin (Gabin) est un ancien combattant de la marine coloniale, nostalgique de ses formidables aventures sur le Yang-Tsé-Kiang et qui tient désormais un petit hôtel dans une très paisible ville balnéaire de Normandie ; sa femme lui a rigoureusement interdit de boire car l’ivresse lui donne des envies de voyages et finit donc par le rendre triste… Un jour, Quentin rencontre Gabriel Fouquet (Belmondo), un jeune homme fougueux en qui il se reconnaît : Fouquet est quant à lui fasciné non par la Chine, mais par l’Espagne et la tauromachie, notamment quand il a beaucoup bu. Car les deux personnages finissent par se livrer à leur penchant pour l’alcool, et repartent, tous les deux, sur les fleuves chinois et au cœur de l’arène, au moins en pensée. Le film nous explique que les plus beaux voyages sont souvent ceux qu’on fait en rêve, mais il laisse aussi entendre que, sans le renfort de l’alcool, il est impossible de sortir la désespérante routine quotidienne… Ci-dessous, la bande-annonce du film et la scène où Gabin explique à sa femme qu’il l’adore mais qu’elle le bride dans ses rêves d’exotisme :

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Le choix d’Achille

Samedi 5 août 2017

Dans L’Iliade d’Homère (vers – 800 av. J.-C.), c’est le rusé Ulysse qui permet finalement aux Grecs de vaincre les Troyens, après dix ans de siège. Mais, auparavant, Achille a joué un rôle déterminant en tuant Hector, le meilleur des guerriers Troyens, avant de mourir à son tour tué par le frère de ce dernier, Pâris. Colérique, courageux jusqu’à la folie et d’ailleurs pratiquement invincible, Achille est puni par les dieux car il mène au sein de la Guerre de Troie sa propre guerre, se battant quand il en a envie, sans respecter aucune règle et en suivant uniquement ses pulsions destructrices. Achille a d’ailleurs délibérément choisi ce destin. Sa mère Thétis lui a en effet expliqué avant son départ pour la guerre que, d’après une prophétie, deux possibilités seulement s’offraient à lui : soit il resterait chez lui où il aurait une vie longue et heureuse, auquel cas son nom disparaîtrait rapidement de la mémoire des hommes, soit il partirait à l’aventure et se couvrirait de gloire par ses exploits guerriers, et dans ce cas il mourrait jeune mais laisserait pour l’éternité une trace dans l’histoire. Ceux qui n’auraient pas le courage de se plonger dans la difficile lecture de l’Iliade peuvent se reporter au film Troie (2004) qui, malgré de nombreux défauts, parvient à restituer une partie de cette admiration des Grecs de l’Antiquité pour les destins extraordinaires.

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Rêve d’éternité au muséum d’histoire naturelle de Nantes

Samedi 5 août 2017

Le muséum d’histoire naturelle de Nantes propose jusqu’au 12 mars 2018 une exposition qui peut s’avérer intéressante pour le thème du corps et même, d’une certaine manière, pour le thème de l’extraordinaire. Cette exposition est intitulée Éternité, rêve humain et réalités de la science. On y découvre les êtres vivant le plus longtemps, des requins du Groenland aux palourdes d’Islande atteignant plusieurs centaines d’années en passant par les séquoias géants plurimillénaires. Mais aussi ceux qui sont capables de régénérer tout ou partie de leur corps comme les salamandres, les lézards ou certaines méduses. Certains animaux sont par ailleurs capables de supporter des froids extrêmes, voire de survivre dans le vide spatial… Mais l’essentiel concerne les hommes puisque la quête de l’éternité a toujours fait partie des grands rêves de l’humanité : on suit cette quête des momies égyptiennes aux derniers progrès de la science, avec l’évocation des causes du vieillissement et des moyens d’y remédier, soit par le biais de manipulations génétiques, soit par le recours à des prothèses mécaniques. L’ensemble est très abordable et très intéressant.

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/accueil.htm

http://www.museum.nantes.fr/pages/18-expo_evenement/expo_eternite/DP_expo_eternite.pdf

Museum Nantes

« Are ‘friends’ electric? »

Mardi 1 août 2017

En 1979, le groupe britannique Tubeway Army, avec à sa tête Gary Numan, sortait Are Friends electric?, un des premiers succès de la New Wave, aux rythmiques délibérément synthétiques et aux paroles inspirées du roman de Philip K. Dick de 1966 Do Androids dream of electric sheeps. Ce roman est souvent publié en France sous le titre Blade Runner puisqu’il a inspiré le film éponyme de Ridley Scott de 1982. Le livre, la chanson et le film évoquent des personnages vivant dans un futur proche et ignorant qui sont, dans leur entourage, les vrais humains, les robots humanoïdes et les androïdes, hybrides entre l’homme et la machine.

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