« L’homme machine » de Descartes

Descartes

Frans Hals, « Portrait de Descartes »

Pour le philosophe français René Descartes (1596-1650), les animaux sont de simples objets, et les hommes des machines pensantes, ce qui aurait pu le conduire à considérer que tout ce qui semble naturel est en fait artificiel. Il en tire plutôt, dans l’extrait ci-dessous, la conclusion inverse : ce qui dans l’humain s’apparente à la machine, la tuyauterie corporelle, lui apparaît naturel, comme le sont en fait toutes les machines d’après lui.

Strasbourg

Automates de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, seizième siècle.

« Je ne connais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l’agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. Et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles, sont avec cela naturelles. Car, par exemple, lorsque une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu’il est à un arbre de produire des fruits ».
R. Descartes, Traité de l’homme, 1648.

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