« La banalité du mal » selon Hannah Arendt

Eichmann

Eichmann en officier SS en 1942.

Adolf Eichmann (1906-1962) a été un des artisans du génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il a scientifiquement planifié la déportation des Juifs de toute l’Europe vers les camps d’extermination de Pologne, et cela presque jusqu’au dernier jour de la guerre, avant de fuir, comme beaucoup d’anciens nazis, en Amérique du Sud. Capturé par les services secrets israéliens en Argentine, il a été jugé à Jérusalem, protégé par une vitre blindée pendant toute la durée du procès. Il a finalement été exécuté, après que la peine de mort, abolie en Israël, ait été provisoirement rétablie.

Eichmann a refusé d’assumer ses responsabilités, se perdant systématiquement, pendant le procès, dans les détails du fonctionnement bureaucratique du nazisme, répondant à côté des questions et s’abritant derrière le serment d’allégeance qu’il avait personnellement prêté à Hitler et qui l’obligeait, d’après lui, à obéir aveuglément aux ordres qu’on lui donnait. Ce procès a fait l’objet, de la part de la philosophe juive américaine d’origine allemande Hannah Arendt (1906-1975), d’une série d’articles ultérieurement publiés sous le titre Eichmann à Jérusalem (1963). Dans ce livre, très célèbre mais de nos jours très contesté, Arendt explique qu’Eichmann n’était pas un monstre extraordinaire mais un très ordinaire bureaucrate, bêtement discipliné, suggérant ainsi que chacun d’entre nous, placé dans certaines circonstances, aurait pu collaborer au totalitarisme. Cette « banalité du mal » est devenue un des concepts les plus connus en sciences humaines même s’il est loin d’être universellement admis.

Arendt

Hannah Arendt

Ci-dessous, un extrait des bandes vidéos du procès où Eichmann se complait dans le rôle de simple exécutant des basses œuvres du régime nazi, exaspérant à force de mauvaise foi :

Image de prévisualisation YouTube

Et celle d’un biopic sur Hannah Arendt :

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire