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Archive pour juillet 2017

Les « bioméchanoïdes » d’Hansruedi Giger à Nantes

Lundi 31 juillet 2017
Giger

Giger

Le Lieu unique de Nantes propose, jusqu’au 27 août, une très complète rétrospective (gratuite) de l’oeuvre de l’artiste suisse Hansruedi Giger (1940-2014). Giger est surtout connu pour sa contribution fondamentale à l’esthétique de la série Alien : on lui doit les décors et les costumes qui font une grande partie de l’intérêt de ce film, et il est aussi l’inventeur de la créature monstrueuse, mi-animale, mi- machine qui donne son titre au film. Giger a contribué à de très nombreux films fantastiques et à quelques chefs-d’oeuvres de science-fiction. Il a de ce fait profondément influencé la culture moderne dans ce qu’elle a de plus sombre, qu’il s’agisse de l’imagerie des groupes de hard-rock, de l’esthétique des jeux vidéo et d’un large pan du cinéma d’horreur contemporain. L’exposition montre bien que son travail pour le cinéma s’est fondé sur une oeuvre préexistante faite de peintures et de sculptures toujours très noires, souvent dérangeantes, parfois considérées comme pornographiques et elles-mêmes inspirées des auteurs fantastiques, de la peinture romantique ou des poètes décadents de la fin du dix-neuvième siècle. Mais s’il s’inscrit dans l’histoire de l’art, l’univers de Giger est vraiment singulier : il est l’un des premiers à avoir imaginé la fusion des hommes et des machines dans ce qu’il a appelé des « bioméchanoïdes ».

http://www.lelieuunique.com/evenement/h-r-giger/

Bilal

Bilal

Signalons, parmi les artistes qui se sont probablement inspirés de Giger, le Français Enki Bilal, dont le musée des Arts et métiers avait proposé, il y a quelques années, une exposition intitulée Mécanhumanimal, très proche, quoiqu’un peu moins sombre, de celle de l’esprit de Giger.

Les hyperréalistes hongrois

Mercredi 26 juillet 2017

L’institut culturel hongrois de Paris présentait récemment une exposition intitulée Agrandissement, consacrée à la très méconnue école de peinture hyperréaliste hongroise. Ces artistes ont émergé à partir des années 1970, dans une Hongrie située derrière le Rideau de fer, et ils sont toujours très actifs. Ils reproduisent le plus fidèlement possible la réalité, de manière quasiment photographique, mais sous la forme de tableaux et en utilisant les techniques de la peinture. Leurs sujets étaient autrefois choisis dans la vie quotidienne, dans le but probable d’éviter la censure politique. Mais les membres de cette école et leurs héritiers contemporains n’hésitent pas à choisir de nos jours des sujets plus polémiques. Parmi les artistes intéressants dont des œuvres étaient présentées à Paris, on peut signaler celles de Laszlo Feher (né en 1953) et celles, très perturbantes, d’Istvan Nyari (né en 1952).

http://www.parizs.balassiintezet.hu/fr/programmes/archive/210021-archive-2017/1434-agrandissement-artistes-hyperrealistes-hongrois-des-annees-1960-a-nos-jours/

Feher

Laszlo Feher, « Child with sunglasses », 180 x 250 cm, 2013.

Nyari

Istvan Nyari, « Dance of the death », 150 x 200 cm, 2011.

Les mythes de l’histoire de France

Mardi 25 juillet 2017

Sciences humaines

Pour se différencier de l’hyperactivité de Nicolas Sarkozy, François Hollande avait expliqué qu’il serait un « président normal », ce qui ne lui a pas vraiment réussi et ce qui était de toute façon peu compatible avec le statut du chef de l’État : rappelons que le président de la République française habite dans un palais et que l’article 16 de la constitution prévoit que les « pleins pouvoirs » peuvent lui être accordés en période de crise majeure.

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François Hollande sur son scooter, alors qu’il n’était pas encore président, en 2009.

Emmanuel Macron semble en avoir tenu compte en prenant lui aussi le contre-pied de son prédécesseur et en revendiquant une présidence « jupitérienne » (ce qui ne va pas forcément être une position facile à tenir tout au long qu’un quinquennat). Pour mieux comprendre cette ambivalente relation à la normalité et à l’extraordinaire, on peut lire le dernier numéro de la revue Sciences humaines qui revient sur quelques grands mythes de l’histoire de France et notamment sur Napoléon, qui pour sa part n’a jamais hésité à s’illustrer dans la tendance jupitérienne…

Napoléon

Jean-Baptiste Mauzaisse (1784-1864), « Napoléon Ier couronné par le temps écrit le Code civil », château de la Malmaison, 1833.

Cette catastrophe qui vient…

Lundi 24 juillet 2017

En 2011 sortait au cinéma Take Shelter, un film dans lequel on suit une famille dont le père est certain qu’une catastrophe va survenir, ce qui le pousse à construire un abri pour pouvoir survivre à l’apocalypse. Tout le monde le prend naturellement pour un fou, mais il pourrait finalement ne pas s’être complètement trompé…

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Dans Interstellar de Christopher Nolan, sorti en 2014, la catastrophe est déjà visible : les récoltes sont très mauvaises à cause d’une météo complètement déréglée. Pour faire face à ce défi, sauver sa famille et l’humanité, le fermier héros du film va devoir faire bien plus que construire un simple abri…

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Notons par ailleurs que le principal personnage d’Interstellar est incarné par un acteur au nom imprononçable, Matthew McConaughey, qui a connu un destin professionnel extraordinaire (il est devenu un cas d’espèce à Hollywood comme l’atteste sa biographie wikipédia) : né en 1969, il était un jeune premier prometteur dans les années 1990, il a ensuite complètement torpillé sa carrière en enchaînant pendant près de quinze ans des rôles sans relief dans des films de plus en plus insignifiants, jusqu’à devenir un has been complet ; puis il a miraculeusement remonté la pente, au point de devenir à bientôt cinquante ans un des acteurs les plus crédibles de sa génération…

https://en.wikipedia.org/wiki/Matthew_McConaughey

Le surgissement de l’extraordinaire dans les films d’Hitchcock

Lundi 24 juillet 2017

Ci-dessous des exemples très différents de surgissement de l’extraordinaire dans quelques films célèbres d’Alfred Hitchcock (1899-1980).

Le cas le plus évident est probablement celui du film Les Oiseaux. Dans ce thriller de 1963, des oiseaux de toutes sortes attaquent un petit village, sans qu’on sache d’ailleurs vraiment pourquoi. Ce qui intéresse Hitchcock c’est de faire naître l’angoisse à la vue d’un banal pigeon, faire sourdre la peur dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus normal. Certaines scènes sont un peu mécaniques (comme les oiseaux utilisés pour les trucages), mais la logique d’installation progressive de la terreur fonctionne très bien (cf. l’extrait ci-dessous). Spielberg saura d’ailleurs s’en souvenir pour Les Dents de la mer quelques années plus tard.

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Dans La Mort aux trousses (1959), Cary Grant incarne un publicitaire pris pour un assassin à la suite d’un quiproquo. Le personnage est dès lors obligé de fuir en permanence pour échapper à la police et au véritable criminel. Même dans un désert complet, la mort peut surgir de n’importe où comme le prouve la scène ci-dessous :

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Mais qui a tué Harry ? (1955) se déroule dans un idyllique village de Nouvelle-Angleterre. Aussi, quand un petit garçon affirme aux adultes avoir trouvé un cadavre, personne ne veut croire qu’un assassinat ait pu être commis par un des habitants, d’autant plus que le cadavre est difficile à localiser.

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On peut aussi regarder Psychose (1960), où Norman Bates (joué par Anthony Perkins) gère un motel en compagnie de sa mère « qui ne ferait même pas de mal à une mouche »… Un film d’horreur dont les codes ont été repris par de nombreux successeurs d’Hitchcock et qui a – pour ceux qui ont du mal avec les « vieux films » – fait l’objet d’un remake de Gus van Sant en 1998.

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L’ordinaire et l’extraordinaire dans les banlieues américaines

Dimanche 23 juillet 2017

En Europe et notamment en France, les classes privilégiées choisissent d’habiter dans les centre-villes. Mais ce n’est pas le cas aux États-Unis où les centre-villes sont délaissés au profit des banlieues. De nombreux films ou séries américaines mettent en scène cette vie typique des banlieues aisées avec maison cossue dotée d’un porche, d’une pelouse ouverte et d’un double garage… On peut citer la série des années 2000, Desperate housewives, qui montre des femmes au foyer confrontées à de très banales querelles de voisinage, mais aussi à de nombreuses disparitions mystérieuses. On peut aussi mentionner deux films américains de 1999 : The Virgin Suicides et American Beauty. Dans American Beauty, de Sam Mendes, qui se passe dans la banlieue d’une ville indéterminée, Kevin Spacey incarne un homme de quarante ans, soumis à sa femme et à ses enfants, humilié par son patron et ses collègues et presque suicidaire à force de s’ennuyer. La découverte de la jeune et très jolie fille de ses voisins le bouleverse et fait de lui un autre homme. Mais tout en puisant  une incroyable énergie dans cet amour digne d’un adolescent, il a bien conscience d’aller droit dans le mur… Dans Virgin Suicides, sorti la même année et enrichi d’une bande originale du groupe français Air, Sofia Coppola présente une vision encore plus mélancolique de la banlieue américaine : on suit pendant quelques semaines le destin de cinq sœurs adolescentes aussi blondes et belles les unes que les autres et exerçant une véritable fascination sur tous les garçons de leur quartier. Et on découvre que la beauté, l’amitié qui les soude et l’adoration universelle dont elles font l’objet ne suffisent pas vraiment à aider ces filles à surmonter leur spleen…

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Matrix

Dimanche 23 juillet 2017

Sorti en 1999, Matrix a beaucoup marqué les amateurs de science-fiction : les personnages du film évoluaient dans un environnement numérique virtuel mais très réaliste, le spectateur se retrouvant constamment désorienté. Les personnages n’étaient jamais sûrs de leur propre existence, se demandant toujours s’ils étaient vrais ou s’ils étaient simples lignes de code dans un programme. Le tout était placé sous le patronage de l’Alice de Lewis Carroll, le personnage de Neo, incarné par Keanu Reeves, recevant comme instruction : « Follow the white rabbit ! » (on peut aussi penser à la célèbre chanson psychédélique White rabbit de Jefferson Airplane). La Matrice évoquait par ailleurs, vaguement, les théories du philosophe français Jean Baudrillard (1929-2007) sur notre perception de la réalité.

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Signalons d’autte part, sans que cela ait de rapport direct avec le film, que les frères Wachowski (Larry et Andy), qui ont réalisé Matrix, sont devenus les sœurs Wachowski, Larry étant devenu Lana en 2010 et Andy étant devenu Lilly en 2016, ce qui constitue un exemple célèbre et rare de changement de sexe à l’échelle d’une fratrie et peut donc s’avérer utile pour le thème du corps aussi bien que pour l’extraordinaire, de même que le film Matrix lui-même.

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L’ordinaire et l’extraordinaire à Tokyo

Samedi 22 juillet 2017

Plusieurs films se déroulant à Tokyo confrontent leurs personnages à des formes de basculement de l’ordinaire vers l’extraordinaire. On peut tout d’abord citer Blade Runner, un film de Ridley Scott de 1982 censé se passer à Los Angeles en 2019 mais manifestement inspiré des grandes métropoles asiatiques et notamment de Tokyo : Harrison Ford y incarne un personnage un peu blasé, mais le spectateur de l’époque ne pouvait manquer d’être impressionné par l’hyper-modernité de la ville extrapolée par les décorateurs du film à partir de la capitale japonaise. Quelques années plus tard sortait Black Rain (1988), polar du même Ridley Scott se déroulant au Japon et confrontant des inspecteurs américains à des Japonais presque tous fourbes et liés aux yakuzas. Dans Lost in translation (2003), de Sofia Coppola, Scarlett Johansson et Bill Murray se retrouvent coincés au Japon (à Kyoto ou Osaka), complètement démunis face à des Japonais dont ils ne comprennent pas du tout la culture. Dans le film français Tokyo fiancée (2014), c’est une jeune française, pourtant admirative du Japon, qui a bien des soucis pour comprendre son fiancé japonais. Enfin, dans Les Délices de Tokyo (2015), on n’est pas confronté au choc des cultures entre des Occidentaux et des Japonais, il y est tout simplement question du phénoménal succès de petits beignets aux haricots rouges sucrés, beignets préparés selon une recette ancestrale par une vieille dame qui bouleverse la vie du tenancier d’un petit fast-food et celle de tout un quartier.

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« Le Caire confidentiel »

Samedi 22 juillet 2017

On peut voir en ce moment au cinéma un très bon polar égyptien intitulé Le Caire confidentiel. Le personnage principal est l’inspecteur Nourredine, quarantenaire désabusé qui s’abrutit à la fin de chaque journée devant sa télé, en buvant des bières et en fumant des joints. Pistonné par son oncle qui est à la tête du commissariat, il a surtout pour tâche d’encaisser les pots-de-vin que les marchands du Caire doivent verser à la police. Aussi, quand il se retrouve chargé d’enquêter sur le meurtre d’une superbe chanteuse, Nourredine lui-même semble peut convaincu de ses chances de réussir à trouver le coupable. Et pourtant il s’acharne, en venant même à se poser des questions sur les méfaits de la corruption généralisée à laquelle il participe quotidiennement. Mais rapidement, à ce premier événement extraordinaire dans sa carrière et dans sa vie que constitue cette enquête s’en ajoute un autre : en effet, on est en 2011 et l’Égypte de Moubarak est en pleine ébullition sociopolitique… L’ensemble se laisse très bien regarder et on en apprend beaucoup sur Le Caire (même si le film a été tourné à Casablanca en raison de la censure).

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« Voyages extraordinaires »

Samedi 22 juillet 2017

Courrier international est un magazine qui traduit en français des articles tirés de la presse du monde entier. Son hors-série d’été encore disponible en kiosque peut s’avérer très utile pour le BTS puisqu’il est consacré aux « Voyages extraordinaires ». On y trouve vingt récits abondamment illustrés et enrichis de cartes. Les thèmes sont très variés : on suit par exemple un aventurier russe spécialiste des expéditions polaires, on peut aussi lire un texte d’une romancière irlandaise qui vit sur les îles d’Aran, dans l’Atlantique, et on accompagne un journaliste italien qui traverse l’Atlantique sur un porte-conteneur. D’autres articles sont consacrés aux trains tanzaniens, au survol de l’Antarctique, aux taxis de Bombay, aux restaurants israélo-arabes au Proche-Orient, etc. Le plus intéressant dans ce recueil, c’est bien sûr la diversité des voyages proposés mais aussi l’originalité des regards portés sur ces extraordinaires voyages. L’ensemble peut donner des idées pour l’épreuve de culture générale, notamment pour l’écriture personnelle.

Courrier

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