Archive pour juin 2017

« La Moustache », « L’Adversaire », « A l’origine » : l’extraordinaire au cinéma

Vendredi 30 juin 2017

Présent dans la bibliographie du thème de l’extraordinaire pour son roman D’autres vies que la mienne, l’écrivain Emmanuel Carrère pourrait aussi y figurer pour d’autres œuvres. On lui doit en effet le film La Moustache (2005), tiré de son roman éponyme de 1986, et le scénario de L’Adversaire (2002) filmé par Nicole Garcia à partir d’un scénario qu’il a tiré de son propre livre portant le même titre paru en 2000. Le personnage principal de La Moustache, incarné par Vincent Lindon, décide du jour au lendemain de se raser la moustache, décision banale mais aux conséquences bien visibles ; et pourtant, personne dans son entourage ne remarque ce changement, ses collègues et ses proches vont même jusqu’à nier qu’il ait jamais porté une moustache, ce qui le fait naturellement douter de son propre bon sens… Dans L’Adversaire, le personnage inspiré de Jean-Claude Roman et incarné par Daniel Auteuil apparaît comme un époux, un père, un gendre et un fils idéal… tout en menant une double vie qui le plonge dans des contradictions de plus en plus difficiles à supporter.

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

On retrouve François Cluzet, qui joue dans L’Adversaire, dans un autre film évoquant une imposture. Dans A l’origine, de Xavier Giannolli (2009), il incarne un professionnel du BTP chargé de grands travaux dans une région déshéritée, professionnel très efficace mais qui s’avère rapidement ne pas tout faire dans les règles et ne pas disposer de toutes les autorisations ni de tous les fonds nécessaires pour mener les travaux entrepris…

Image de prévisualisation YouTube

Le corps à la une

Vendredi 30 juin 2017

Le corps fait souvent la une de la presse. Il y a quelques années, le National Geographic consacrait un numéro au corps. On peut en ce moment trouver dans les kiosques au moins deux numéros spéciaux consacrés au corps (Les Mystères de la science et Sciences et univers).

Corps humain

Corps sciences

National Geographic

Extraordinaire faits divers : l’affaire Grégory

Vendredi 30 juin 2017

L’affaire dite « du Petit Grégory » a, selon l’expression consacrée, véritablement défrayé la chronique pendant une dizaine d’années à partir de 1984, rompant dans la vallée vosgienne de la Vologne avec un quotidien apparemment paisible. Cet extraordinaire fait divers a déclenché une course au sensationnalisme de la part des journalistes, ce qui a encore ajouté à la grande confusion régnant sur toute l’affaire. Plus de trente ans après les événements, il semblerait qu’on s’approche enfin de la vérité, grâce aux progrès des techniques d’investigation et à de nouveaux témoignages. Entre-temps, cependant, la vie paisible avait apparemment repris dans la vallée de la Vologne… L’ensemble de cette histoire dépasse ce que des scénaristes de fiction auraient pu imaginer et prouve que le banal dans ce qu’il a de plus mesquin peut conduire à l’extraordinaire dans ce qu’il a de plus négatif, c’est-à-dire un infanticide planifié, intervenant au terme d’années de menaces anonymes téléphoniques…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Gr%C3%A9gory#2002-2007_:_l.27.C3.89tat_condamn.C3.A9

« Corps »

Mardi 27 juin 2017

Numéro

Le numéro 183 de la revue de la revue mensuelle Numéro (210 p., 4,90 €), sorti au mois de mai 2017, était consacré au thème du corps. Comme il s’agit d’un magazine de mode et de design, on y trouve essentiellement de la publicité, souvent mélangée à des reportages plus ou moins convaincants. Concernant le thème qui fait la une, on peut cependant signaler quelques articles éventuellement intéressants pour le thème du corps : une interview de Laetitia Casta qu’on découvre « corps et âme », un reportage sur deux danseurs dont le corps constitue l’instrument de travail, une analyse succincte des « courbes anatomiques » du mobilier moderne, un reportage sur les œuvres de l’Italien Maurizio Cattelan et un autre sur une récente installation mettant en scène des robots par l’Américain Jordan Wolfson… Le corps apparaît donc comme un prétexte un peu léger pour faire vendre des vêtements et des accessoires de mode, mais on peut néanmoins feuilleter cette revue pour savoir comment le monde de la mode et du design appréhende le corps.

Image de prévisualisation YouTube

On peut aussi se reporter, sur le site de la revue Numéro, à une recension d’expositions sur le thème du corps à l’occasion d’un festival de photo qui s’est tenu en 2016 :

http://www.numero.com/fr/photographie/foire-paris-photo-2016-selection#_ 

Cindy Sherman et Hans Bellmer

Lundi 26 juin 2017

Âgée de 63 ans, avant tout photographe, l’artiste New Yorkaise Cindy Sherman est citée dans la bibliographie concernant le nouveau thème du BTS. Elle s’est très souvent mise en scène elle-même dans des séries de photos qui partent toujours des habitudes visuelles inconscientes des spectateurs, habitudes liées aux préjugés de classe, aux tendances machistes, au goût pour la violence ou la pornographie… Ces photos peuvent mettre mal à l’aise le public ainsi confronté à ses propres pulsions ou à ses phobies. Parmi les séries de photos qui se rattachent au thème du BTS, on peut citer la série des Untitled Film Stills où l’artiste apparaît dans des poses très stéréotypées, inspirées des classiques du cinéma hollywoodien et la faisant ressembler à une poupée aux expressions figées. Affublée de postiches ou d’accessoires, lourdement maquillée, C. Sherman s’est aussi appliquée à se transformer plus directement en poupée dans la série Broken Dolls, préfigurée par un hommage à Hans Bellmer (cf. ci-dessous).

Pour une première approche de son œuvre, on peut renvoyer à un texte publié sur le site Internet du musée du Jeu de Paume :

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=document&idArt=156&idDoc=254

Sherman

Cindy Sherman, « Untitled Film #6 », 1977, 24 x 16,5 cm, Museum of Modern art, New York.

CSXXXX_155 001

Cindy Sherman, « Untitled #155 » (hommage à Hans Bellmer), 1985.

Des dizaines d’années avant Sherman, l’artiste franco-allemand Hans Bellmer (1902-1975) avait déjà suscité la polémique en photographiant des mannequins démembrés comme s’il s’agissait de poupées obscènes ou de cadavres accidentés.

Bellmer

Hans Bellmer, « La Poupée », 1934.

Metropolis (1927)/Les Temps modernes (1936)

Lundi 26 juin 2017

Parmi les films qui peuvent s’avérer intéressants pour aborder le nouveau thème au programme de l’épreuve de BTS, on peut citer Metropolis de l’Allemand Fritz Lang (1890-1976). Ce film muet de 1927 est difficile à aborder : il est lyrique, allégorique et par ailleurs plein de longueurs (on en trouve d’ailleurs sur Internet de nombreuses versions différentes, plus ou moins longues), autant de caractéristiques qui le rapprochent d’un opéra plus que d’un blockbuster moderne. Il constitue cependant un jalon important entre les œuvres du dix-neuvième siècle (Frankenstein, les romans d’anticipation de Jules Verne, etc.) et celles du vingtième siècle : on y voit notamment un des premiers robots de l’histoire du cinéma et on y découvre d’autre part une vision cauchemardesque du corps humain réduit, par la prolétarisation, à sa seule fonction productive. Quelques années après la sortie de Metropolis, Charlie Chaplin donnera dans les Temps modernes sa propre version, beaucoup plus accessible, de la déshumanisation du travail des ouvriers dans les usines. Il illustrait ainsi la théorie d’Henri Bergson sur le comique qui ne serait rien d’autre que « du mécanique plaqué sur du vivant » (H. Bergson, Le Rire, 1900), soit la transformation, en l’occurrence, d’un corps « naturel » d’ouvrier, en corps « artificiel », corps mis au service d’une machine ou transformé lui-même en machine vivante voire happé par l’une-d’elle.

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Grand Corps malade, « Patients » (2012)

Jeudi 22 juin 2017

Le slameur Grand Corps malade a publié en 2012 Patients, récit autobiographique de son passage dans un centre de rééducation après un plongeon dans une piscine trop peu remplie. Le livre retrace précisément les étapes du lent rétablissement de Grand Corps malade après l’accident dramatique qui a failli le laisser « tétra » (pour « tétraplégique »). Agréablement dépourvu de prétention littéraire, Patients constitue un témoignage touchant qui se lit très facilement. A recommander à ceux qui souhaitent savoir comment on peut surmonter un événement extraordinairement négatif. Le livre a été adapté au cinéma en 2017.

Grand corps

Le quotidien et le corps exposés au Louvre

Dimanche 11 juin 2017

Le Louvre propose en ce moment deux expositions éventuellement intéressantes pour les deux thèmes de culture générale du BTS. L’une, visible jusqu’au 12 juin, concerne le quotidien dans les dessins hollandais du dix-septième siècle. L’autre, qu’on pourra voir jusqu’au 3 juillet, s’intéresse à la représentation du « corps en mouvement ».

http://www.louvre.fr/expositions/dessiner-le-quotidienla-hollande-au-siecle-d-or

http://www.louvre.fr/expositions/corps-en-mouvementla-danse-au-musee

Louvre corps

Le corps sous toutes les coutures à la Maison de la photo

Samedi 10 juin 2017

On peut voir jusqu’au 18 juin à la Maison européenne de la photographie, à Paris, plusieurs expositions évoquant le corps. L’Australien Shaun Gladwell s’intéresse par exemple aux corps des skateurs qu’il photographie ou filme en pleine action dans des musées d’art moderne ; Martial Cherrier compare les photos de son corps de bodybuilder aux corps de la pop culture et des classiques de l’histoire de l’art ainsi qu’au problème du dopage ; Gloria Friedman se montre « en chair et en os », toute nue et rehaussée de couleurs fluo. Quant aux deux plus grandes expositions, elles peuvent s’avérer très perturbantes : la première est consacrée à Michel Journiac (1935-1995), un des précurseurs du body art (ou « art corporel ») ayant souvent utilisé le mot « corps » pour intituler ses œuvres (Alphabet du corpsMesse pour un corpsEnquête sur un corpsContrat pour un corps, Rituel de corps interdit, Action de corps exclu…) et n’ayant pas hésité à peindre avec son propre sang ; la seconde exposition majeure est une rétrospective d’Orlan (née en 1947), artiste qui, après avoir donné des baisers à des inconnus dans le cadre d’une performance, a fait de son corps une œuvre à part entière à coups d’opérations chirurgicales (on déconseille aux âmes sensibles la vidéo de sa liposuccion…)

https://www.mep-fr.org/programmation/

Gladwell 2015

Shaun Gladwell

Cherrier

Martial Cherrier

Friedman

Gloria Friedman

Journiac

Michel Journiac

Orlan

Orlan