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Archive pour janvier 2016

Histoire du devoir de mémoire

Mercredi 27 janvier 2016

Ci-dessous, un résumé (à 10 % de sa longueur initiale) de l’article « Qui a inventé le devoir de mémoire ? » de Sébastien Ledoux (L’Histoire, n°419, janvier 2016).

On considère souvent, d’après certaines publications du milieu des années 1980, que la notion de « devoir de mémoire » a été inventée par les survivants des camps de la Deuxième Guerre mondiale. Mais ceux qui ont échappé à l’extermination n’ont en réalité pas été les premiers à utiliser l’expression. Ce sont en fait des écrivains, spécialistes de littérature et psychanalystes qui y ont initialement eu recours à partir de 1972. Et s’ils ont abondamment fait appel à l’idée de devoir de mémoire pendant les années 1970, ils l’ont fait avant tout parce que la mémoire était un thème porteur à cette poque et non en référence aux années 1939-1945. Le concept de « devoir de mémoire » est resté très à la mode dans les différentes sciences humaines pendant toute la première partie des années 1980 sans jamais, cependant, devenir véritablement populaire. C’est en fait vers 1985 que l’idée de devoir appliquée à la mémoire semble s’être imposée au détriment de la notion de « souvenir ». Et c’est aussi vers cette époque que le « devoir de mémoire » a commencé à être étroitement associé au génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Dans la première moitié des années 1990, on a jugé les criminels de guerre encore vivants, commémoré les déportations, voté des lois reconnaissant officiellement le génocide des Juifs, désormais appelé de plus en plus souvent « Shoah ». Cinquante après les faits, le « devoir de mémoire » devenait ainsi un véritable sujet de société. La deuxième partie des années 1990 a été marquée par la poursuite des procès contre les organisateurs des déportations et elle a vu la France reconnaître officiellement sa responsabilité dans ce domaine, ce qui s’est traduit par l’indemnisation des victimes mais aussi par le développement d’activités pédagogiques concernant le « devoir de mémoire ». Vers la fin de la décennie, la notion a été appliquée à d’autres périodes historiques, très récentes ou, au contraire, beaucoup plus anciennes que la Deuxième Guerre mondiale. Des groupes de pression ont revendiqué que la mémoire de certaines communautés soit reconnue au même titre que celle des Juifs victimes du génocide. Ces initiatives ont suscité le scepticisme des historiens : la plupart d’entre eux pensent que le « devoir de mémoire » est une notion ambiguë pouvant déboucher sur des manipulations de l’histoire. Et, à partir de 2005, des hommes politiques ont en effet donné l’impression de vouloir détourner à leur profit certaines activités pédagogiques liées aux questions mémorielles relatives à la Deuxième Guerre mondiale. Depuis son invention au début des années 1970, le « devoir de mémoire » a donc beaucoup évolué et s’est largement diffusé, mais il est loin de faire consensus puisque on l’accuse de favoriser le communautarisme mémoriel, suscitant la division plutôt que l’unité.

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Mécanismes de la mémorisation

Mardi 26 janvier 2016

Une brève de Sciences humaines de février 2016 évoque une étude canadienne qui s’est récemment penchée sur les mécanismes de la mémorisation volontaire, lorsqu’on apprend par exemple une leçon :

http://www.scienceshumaines.com/memoriser-a-deux-c-est-mieux_fr_35671.html

Pédagogie des mémoires ?

Lundi 25 janvier 2016

Rue des écoles s’est récemment intéressée à la pédagogie de la mémoire. L’émission s’avère peu convaincante : elle esquive complètement le problème central de la mémoire dans les cours d’histoire pour se concentrer sur les démarches mémorielles relevant d’autres matières, démarches sur lesquelles aucun regard critique n’est véritablement porté. Pas plus que sur la politique mémorielle de la mairie de Paris dont une des représentantes était invitée : le renforcement du communautarisme, le déclenchement de rivalités mémorielles, voire un certain électoralisme ne sont pas vraiment évoqués. L’ensemble témoigne de la grande difficulté de porter sur ces questions un regard vraiment serein, laissant penser que la seule pédagogie des mémoires consisterait à multiplier les hommages compassionnels…

http://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/quelle-pedagogie-des-memoires

Ces robots qui nous envahissent

Lundi 25 janvier 2016

Faudra t-il un jour accorder des droits aux robots comme il en est question dans le film Blade Runner ou la série Real Humans ? C’est ce que s’est récemment demandé l’émission de France Culture Du Grain à moudre écoutable ci-dessous :

http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/faut-il-ecrire-la-declaration-des-droits-et-des-devoirs-des-robots

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Les objets au musée des Confluences de Lyon

Lundi 25 janvier 2016

Récemment ouvert à Lyon, le musée des Confluences est riche de collections extrêmement variées qui peuvent s’avérer très intéressantes en vue de la préparation de l’épreuve de culture générale du BTS. En outre, l’institution organise des expositions temporaires de grande qualité qui peuvent être utiles dans la mesure où elles accordent un grand rôle à des objets toujours soigneusement mis en scène, de manière très pédagogique.

On pouvait ainsi voir jusqu’au 24 janvier 2016 une vaste exposition consacrée à L’Art et la machine qui s’intéressait au regard porté par les artistes sur l’industrie, du dix-huitième siècle à notre époque. Une partie des documents accompagnant l’exposition est toujours consultable sur le site du musée.

http://www.museedesconfluences.fr/fr/evenements/l%E2%80%99art-et-la-machine

http://www.museedesconfluences.fr/fr/ressources/la-ds-de-roland-barthes?destination=explorer%3Ff%5B0%5D%3Dim_field_filtres_decouvertes%253A3654

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On peut voir, jusqu’au 10 avril 2016 la très belle exposition inaugurale consacrée aux cabinets de curiosités intitulée La Chambre des merveilles. Il est possible d’y admirer les collections d’humanistes épris de connaissances, collections dans lesquelles voisinent les momies de chat égyptiennes et les monstruosités naturelles, les merveilles géologiques et les animaux empaillés les plus rares, les moutons à cinq pattes et les cornes de « licornes »…

http://www.museedesconfluences.fr/fr/evenements/dans-la-chambre-des-merveilles

On peut enfin visiter, jusqu’au 17 avril, une exposition a priori plus austère mais elle aussi très intéressante, consacrée aux objets en pierre, en cuivre et en or, envisagés comme des signes extérieurs de richesses à l’époque néolithique, quelques milliers d’années avant notre ère. Une époque où les déplacements étaient difficiles mais où on n’hésitait pas à faire transiter des objets sur de très longues distances pour bénéficier du prestige qui s’attachait à leur possession.

http://www.museedesconfluences.fr/fr/explorer/%2522signe%2520de%2520richesse%2522

Objets de confort

Lundi 25 janvier 2016

On peut visiter jusqu’au 17 avril 2016 aux Galeries Poirel de Nancy une très intéressante exposition intitulée Zone de confort. On peut y voir des centaines quelques dizaines d’objets très bien présentés après avoir été soigneusement sélectionnés parmi les collections du Centre national des arts plastiques. Il s’agit essentiellement mais pas uniquement de pièces de mobilier, qui ne semblent pas toutes vraiment confortables, mais qui sont toutes intéressantes, pour leur forme, leur matériau, leur usage, c’est-à-dire leur design. L’ensemble est accompagné d’une documentation abondante et gratuite sur les objets exposés.

A lire en cliquant sur le lien ci-dessous, un compte-rendu détaillé et enthousiaste de l’exposition, sur le site de Télérama :

http://www.telerama.fr/scenes/l-expo-zones-de-confort-a-nancy-pourquoi-le-design-n-est-pas-toujours-confortable,135482.php

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Objet de scandale

Lundi 25 janvier 2016

L’artiste luxembourgeoise Deborah De Robertis a récemment causé un petit scandale en posant nue devant le tableau de Manet Olympia, deux ans après avoir déjà été accusée d’exhibitionnisme par le musée d’Orsay pour s’être montrée impudique sous L’Origine du monde de Gustave Courbet… Quand les performances d’artistes contemporains critiquent le statut d’objet sexuel des femmes dans les des œuvres d’art :

http://www.exponaute.com/magazine/2016/01/18/renverser-le-point-de-vue-du-modele-nu-lartiste-qui-sest-deshabillee-au-musee-dorsay-explique-son-geste/ 

« L’objet ne compte pas »

Lundi 25 janvier 2016

Pour commémorer à sa manière l’anniversaire de la mort de son ami Alberto Giacometti, le sculpteur français Gérard Gartner a récemment détruit l’ensemble de son œuvre, soit environ 200 sculptures, œuvre qu’il avait toujours refusé de vendre sur le marché de l’art. Un reportage à lire sur le site spécialisé dans l’art Exponaute.

http://www.exponaute.com/magazine/2016/01/19/51473/