Archive pour août 2015

La mémoire et le souvenir au cinéma

Vendredi 28 août 2015

Deux films visibles en ce moment sur les écrans de cinéma évoquent le souvenir et la mémoire. Il s’agit d’une part de Floride qui traite de l’Alzheimer d’un personnage incarné par Jean Rochefort, d’autre part d’Amnesia, film dont le personnage principal a rompu avec ses origines germaniques par rejet du passé nazi de l’Allemagne. Amnesia est lourdement plombé par un scénario incroyablement manichéen que les acteurs peinent beaucoup à incarner et Floride ne semble pas promis à un grand succès d’après les critiques. On peut préférer à ces deux films deux autres sortis l’année dernière sur des sujets comparables : Still Alice sur l’Alzheimer et le très bon Labyrinthe du silence bien plus divertissant et probablement beaucoup plus juste qu’Amnesia sur les zones d’ombres mémorielles de l’histoire allemande. On peut aussi retenir que la mémoire et le souvenir n’en finissent pas d’inspirer les cinéastes.

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Philip K. Dick, « Souvenir », Folio SF, 2003, 300 p.

Vendredi 21 août 2015

Philip K. Dick (1928-1982) est considéré comme l’un des plus grands écrivains de science-fiction américains. Ses livres ont inspiré de très nombreux films (Blade Runner, Total RecallMinority Report, etc.). Souvenir est un recueil de nouvelles publiées dans les années 1950. Le texte éponyme est intitulé Souvenir en anglais aussi bien que dans la traduction. Il y est question d’un homme revenant d’une expédition intergalactique avec des objets rappelant étrangement des civilisations archaïques… Cette nouvelle peut servir aussi bien pour le thème « Je me souviens… » que pour les objets. L’ensemble des nouvelles du recueil est très facile à lire tout faisant réfléchir à la place des machines dans nos vies… Idéal pour des élèves qui ont peu l’habitude de lire et qui voudraient se replonger agréablement dans le travail à l’approche de la rentrée.

Extrait : « La machine est la version développée de l’outil, poursuivit Rogers. La hache est une machine simple. Le bâton devient outil, machine sommaire, entre les mains de l’homme qui cherche à atteindre quelque chose. Les machines ne sont rien d’autre que des outils multi-éléments qui accroissent le taux de rendement. L’homme est un animal fabricant d’outils. L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire des outils devenant machines, de plus en plus volumineuses et efficaces. Si on rejette la mécanique, on rejette en même temps une des caractéristiques essentielles de l’humanité » (p. 119-120).

Philip K. Dick,

Tzvetan Todorov, « Les Abus de la mémoire », Arléa, 62 p., 3 €.

Mercredi 19 août 2015

Tzvetan Todorov est un sociologue français né en 1939. Il a participé, en 1992, à un colloque sur « Histoire et mémoire des crimes de guerre nazis ». L’exposé qu’il a présenté lors de ce colloque a été publié en 2004 par les éditions Arléa et fait partie de la bibliographie officielle du thème « Je me souviens ». Il s’agit donc d’un texte assez bref, d’une cinquantaine de pages qui se lisent en une heure environ. L’ensemble est cependant très dense et risque de s’avérer difficile à aborder pour ceux qui ne disposeraient pas de solides connaissances sur l’histoire du vingtième siècle voire sur les lois dites « mémorielles » qui condamnent, en France, la négation de certains génocides et crimes de guerre. Todorov essaye justement, dans son texte, de catégoriser la mémoire des événements historiques, selon ce que l’on en fait. Il explique que la mémoire est un enjeu crucial dans les régimes totalitaires où la réécriture de l’histoire permet de mieux contrôler la population (on pense au texte d’Orwell dans 1984 : « Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé »). Mais il considère que les enjeux mémoriaux ne sont pas moins importants dans les démocraties modernes. D’après lui, il existe une « mémoire littérale » et une « mémoire exemplaire » des épisodes traumatiques de l’histoire. La « mémoire exemplaire » essaye de généraliser, de passer du particulier à l’universel, de tirer en quelque sorte les leçons de l’histoire pour le présent, en comparant les contextes et en essayant de voir ce qui diffère et ce qu’il peut y avoir d’identique. La « mémoire littérale » conduit plutôt à une forme de commémoration permanente des événements passés pour eux-mêmes ; commémoration qui n’est illégitime selon Todorov, mais qui peut conduire à une forme de ressassement complètement stérile pour le présent.

Un extrait : « On entend souvent aujourd’hui une critique des démocraties libérales de l’Europe occidentale ou de l’Amérique du Nord, qui leur reproche de contribuer à leur tour au dépérissement de la mémoire, au règne de l’oubli. Précipités dans une consommation de plus en plus rapide d’informations, nous serions voués à leur élimination tout aussi accélérée ; coupés de nos traditions et abrutis par les exigences d’une société des loisirs, dépourvus de curiosité spirituelle comme de familiarité avec les grandes œuvres du passé, nous serions condamnés à célébrer allègrement l’oubli et à nous contenter des vaines jouissances de l’instant. La mémoire serait menacée ici, non plus par l’effacement des informations, mais par leur surabondance. Ainsi, de manière moins brutale mais finalement plus efficace, car ne suscitant pas notre résistance, faisant de nous au contraire les agents consentants de cette marche vers l’oubli, les Etats démocratiques conduiraient leur population au même but que les régimes totalitaires, c’est-à-dire au règne de la barbarie » (p. 13).

Tzvetan Todorov,

Inventions et design

Mardi 18 août 2015

On peut voir au musée des Arts et métiers, jusqu’au 6 mars 2016, une exposition intitulée Invention/Design. Regards croisés. Un peu moins copieuse que les grandes expositions rétrospectives habituellement organisées par le musée des Arts et métiers, cette exposition peut cependant s’avérer intéressante pour les élèves de BTS : on y découvre de nombreux objets récents ou plus anciens, des bidons d’eau faciles à faire rouler pour les pays en voie de développement, des lits en carton pour les zones frappées par les catastrophes naturelles, des collections d’ampoules, de manomètres, de cocottes minute, de machines à écrire et d’ordinateurs, des imprimantes et même des stylo 3D, etc. L’ensemble est naturellement orienté vers la dimension scientifique des innovations, ce qui complète très bien l’approche esthétique de l’exposition récemment consacrée au design par la Gaieté lyrique.

http://www.arts-et-metiers.net/invention-design

http://bestreviews.com/best-desktop-computers#transformation-of-the-desktop

http://www.arts-et-metiers.net/sites/arts-et-metiers.net/files/asset/document/2015_-_design_biblio.pdf

Inventions et design dans Ancien thème (2015-2016) :