L’autoréification selon Günther Anders

Günther Anders est un philosophe allemand né en 1902 et mort en 1992. Dans L’Obsolescence de l’homme (deux tomes, 1956 et 1980), il évoque le totalitarisme technologique de la société industrielle. Par peur de la mort et par dégoût des tâches répétitives et dégradantes qu’on leur fait exécuter, les travailleurs de l’ère industrielle pratiqueraient, selon Anders, l’autoréificaion, c’est-à-dire qu’ils en viendraient à se considérer eux-mêmes comme de simples choses. Les théories d’Anders sont souvent contestables, par exemple quand il réduit le jazz ou la télévision à un moyen d’abrutissement des foules ; elles sont parfois exaspérantes, notamment quand elles sombrent dans un catastrophisme écologique apocalyptique. Mais Anders s’avère souvent pertinent quand il pointe la place déterminante des objets dans notre vie et dans notre imaginaire. C’est ce qu’on peut découvrir dans deux conférences sur Anders prononcées l’année dernière par le philosophe Michel Onfray (c’est surtout la première qui fait référence aux objets).

 Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Ceux qui n’ont pas le courage de se confronter à la pensée assez austère d’Anders peuvent voir ou revoir Les Temps modernes de Chaplin (1936) qui critique aussi efficacement, et avec beaucoup plus d’humour, les travers du fordisme :

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire