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Archive pour novembre 2014

Marxisme et capitalisme

Samedi 29 novembre 2014

A voir, pour ceux qui l’auraient ratée lors de sa récente diffusion sur Arte, la série en six épisodes intitulée Capitalisme, à commencer, ci-dessous, par le premier épisode :

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A lire par ailleurs, une biographie en bande dessinée de Karl Marx (2013), à la fois informative et pleine d’humour, par deux auteurs qui s’étaient déjà récemment penchées sur la biographie de Freud (ce qui pouvait être intéressant pour le thème du rêve) :

Marxisme et capitalisme  dans Ancien thème (2015-2016) :

« Vendredi noir » : quand les objets rendent fou..

Vendredi 28 novembre 2014

Son nom sonne comme celui d’une organisation terroriste, mais le vendredi noir, black friday en version originale, est une fête commerciale américaine, théoriquement inoffensive, qui se déroule traditionnellement peu après Thanks giving. Récemment importée en Grande-Bretagne et en cours d’implantation en France, cette fête consiste, pour les commerçants, à attirer de nombreux clients en pratiquant des soldes très importants. Les acheteurs potentiels sont prêts à faire la queue pendant des heures devant les portes des magasins pour être les premiers à atteindre les pyramides de produits soldés. Mais, la demande étant souvent très supérieure à l’offre, les clients en viennent parfois aux mains comme le prouve la vidéo ci-dessous :

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Les Mayas au musée du Quai Branly

Dimanche 23 novembre 2014

Le musée du Quai Branly présente jusqu’au 8 février 2015 une exposition sur la civilisation maya, brillante mais assez sanglante et toujours mystérieuse. On peut voir, dans cette exposition très complète, de nombreuses terres cuite et des objets en pierre, mais aussi des colliers de jade et de fascinants masques en mosaïques de jade. Une bonne occasion de visiter le musée du Quai Branly dont le catalogue en ligne est mentionné par le programme officiel du BTS concernant le thème des objets.

http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/mayas.html

Les Mayas au musée du Quai Branly dans Ancien thème (2015-2016) :

 dans Expositions

Objets cultes aux enchères

Dimanche 16 novembre 2014

Le 16 novembre 2014, lors d’une vente aux enchères de mille objets napoléoniens qui s’est déroulée à Fontainebleau, un des chapeaux de l’empereur a été acquis par un enchérisseur coréen pour 1,8 millions d’euros :

Objets cultes aux enchères  dans Ancien thème (2015-2016) :

Quelques jours plus tôt, le 5 novembre, une montre Patek Philippe des années 1930 a été achetée lors d’une vente aux enchères à Genève pour plus de 21 millions de dollars :  

 dans Ancien thème (2015-2016) :

Dans le premier cas, c’est le véritable culte développé autour de la figure historique de Napoléon qui peut expliquer le prix payé par l’acheteur ; dans le second, c’est la rareté d’un objet précieux d’une marque de luxe. Mais dans les deux cas, c’est bien à des objets cultes qu’on a affaire.

La légende du cristal de Baccarat

Mardi 11 novembre 2014

Jusqu’au 4 janvier 2015, le musée du Petit Palais présente une exposition évoquant deux cents ans de production d’objets en cristal de Baccarat. On peut y voir d’énormes lustres, des vases, des flacons de parfum, de la vaisselle de luxe… Il s’agit presque uniquement d’objets uniques, le cristal étant parfois moulé mais presque toujours retouché ou peint. On comprend mieux, à l’issue de l’exposition, la fascination qu’exerce encore de nos jours le cristal de Baccarat, y compris sur des designers contemporains comme Philippe Stark. L’ensemble peut donc s’avérer utile pour aborder le deuxième thème au programme du BTS.

http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/baccarat-la-legende-du-cristal

La légende du cristal de Baccarat dans Ancien thème (2015-2016) :

L’autoréification selon Günther Anders

Lundi 10 novembre 2014

Günther Anders est un philosophe allemand né en 1902 et mort en 1992. Dans L’Obsolescence de l’homme (deux tomes, 1956 et 1980), il évoque le totalitarisme technologique de la société industrielle. Par peur de la mort et par dégoût des tâches répétitives et dégradantes qu’on leur fait exécuter, les travailleurs de l’ère industrielle pratiqueraient, selon Anders, l’autoréificaion, c’est-à-dire qu’ils en viendraient à se considérer eux-mêmes comme de simples choses. Les théories d’Anders sont souvent contestables, par exemple quand il réduit le jazz ou la télévision à un moyen d’abrutissement des foules ; elles sont parfois exaspérantes, notamment quand elles sombrent dans un catastrophisme écologique apocalyptique. Mais Anders s’avère souvent pertinent quand il pointe la place déterminante des objets dans notre vie et dans notre imaginaire. C’est ce qu’on peut découvrir dans deux conférences sur Anders prononcées l’année dernière par le philosophe Michel Onfray (c’est surtout la première qui fait référence aux objets).

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Ceux qui n’ont pas le courage de se confronter à la pensée assez austère d’Anders peuvent voir ou revoir Les Temps modernes de Chaplin (1936) qui critique aussi efficacement, et avec beaucoup plus d’humour, les travers du fordisme :

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« Samouraï »

Samedi 8 novembre 2014

Plus que quelques jours (jusqu’au 11 novembre) pour voir au château des ducs de Bretagne, à Nantes, une magnifique et très copieuse exposition sur les samouraïs. C’est toute l’histoire du Japon que l’exposition aborde à travers les samouraïs, des guerres féodales du Moyen Âge aux yakuzas et aux mangas en passant par les kamikazes. Et c’est à travers de superbes objets qu’on peut découvrir la science du combat et la morale rigoureuse des samouraïs : des armures, des arcs, des sabres en acier, mais aussi des boîtes en laque, des services à thé, etc. Le raffinement incomparable de ces objets et l’exubérance décorative de certains d’entre eux méritent incontestablement le détour.

http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/samourai-0

Une des très nombreuses armures présentées dans l’exposition.

W. Benjamin, « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », Allia, 2013 [1935], 94 p.

Jeudi 6 novembre 2014

Walter Benjamin est un philosophe allemand, né en 1892, qui s’est suicidé en France en 1940, pour échapper aux Nazis. Il s’est intéressé à l’histoire de l’art, à la littérature, etc. On lui doit une Petite histoire de la photographie (1931). Mais son texte le plus célèbre est L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935), livre qui figure dans la bibliographie du thème « Ces objets qui nous envahissent… ». W. Benjamin y étudie l’impact des nouveaux médias visuels sur les spectateurs des œuvres d’art ; il se demande notamment si la photographie et le cinéma ont modifié l’aura des œuvres.

W. Benjamin,

L’œuvre d’art… est court et très dense, probablement trop dense pour pouvoir être lu avec profit par la plupart des élèves de BTS. Les notes sont presque aussi longues que le texte proprement dit et on trouve même des notes dans les notes ce qui en dit long sur la complexité du propos du philosophe. Par ailleurs, la traduction assez lourde récemment publiée aux éditions Allia ne contribue pas vraiment à la lisibilité d’un texte qui accumule à l’excès les longues phrases savamment construites, selon une tradition propre à la philosophie allemande.

Dans l’ensemble, on ne saurait vraiment conseiller à des élèves de BTS, sauf s’ils ont suivi de nombreux cours de philosophie, la lecture d’un tel livre, certes court mais qui peut s’avérer très vite décourageant.

Citons cependant ci-dessous deux extraits à peu près abordables relatifs aux objets et, concernant l’autre thème au programme, le rêve, un passage décrivant le cinéma comme un médium onirique :

« [...] ce qui s’étiole de l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, c’est son aura. Le processus est symptomatique ; sa portée déborde la sphère de l’art. La technique de reproduction – ainsi la désigne-t-on généralement – détache l’objet reproduit du cadre de la tradition. En multipliant les reproductions, elle remplace l’autorité de sa présence unique par une existence en masse. Et en autorisant la reproduction future à entrer en contact avec le récepteur à l’endroit où il se trouve, elle actualise l’objet reproduit ». (p. 22)

L.H.O.O.Q dans Ancien thème (2015-2016) :

Marcel Duchamp (1887-1955), « LHOOQ », dessin au crayon sur une carte postale de « La Joconde », 20 x 12 cm, 1919.

« Chaque jour se fait plus irrésistiblement sentir le besoin de rendre l’objet possédable par une proximité toujours plus intime, dans une image, mieux, dans une illustration, dans sa reproduction. Et il est évident que la reproduction, telle que le journal illustré et les actualités hebdomadaires la mettent à disposition, se distingue de l’image. Unicité et durée sont dans celle-ci étroitement imbriquées, autant que la fugacité et le caractère répétitif le sont dans la reproduction ». (p. 26)

Martin-Parr-MEP-Paris dans Fiches de lecture

Martin Parr (né en 1952), « Grand Paris » [spectateurs photographiant "La Joconde"]

« C’est là qu’intervient la caméra, avec ses propres ressources, ses plongées, ses coupes et plans de détail, ses plans longs et courts, sa capacité d’agrandissement et de réduction. A travers elle, nous faisons pour la première fois l’expérience de l’inconscient optique comme, par la psychanalyse, celle de l’inconscient pulsionnel. En outre, il existe les plus étroites connexions entre ces deux formes d’inconscient. Car les nombreux aspects que les appareils d’enregistrement peuvent gagner sur la réalité ne résident, pour la plupart, qu’en dehors du spectre normal de la perception sensorielle. De nombreuses déformations et stéréotypes, de métamorphoses et catastrophes qui peuvent atteindre le monde de l’optique au cinéma, l’affectent de fait dans les psychoses, les hallucinations et les rêves. Ainsi, ces types de procédés propres à la caméra sont autant de procédures grâce auxquelles la perception collective peut s’approprier les formes perceptives singulières du psychotique ou du rêveur. Le cinéma a ouvert une brèche dans l’antique vérité d’Héraclite – selon laquelle les éveillés ont un monde commun et les dormeurs chacun le leur ». (p. 77)