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Archive pour septembre 2014

Niki de Saint-Phalle

Mardi 30 septembre 2014

Le Grand Palais présente jusqu’au 2 février 2015 une rétrospective de l’œuvre de Niki de Saint Phalle (1930-2002). L’artiste franco-américaine ayant eu un rapport très particulier aux objets aussi bien qu’aux rêves, l’exposition pourrait s’avérer intéressante pour les deux thèmes au programme du BTS. A voir ci-dessous (jusqu’au 4 octobre seulement en replay), un documentaire sur l’artiste, intitulé « Un rêve d’architecte » :

http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/niki-de-saint-phalle 

http://culturebox.francetvinfo.fr/emissions/france-5/la-galerie-france-5/exposition-niki-de-saint-phalle-189401

Rêve de maison

Samedi 27 septembre 2014

Aux Etats-Unis, la possession d’une maison individuelle est un élément constitutif du mode de vie des classes moyennes ou supérieures (cf. les Desperate Housewives habitant « Wisteria Lane »). En France aussi, la propriété privée de son habitation est un rêve largement partagé, même s’il est parfois accusé de favoriser l’extension à l’infini de banlieues pavillonnaires dites « dortoirs ». Pour preuve, l’affiche du salon Domexpo qui montre une famille ébahie par une maquette de maison, même si elle apparaît bien modeste :

Rêve de maison dans Ancien thème (2014-2015) :

« Pans de mur jaune »

Vendredi 26 septembre 2014

Dans un texte court, dense et très discutable intitulé Pans de mur jaune et publié dans L’espace du rêve, Roger Lewinter s’intéresse au rêve en peinture.

Il considère que « seule la peinture ‘réaliste’ est onirique » (p. 82) expliquant que :

« La peinture surréaliste, à notre sens, est ce qu’il y a de plus contraire au rêve : elle est une interprétation, plus exactement, le résultat d’une interprétation de rêve. Or, le rêve, par son interprétation est détruit, transposé précisément en réalité. La peinture surréaliste représente le produit du rêve terminé : ce qui se passe lorsque le sujet tente de l’expliciter, de le circonscrire en un discours conscient ; elle renvoie non pas au rêve mais à ce qui lui succède en raison : la logique » (p. 81)

Il ajoute, à propos du lien souvent fait entre les surréalistes et Jérôme Bosch :

« Toute peinture est originairement peinture de dieux, d’anges, de héros et de miracles : de scènes où le rêve est précisément signalé possible comme réel, d’où le principe de contradiction, logique, est dépassé, ignoré. Et plus la peinture parvient à accaparer dans son mode de représentation les signes extérieurs du réel, plus elle devient étrange, fascinante : opposée au réel. Ainsi la peinture de Jérôme Bosch, qui est la plus réaliste et la plus onirique de toutes les peintures » (p. 83).

Jérôme Bosch (1450-1516), « L’Enfer » (détail), triptyque du « Jardin des délices », 200 x 389 cm, 1503, musée du Prado, Madrid.

Se référant manifestement à Monet et, par Proust interposé, à Vermeer, il affirme par ailleurs : « On peut rêver sur un petit pan de mur jaune mais non sur des nymphéas, déjà rêvés » (p. 83). Il considère, en effet, que le souhait, de la part de certains artistes, d’analyser scientifiquement et de donner à voir les mécanismes de la perception (on peut penser à la perspective ou aux techniques de représentation des impressionnistes) détruit la capacité de croire en la réalité de ce qui est représenté et donc en la capacité de rêver.

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Johannes Vermeer (1632-1675), « Vue de Delft », 99 x 118 cm, 1659-1660, Mauritshuis, La Haye.

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Claude Monet (1840-926), « Nymphéas », 219 x 602 cm, 1920-1926, musée de l’Orangerie, Paris.

On n’est pas forcé de partager l’opinion de l’auteur, tant il semble s’en tenir à des généralités concernant la peinture surréaliste, mais certaines des idées avancées dans son texte sur les rapports entre rêve et peinture paraissent néanmoins pertinentes.

« Le rêve dans le surréalisme »

Vendredi 26 septembre 2014

Sarane Alexandrian a consacré, dans L’Espace du rêve, un texte au rêve dans le surréalisme d’un intérêt très inégal. La première partie du texte se penche sur la place du rêve dans les écrits des surréalistes, notamment ceux d’André Breton (p. 39-64). La deuxième partie tente d’appliquer la démarche psychanalytique à l’étude de trois rêves publiés par Breton dans un numéro de La Révolution surréaliste de 1924 (p. 64-80) ; on constate, en lisant cette deuxième partie, que les analogies utilisées par l’auteur pour décrypter les rêves de Breton paraissent très approximatives, voire abracadabrantes, ce qui prouve qu’on n’avait pas encore renoncé, au début des années 1970, à attribuer une valeur scientifique aux théories fantaisistes de Freud sur l’interprétation des rêves.

andre breton dans son atelier

André Breton chez lui.

 

« Fish with broken dreams » (1999)

Jeudi 25 septembre 2014

René Magritte (1898-1967), « L’Invention collective », 116 x 73 cm, 1935.

Un poisson aux rêves brisés… : traduction du titre anglais d’une chanson de l’Américain John Maus. Pas directement utile pour le BTS, mais une nouvelle preuve que le rêve, même brisé, demeure une source d’inspiration pour les artistes :

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« Le rêve de la dormeuse »

Jeudi 25 septembre 2014

Dans sa contribution au recueil L’Espace du rêve (p.11-37), le spécialiste du dix-huitième siècle Jean Starobinski se penche sur Le Cauchemar de Füssli. Il met l’œuvre en relation avec la peinture de l’époque aussi bien qu’avec certaines théories psychanalytiques.

Johann Heinrich Füssli (1741-1825), « Le Cauchemar », 77 x 64 cm, 1791, musée Goethe de Francfort.

En vue du BTS, le passage le plus intéressant du texte concerne la distinction que J. Starobinski opère entre les artistes recourant essentiellement à la couleur et ceux qui font surtout appel au dessin.

D’après l’auteur, les œuvres des peintres coloristes ne cherchent pas à susciter, chez la personne qui les regarde, le souvenir d’un rêve, mais elles peuvent inciter à rêver :

« Les hauts faits de la couleur, s’ils sont prédominants, sollicitent un éveil sensible : pour les goûter, il faut s’ouvrir sur le dehors, fixer une vibration extérieure à nous, percevoir une qualité du monde phénoménal. Lorsque agit le ‘charme’, la ‘magie’ de la couleur, ce n’est pas l’état de rêve que nous sommes portés à reconnaître immédiatement dans le tableau. Il ne porte pas la trace d’un rêve, mais il nous fait rêver, nous entrons en rêverie : la couleur nous attire en elle. Que cette rêverie, d’abord dominée par l’activité perceptive, se prolonge par un lever de fantasmes, rien ne l’empêche. Un onirisme s’élève, de nature projective, où le spectateur produit son ‘univers’ propre. Le rêve alors, induit par la couleur, fait suite au tableau : il se développe après la rencontre, après la rêverie initiale, dans la dimension du futur. Le tableau est le lieu de passage d’un rêve prospectif, au gré du spectateur » (p. 27)

Parmi les coloristes, Starobinski cite notamment Monet, Matisse et Bonnard ainsi que Rothko.

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Claude Monet (1840-1926), « Bain à la Grenouillère », 73 x 98 cm, 1869, Metropolitan Museum, New York.

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Henri Matisse (1869-1954), « Les Poissons rouges », 146 x 97 cm, 1911, musée Pouchkine, Moscou.

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Pierre Bonnard (1867-1947), « Salle à manger à la campagne », 164 x 205 cm, 1913, Institute of arts, Minneapolis.

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Mark Rothko (1903-1970), « N°61 Rust and Blue », 115 x 92 cm, 1951, musée d’art contemporain de Los Angeles.

Il existe par ailleurs, selon Starobinski, des adeptes du dessin parmi lesquels il cite Raphaël, Michel-Ange, Poussin, Flaxman et les peintres surréalistes.

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Raphaël (1483-1520), « Portrait de Baldassare Castiglione », 82 x 67 cm, 1515, musée du Louvre.

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Michel-Ange (1475-1564), « La Création d’Adam », 280 x 570 cm, 1508-1512, chapelle sixtine, Rome.

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Nicolas Poussin (1594-1665), « La Fuite en Égypte », 97 x 133 cm, 1657, musée des Beaux-arts de Lyon.

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René Magritte (1898-1967), « Les Amants », 54 x 73 cm, 1928, musée d’art moderne, New York.

Après avoir évoqué les coloristes, Starobinski explique la place que peut jouer le rêve chez ces dessinateurs :

« Mais il y a des œuvres où nous croyons que le rêve s’est déposé : il nous semble le reconnaître. Ces œuvres ont le rêve derrière elles : elles en sont le récit pictural. Disons plus : elles nous paraissent en être l’imitation fidèle, comme d’autres images imitent fidèlement les apparences du monde réel. Il est rare que ces images ne confèrent pas à l’espace, aux figures, aux distances, une détermination à la fois précise et incomplète, en rapport oblique et déformé avec l’expérience diurne. les éléments du dessin (contour, parfois perspective) jouent un rôle capital pour susciter la réminiscence inséparable de toute ‘imitation’ : il y a surenchère lorsqu’il s’agit de la réminiscence (ou de la fausse reconnaissance) qui nous fait éprouver le déjà rêvé le déjà vu onirique. Des objets, des figures, des lieux sont représentés, dans le système de relations ‘insolites’ dont nous semble faite l’étoffe de nos rêves » (p. 27-28).

Starobinski évoque aussi une catégorie intermédiaire, celle des coloristes qui « donnent une importance considérable au sujet, au tracé de l’événement », et qui sont donc susceptibles de nous faire nous souvenir de l’ambiance de nos rêves passés. Parmi ces coloristes oniriques, il classe Watteau, Turner, Redon et Gustave Moreau.

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Antoine Watteau (1684-1721), « Les deux cousines », 30 x 36 cm, 1716, musée du Louvre.

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William Turner (1775-1851), « Tempête de neige en mer », 91 x 122 cm, 1842, Tate Britain, Londres.

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Odilon Redon (1840-1916), « Portrait de Violette Heymann », 72 x 93 cm, 1910, musée d’art, Cleveland.

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Gustave Moreau (1826-1898), « Hésiode et la muse », 59 x 35 cm, 1891, musée d’Orsay.

Sans être toujours convaincu par la distinction entre coloristes et dessinateurs, et encore moins par la correspondance entre un penchant pour la couleur ou le dessin et une conception du rêve, on ne peut que reconnaître avec Starobinski que certains tableaux nous poussent à nous livrer à la rêverie alors que d’autres nous replongent plutôt dans des images de rêves qu’on a déjà faits…

« Romantic dreams » et « Rivière »

Mercredi 24 septembre 2014

Un des titres les plus récents du groupe américain Deftones s’intitule Romantic dreams (2013). A priori impossible à placer dans une écriture personnelle, sauf si on parvient à évoquer le plaisir de sillonner un centre-ville en skate board la nuit…

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En lien plus direct avec le rêve, malgré son titre, une autre vidéo du même groupe, Rivière (2006) :

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« Le goût du rêve » (2010)

Mercredi 24 septembre 2014

Les éditions du Mercure de France ont publié en 2010 une anthologie de textes intitulée Le goût du rêve (116 p.). De nombreux textes de ce volume ont été repris par la suite dans les anthologies sur le thème au programme du BTS publiées par les éditions Hatier, Flammarion et Magnard. On peut cependant signaler, parmi ceux qui n’ont pas ou pas souvent été repris, un texte cauchemardesque de Lautréamont extrait des Chants de Maldoror, un récit de rêve par Marguerite Yourcenar, un éloge du rêve surréaliste par Aragon, un extrait de l’Athalie de Racine, une scène onirique tirée de Nadja de Breton…

http://www.mercuredefrance.fr/livre-Le_go%C3%BBt_du_r%C3%AAve-66-1-1-0-1.html

« Hot dreams »

Lundi 22 septembre 2014

Ci-dessous, la vidéo du morceau Hot dreams du groupe canadien Timber Timbre. Vidéo ambiguë et suffisamment « hot » pour avoir suscité la censure de Google/Youtube :

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« Rêves d’amour » de Liszt

Dimanche 21 septembre 2014

En 1850, le pianiste et compositeur austro-hongrois Franz Liszt (1811-1886) publiait Liebesträume (Rêves d’amour), dont le troième morceau est devenu un grand classique, qu’on peut éventuellement citer dans l’écriture personnelle du BTS car il figure dans la bibliographie officielle de l’épreuve :

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