Philippe Delerm, « Quelque chose en lui de Bartleby », Paris, Folio, 2009, 162 p.

L’auteur 

Né en 1950, Philippe Delerm est notamment connu pour La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997). Son recueil intitulé La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives (2007) est au programme du thème « Le sport, miroir de la société ? » (http://btscfmbtp.unblog.fr/2011/07/22/philippe-delerm-la-tranchee-darenberg-et-autres-voluptes-sportives-paris-folio-2007-140-p/).

 

L’œuvre 

Quelque chose en lui de Bartleby raconte l’histoire d’Arnold Spitzweg. Arnold est un Alsacien d’origine, installé à Paris, où il travaille à la Poste. Arnold est très inspiré par Bartleby, le héros d’une nouvelle éponyme d’Hermann Melville de 1853, personnage qui est plutôt un antihéros puisque son mot d’ordre est « je préférerais ne pas ». Comme Bartleby, Arnold s’implique peu dans sa propre vie. Célibataire, apparemment indifférent à son métier, il aime cependant écrire. C’est ce qui le conduit à fonder, sous le titre « antiaction », un blog littéraire dans lequel il prône un art de vivre en appréciant lentement les petits plaisirs de la vie ordinaire. Le succès de ce blog oblige Arnold à modifier ses petites habitudes…

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le personnage principal de Philippe Delerm est délibérément banal, jusque dans son engouement pour les nouvelles technologies. Le livre est bref et se lit rapidement, d’autant plus que les remarques de l’auteur sur notre mode de vie contemporain sont le plus souvent pertinentes. Le blog ne joue cependant qu’un rôle secondaire dans ce livre et ne fait pas l’objet d’une analyse aussi poussée que dans le court roman de Didier Daeninckx Camarades de classe (http://btscfmbtp.unblog.fr/2012/06/20/didier-daeninckx-camarades-de-classe-paris-gallimard-2008/). L’ensemble est écrit dans une langue très abordable, mais les références culturelles sont celles d’un quinquagénaire plutôt que de quelqu’un en âge de passer le BTS.

 

Un extrait :

 » ‘Envoyez-moi donc un e-mail, Spitzweg !’ fut durant de longs mois une des flèches préférées de Dumontier, voire du receveur Lachaume. Dans le contexte d’un bureau de La Poste, on imagine quelles discussions purent ainsi être engendrées. En défendant ce qu’il fallait bien désormais appeler le courrier papier, Arnold trouvait des accents flamboyants pour stigmatiser la déshumanisation, la disparition de la poésie dans l’échange, le triomphe du virtuel sur le tactile. Puis il capitula. Oh, les justifications ne manquèrent pas ! On faisait maintenant des portable si discrets, si légers. Bon gré mal gré, on ne pouvait échapper à son époque. Monsieur Spitzweg se garda bien dans un premier temps d’évoquer sa seule motivation réelle. Elle portait l’étrange nom de blog. La première fois qu’il entendit ce mot, Arnold haussa les épaules. Cela sonnait comme une espèce de borborygme scandinave, moitié blizzard et moitié grog. Il eut bientôt l’occasion d’écouter des commentaires consacrés à ce nouveau mode d’expression » (p. 30-31).

 

Utilité : 10/20

Lisibilité :  10/20

 

Nicolas Padiou

 Philippe Delerm,

 

Laisser un commentaire