Rachid Boudjedra, « Le Vainqueur de coupe », Paris, Folio, 1989 [1981], 256 p.

L’auteur :

Rachid Boudjedra est un écrivain algérien, né en 1941, qui a participé à la lutte pour l’indépendance de son pays au tournant des années 1950 et 1960.

 

L’œuvre :

Le Vainqueur de coupe raconte, à la première personne, l’histoire d’un personnage surnommé « Staline », jeune Algérien impliqué, en France, dans les milieux indépendantistes. Il est chargé par l’organisation à laquelle il appartient de tuer un dignitaire algérien collaborant avec les Français. L’assassinat doit avoir lieu lors de la finale de la coupe de France de football  de 1957, au stade de Colombes. Cette finale voit le Football Club de Toulouse triompher par 6 à 3 du SCO Angers. Le déroulement du match sert de fil conducteur au récit, par « Staline », de la préparation de l’attentat. Le personnage raconte aussi le jugement et l’emprisonnement qui s’ensuivent.

 

Le rapport avec le programme de BTS :

Le Vainqueur de coupe fournit indirectement quelques informations sur le football des années 1950. On s’aperçoit ainsi que les clubs français de l’époque ont déjà recours à des joueurs étrangers (Italiens, Argentins, Finlandais et Maghrébins). On constate aussi que la tactique était, à l’époque, beaucoup moins centrée sur la défense (d’où le score de 6-3). Mais, le football ne joue qu’un rôle d’arrière-plan dans ce roman, essentiellement centré sur les dilemmes du personnage principal à propos de son engagement politique. Le style de l’auteur est original mais franchement difficile à aborder, probablement impossible, même, pour l’immense majorité des élèves de BTS. Globalement, on peut donc lire Le Vainqueur de coupe pour enrichir son vocabulaire et en apprendre un peu sur la guerre d’Algérie, mais il ne faut pas espérer en tirer grand chose en vue de l’examen de BTS. Bien qu’elle fasse partie de la bibliographie officielle du BTS, il paraît très difficile de citer cette œuvre dans l’écriture personnelle. 

 

Un extrait : 

« … Le Toulouse Football Club était maintenant déchaîné et s’en donnait à cœur joie. Jubilations des poitrines mouillées par les maillots de la gloire, raccourcis fulgurants des trajectoires banales, nouvelles balises et balayage total du terrain, coups de ciseaux, coups de têtes, passes rapides, jongleries de clowns, maestria furiosa, petits ponts et grandes ouvertures latérales, changements de balle et échanges de place, montées et descentes, mouvements incursionnés, tourbillons sur place, feintes et contre-feintes. Le public n’en pouvait plus. Toujours le même score, et les deux compères latéraux (le 7 et le 11), c’est-à-dire Brahimi et Bouchouk s’amusaient à volatiliser et à mettre en pièces les théories rigoureuses au profit d’un football instinctif où la balle vient au pied du joueur et non le contraire, comme si elle avait été aimantée. Toujours le même score ! » (p. 68)

Nicolas Padiou
 

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Nicolas Padiou
 

 

 

 

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