Victor Hugo, « L’Homme qui rit », Paris, Gallimard Folio classique, [1869] 2002, 831 p.

L’auteur

Né en 1802, mort en 1885, Victor Hugo est l’un des plus célèbres poètes et romanciers français du XIXe siècle.

 

L’oeuvre

Victor Hugo fait paraître L’Homme qui rit en 1869, alors qu’il est déjà très connu pour Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862), mais aussi pour son opposition au régime de Napoléon III (1852-1870). L’Homme qui rit est un roman historique qui se déroule en Angleterre, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Il raconte la vie tourmentée d’un jeune noble anglais (Lord Clancharlie) arraché à sa famille par des voleurs d’enfants qui  le rebaptisent Gwynplaine et le défigurent volontairement pour en faire un phénomène de foire. Devenu adulte, Gwynplaine a l’opportunité de retrouver son statut social, mais, par solidarité avec les pauvres au milieu desquels il a grandi, il préfère garder son ancien mode de vie.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Malgré son titre, L’Homme qui rit, n’apparaît pas comme une lecture indispensable pour le programme de BTS. Le livre est très imposant (710 pages sans les notes dans l’édition Folio classique). Il est intéressant mais très difficile à aborder : pour bien l’apprécier, il faudrait connaître aussi bien le contexte de l’Angleterre des années 1700 que celui de la France de la fin des années 1860 à laquelle V. Hugo fait indirectement référence. Enfin, il ne contient que quelques réflexions éparses sur le rire et non une véritable théorie du rire, comme on aurait pu l’attendre d’après le titre. Il n’est pas inutile de lire L’Homme qui rit pour enrichir sa culture générale, mais cela n’apparaît vraiment pas comme une priorité dans la perspective de l’examen du BTS : il semble, en effet, presque impossible, même pour quelqu’un qui aurait lu le livre, de le citer pertinemment dans l’écriture personnelle. Quant à la synthèse, on ne peut exclure qu’elle contienne un extrait de L’Homme qui rit, mais on peut tout à fait s’y préparer en lisant les différentes anthologies de textes concernant le programme de BTS (L’Homme qui rit apparaît par exemple dans l’anthologie Flammarion Rire : pour quoi faire ?, p. 67-69).  

 

Quelques extraits

« Il ne souriait pas, nous l’avons dit, mais il riait ; parfois, fréquemment même ; d’un rire amer. Il y a du consentement dans le sourire, tandis que le rire est souvent un refus » (p. 77). Cette description s’applique à Ursus, l’homme qui recueille Gwynplaine dans son enfance, la deuxième phrase pourrait constituer un sujet (difficile à traiter) pour l’écriture personnelle.

« C’est en riant que Gwynplaine faisait rire. Et pourtant, il ne riait pas. Sa face riait, sa pensée non. L’espèce de visage inouï que le hasard ou une industrie bizarrement spéciale lui avait façonné, riait tout seul. Gwynplaine ne s’en mêlait pas. Le dehors ne dépendait pas du dedans. Ce rire qu’il n’avait point mis sur son front, sur ses joues, sur ses sourcils, sur sa bouche, il ne pouvait l’en ôter. On lui avait à jamais appliqué le rire sur le visage. C’était un rire automatique et d’autant plus irrésistible qu’il était pétrifié. Personne ne se dérobait à ce rictus. Deux convulsions de la bouche sont communicatives, le rire et le bâillement. Par la vertu de la mystérieuse opération probablement subie par Gwynplaine enfant, toutes les parties de son visage contribuaient à ce rictus, toute sa physionomie y aboutissait, comme une roue se concentre sur le moyeu ; toutes ses émotions, quelle qu’elles fussent, augmentaient cette étrange figure de joie, disons mieux, l’aggravaient. Un étonnement qu’il aurait eu, une souffrance qu’il aurait ressentie, une colère qui lui serait survenue, une pitié qu’il aurait éprouvée, n’eussent fait qu’accroître cette hilarité des muscles ; s’il eût pleuré, il eût ri ; et, quoi que fît Gwynplaine, quoi qu’il voulût, quoi qu’il pensât, dès qu’il levait la tête, la foule, si la foule était là, avait devant les yeux cette apparition : l’éclat de rire foudroyant » (p. 351).

« De toutes les laves que jette la bouche humaine, ce cratère, la plus corrosive, c’est la joie. Faire du mal joyeusement, aucune foule ne résiste à cette contagion » (p. 702) : cette phrase conclut un épisode au cours duquel Gwynplaine s’attire les moqueries des nobles pour avoir essayé de défendre les pauvres, on peut la rapprocher d’une des problématiques évoquées par le Bulletin officiel : « Du rire collectif au rire d’exclusion ».

Lisibilité : 2/20

Utilité : 5/20

Nicolas Padiou

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