Archive pour août 2011

Le rire vu par Guillaume Gallienne

Lundi 22 août 2011

L’acteur Guillaume Gallienne a récemment consacré une émission de radio au thème du rire. On y retrouve, lu par Gallienne lui-même ou par d’autres, de nombreux textes (sketchs, pièces de théâtre, essais, etc.) portant sur le rire et figurant au programme de l’épreuve de culture générale du BTS. Gallienne sait très bien rendre l’intérêt des textes qu’il a choisis, en les récitant ou en les jouant pour les auditeurs. L’écoute de cette émission est donc très utile dans la perspective de l’examen.

http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-le-rire

« L’Homme qui rit » de Victor Hugo

Lundi 22 août 2011

Pour évoquer L’Homme qui rit,  le philosophe Raphaël Enthoven a reçu dans son émission de radio le spécialiste de Victor Hugo Jean Maurel. A défaut de lire le livre, on peut donc essayer d’écouter l’émission en question. Cependant, vu le niveau du débat, seuls ceux qui ont gardé un bon souvenir de leur étude de la philosophie au lycée ont une chance de suivre…

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-10-11-pour-victor-hugo-35-l-homme-qui-rit-rediffusi

François Bégaudeau (dir.), « La Politique par le sport », Paris, Denoël, 2009, 189 p.

Samedi 20 août 2011

Les auteurs

La Politique par le sport est un ouvrage collectif dont la publication a été dirigée par François Bégaudeau (auteur de Jouer juste). Il rassemble les contributions d’une douzaine de jeunes auteurs français.

 

Le livre

La Politique par le sport se compose d’une centaine de textes qui abordent les rapports entre la politique et le sport de manière le plus souvent ironique. Malgré ce que certains titres de chapitres pourraient laisser penser (« La géopolitique par le sport », p. 89-97), on n’a pas affaire ici à une étude systématique et théorique des liens entre le sport et la politique, il s’agit plutôt, pour les auteurs, de s’appuyer sur leurs souvenirs ou leur expérience personnelle de la pratique d’un sport pour rédiger des textes brefs et évocateurs, finalement assez proches et très complémentaires de ceux qu’on peut trouver dans le recueil de Philip Delerm publié deux ans plus tôt (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives). Sans surprise, le football se taille la part du lion, mais le rugby, le basket, le tennis, le cyclisme et même le patinage artistique sont évoqués, ainsi que des thèmes transversaux comme le dopage ou l’esprit olympique. Certains textes se référant au contexte politique des années 2007-2009 ou aux jeux olympiques de Pékin ont déjà un peu vieilli, mais d’autres sont vraiment intéressants, notamment ceux de François Bégaudeau sur le football et ceux de Thierry Saunier sur le rugby. Malgré l’abondance des références à l’histoire du sport et de la politique, l’ensemble du recueil se lit assez facilement et fournit de nombreuses pistes de réflexion par rapport aux problématiques évoquées dans le Bulletin officiel. On peut donc en recommander la lecture intégrale ou, à défaut, celle de l’introduction de F. Bégaudeau.

Un extrait :

« Le goal n’est donc pas par essence psychologiquement individualiste, mais la chorégraphie liée à sa fonction crée une sorte d’individualisme objectif, en l’assignant à un contretemps structurel. Physiquement, d’abord : entouré d’athlètes obnubilés par la récupération de leurs forces, alors que lui pourrait tranquillou jouer trois matchs de suite. Dans la hiérarchie de ses préoccupations, ensuite : premier responsable dans la zone de vérité que délimite sa surface de réparation, le goal aura tendance à évaluer un match en borgne, c’est-à-dire en ne considérant que ce qui s’est passé dans son environnement proche (comme du reste le fait un buteur, symétriquement). En pupille, notre goal s’appelait Jacques. Pas méchant, coupe au bol et capable de vous laisser finir sa canette d’Orangina. Mais alors sportivement, c’est simple, il ne pensait qu’à sa gueule. On pouvait prendre ou mettre une raclée, seule l’intéressait sa performance individuelle » (F. Bégaudeau, « Le goal est-il miné par l’individualisme bourgeois ? », p. 170-171).

 

Lisibilité : 10/20

Utilité : 12/20

 

Nicolas Padiou

 

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La coupe du monde des sans abri

Jeudi 18 août 2011

La coupe du monde de football des sans abri 2011 se déroulera à Paris, au Champ de Mars, du 22 au 28 août 2011.

Cette compétition sponsorisée par Nike est promue par Eric Cantona :  

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Rires sans tabous

Mercredi 17 août 2011

L’Echo des savanes est un mensuel de bande dessinée satirique. Son numéro d’août 2011 consacre un dossier spécial au thème suivant : « Sexe, religion, politique… Rires sans tabous ». En plus d’un éditorial revendiquant le droit de rire de tout et de n’importe quoi (à lire ci-dessous), ce dossier se compose de trente pages. On  y trouve des histoires de Vuillemin effectivement au-delà du mauvais goût, une trentaine d’histoires plus ou moins drôles (selon les goûts de chacun…), un recueil des unes les plus grinçantes d’Hara Kiri et de Charlie Hebdo, une brève interview d’André Santini sur le prix de l’humour politique et un article de Simon Léon intitulé « Humoriste, c’est un métier forcément dangereux et qui a coûté cher à quelques-uns… », article qui récapitule les déboires de Coluche, Patrick Timsit, Didier Porte, Stéphane Guillon, Bigard et Dieudonné face à la censure…

L’éditorial de Claude Maggiori : « Blaguer sans contraintes. Rire sans tabous. Un rêve, aujourd’hui où tout est surveillé, contrôlé, balisé, humoristiquement correct. Où, après la police de la pensée, on a vu se créer une gendarmerie de la rigolade. Qui guette le moindre bon mot suspect, la blague grivoise sexiste, le sketch pas vraiment moralement impeccable… La blague n’est pas une prise de position politique, pas un programme de gouvernement, ni un manifeste idéologique, juste un trait d’humour. Parfois gras, parfois gros, ou gonflé, ou énorme, salé ou salace, parfois bête et méchant, vulgaire ou de mauvaise foi… C’est d’ailleurs souvent ça qui est drôle : l’audace du trait, la surprise de la repartie. Il y a une vraie différence entre un ministre de l’Intérieur, censé être politiquement responsable et moralement exemplaire, qui fait une ‘blague sur les Auvergnats’ et un humoriste qui plaisante sur les Belges, les musulmans, les gros, ou qui en balance une bien bonne sur les mongoliens. Fichez-nous la paix et laissez-nous rire de tout ! Nous réclamons le droit à l’insolence, à la satire, à la vulgarité, à la grivoiserie… L’humour, c’est un moment de liberté. Et on y tient ! »

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Victor Hugo, « L’Homme qui rit », Paris, Gallimard Folio classique, [1869] 2002, 831 p.

Mardi 16 août 2011

L’auteur

Né en 1802, mort en 1885, Victor Hugo est l’un des plus célèbres poètes et romanciers français du XIXe siècle.

 

L’oeuvre

Victor Hugo fait paraître L’Homme qui rit en 1869, alors qu’il est déjà très connu pour Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862), mais aussi pour son opposition au régime de Napoléon III (1852-1870). L’Homme qui rit est un roman historique qui se déroule en Angleterre, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Il raconte la vie tourmentée d’un jeune noble anglais (Lord Clancharlie) arraché à sa famille par des voleurs d’enfants qui  le rebaptisent Gwynplaine et le défigurent volontairement pour en faire un phénomène de foire. Devenu adulte, Gwynplaine a l’opportunité de retrouver son statut social, mais, par solidarité avec les pauvres au milieu desquels il a grandi, il préfère garder son ancien mode de vie.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Malgré son titre, L’Homme qui rit, n’apparaît pas comme une lecture indispensable pour le programme de BTS. Le livre est très imposant (710 pages sans les notes dans l’édition Folio classique). Il est intéressant mais très difficile à aborder : pour bien l’apprécier, il faudrait connaître aussi bien le contexte de l’Angleterre des années 1700 que celui de la France de la fin des années 1860 à laquelle V. Hugo fait indirectement référence. Enfin, il ne contient que quelques réflexions éparses sur le rire et non une véritable théorie du rire, comme on aurait pu l’attendre d’après le titre. Il n’est pas inutile de lire L’Homme qui rit pour enrichir sa culture générale, mais cela n’apparaît vraiment pas comme une priorité dans la perspective de l’examen du BTS : il semble, en effet, presque impossible, même pour quelqu’un qui aurait lu le livre, de le citer pertinemment dans l’écriture personnelle. Quant à la synthèse, on ne peut exclure qu’elle contienne un extrait de L’Homme qui rit, mais on peut tout à fait s’y préparer en lisant les différentes anthologies de textes concernant le programme de BTS (L’Homme qui rit apparaît par exemple dans l’anthologie Flammarion Rire : pour quoi faire ?, p. 67-69).  

 

Quelques extraits

« Il ne souriait pas, nous l’avons dit, mais il riait ; parfois, fréquemment même ; d’un rire amer. Il y a du consentement dans le sourire, tandis que le rire est souvent un refus » (p. 77). Cette description s’applique à Ursus, l’homme qui recueille Gwynplaine dans son enfance, la deuxième phrase pourrait constituer un sujet (difficile à traiter) pour l’écriture personnelle.

« C’est en riant que Gwynplaine faisait rire. Et pourtant, il ne riait pas. Sa face riait, sa pensée non. L’espèce de visage inouï que le hasard ou une industrie bizarrement spéciale lui avait façonné, riait tout seul. Gwynplaine ne s’en mêlait pas. Le dehors ne dépendait pas du dedans. Ce rire qu’il n’avait point mis sur son front, sur ses joues, sur ses sourcils, sur sa bouche, il ne pouvait l’en ôter. On lui avait à jamais appliqué le rire sur le visage. C’était un rire automatique et d’autant plus irrésistible qu’il était pétrifié. Personne ne se dérobait à ce rictus. Deux convulsions de la bouche sont communicatives, le rire et le bâillement. Par la vertu de la mystérieuse opération probablement subie par Gwynplaine enfant, toutes les parties de son visage contribuaient à ce rictus, toute sa physionomie y aboutissait, comme une roue se concentre sur le moyeu ; toutes ses émotions, quelle qu’elles fussent, augmentaient cette étrange figure de joie, disons mieux, l’aggravaient. Un étonnement qu’il aurait eu, une souffrance qu’il aurait ressentie, une colère qui lui serait survenue, une pitié qu’il aurait éprouvée, n’eussent fait qu’accroître cette hilarité des muscles ; s’il eût pleuré, il eût ri ; et, quoi que fît Gwynplaine, quoi qu’il voulût, quoi qu’il pensât, dès qu’il levait la tête, la foule, si la foule était là, avait devant les yeux cette apparition : l’éclat de rire foudroyant » (p. 351).

« De toutes les laves que jette la bouche humaine, ce cratère, la plus corrosive, c’est la joie. Faire du mal joyeusement, aucune foule ne résiste à cette contagion » (p. 702) : cette phrase conclut un épisode au cours duquel Gwynplaine s’attire les moqueries des nobles pour avoir essayé de défendre les pauvres, on peut la rapprocher d’une des problématiques évoquées par le Bulletin officiel : « Du rire collectif au rire d’exclusion ».

Lisibilité : 2/20

Utilité : 5/20

Nicolas Padiou

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Une quasi professionalisation très précoce des jeunes prodiges du football : le cas de Leonel Angel Coira

Samedi 13 août 2011

Football : le Real recrute un prodige de sept ans

Henri Bergson, « Le Rire », Paris, Presses universitaires de France, [1899] 2010, 359 p.

Dimanche 7 août 2011

L’auteur

Henri Bergson est un philosophe français, né en 1859 et mort en 1941. Il est l’auteur d’une dizaine de livres qui ont connu un grand succès pendant la première moitié du XXe siècle.

 

L’oeuvre

Le Rire, sous-titré Essai sur la signification du comique, est publié en 1899. Il se compose de trois chapitres qui correspondent, en fait, à trois articles précédemment publiés par Bergson. Le premier chapitre concerne « Le comique en général. Le comique des formes et le comique des mouvements. Force d’expansion du comique ». Le deuxième chapitre porte sur « Le comique de situation et le comique de mots ». Quant au troisième chapitre, il aborde « Le comique de caractère ». Ces trois chapitres ne représentent en fait que 160 p. de l’édition des Presses universitaires de France, les deux cents pages restantes se composant de notes et de commentaires de l’éditeur du texte.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Ce livre ne fait pas partie de la bibliographie donnée à titre indicatif par le Bulletin officiel. Par ailleurs, il n’est pas très facile à lire : le style de Bergson ne pose pas de problèmes majeurs, mais sa démarche est parfois difficile à saisir et les références culturelles auxquelles il a recours risquent de s’avérer trop allusives pour le lecteur contemporain moyen (il considère par exemple que la trame des pièces de Molière est connue du lecteur). Cependant, il paraît vraiment utile de lire cet ouvrage : il est relativement court, lisible sans trop de difficultés et se situe au coeur du sujet abordé par le programme de BTS. Il est, en outre, gratuitement téléchargeable sur Internet (notamment à l’adresse suivante : http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/le_rire/le_rire.html). Il est tout à fait possible qu’un extrait de ce texte figure dans le corpus de la synthèse. Et, il est par ailleurs possible, pour montrer l’importance du rire comme thème de réflexion philosophique, de faire référence à Bergson et à son livre dans l’introduction de votre synthèse et, surtout, dans celle de votre écriture personnelle (même si c’est un peu banal, rien n’interdit de commencer votre introduction par une phrase du type « Le rire a toujours suscité la curiosité des écrivains et des philosophes, Bergson lui ayant même consacré l’intégralité de l’un de ses essais en 1899 [...]« ).

 

Quelques citations (qui pourraient faire l’objet d’un sujet d’écriture personnelle le jour de l’examen…)

« Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain » (p. 2)

« Signalons maintenant, comme un symptôme non moins digne de remarque, l’insensibilité qui accompagne d’ordinaire le rire » (p. 3)

« On ne goûterait pas le comique si l’on se sentait isolé » (p. 4)

« Pour comprendre le rire, il faut le replacer dans son milieu naturel, qui est la société ; il faut surtout en déterminer la fonction utile, qui est une fonction sociale » (p. 6)

Le rire : « Du mécanique plaqué sur du vivant » (p. 29)

« nous ne sommes risibles que par le côté de notre personne qui se dérobe à notre conscience » (p. 129).

 

Lisibilité : 8/20 

Utilité : 16/20

 

 

Nicolas Padiou

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