Roland Barthes, « Mythologies », Paris, Points essais, 1970, 234 p.

L’auteur

Roland Barthes est un écrivain français, né en 1915 et mort en 1980. Il a rédigé de très nombreux livres sur la philosophie et la littérature.

 

L’oeuvre

Les Mythologies sont un des ouvrages les plus célèbres de Barthes. Elles ont été publiées en 1957 et rééditées en 1970. Il s’agit d’un recueil d’une cinquantaine de courtes chroniques inspirées par la mode et l’évolution des mentalités en France pendant l’après-guerre. Parmi ces textes, deux concernent le sport. Le premier texte, qui est aussi l’un des plus longs, est intitulé « Le monde où l’on catche » (p. 13-23) le second porte pour titre « Le tour de France comme épopée » (p. 103-113).

 

Le rapport avec le programme de BTS

Roland Barthes est probablement l’auteur dont le nom revient le plus souvent, ces dernières années, dans les bibliographies de l’épreuve de culture générale et expression du BTS : ses Fragments du discours amoureux faisaient partie de la bibliographie du thème « Le détour » (2008-2010), les Mythologies ayant quant à elles été cités dans les textes officiels concernant les thèmes « Faire voir « (2007-2009) et  »Génération(s) » (2009-2011), puis, dernièrement, pour le thème « Le sport, miroir de notre société » (2010-2012). Il y a toutes les chances pour que, un jour ou l’autre, un texte de Barthes soit effectivement choisi pour le corpus de documents faisant l’objet de l’épreuve de synthèse au BTS. Dans cette perspective, il peut être très important d’avoir lu les deux textes des Mythologies concernant le sport, d’autant plus important que ces textes abordent des sujets banals, mais en recourant à un vocabulaire assez sophistiqué qui pourrait poser certains problèmes de compréhension. La difficulté de lecture pourrait naître de ce que Barthes adopte une démarche à la fois littéraire et sociologique pour analyser les mythes modernes en train de se créer à l’époque où il écrit (la DS de Citroën, les savons et détergents qui lavent toujours plus blanc, le ‘bifteck-frites’ comme un incontournable de la cuisine populaire française, etc.).  Comme ces mythes ont un peu passé de mode, il apparaît difficile de citer Barthes pour l’épreuve d’écriture personnelle, mais il peut être utile de lire ces textes (en tout une vingtaine de pages), même s’ils ne sont pas très accessibles, au cas où l’un d’entre eux figurerait donc dans le corpus de l’épreuve de synthèse.

 

Deux extraits :  

 

A propos du catch, Barthes affirme : « Le mal étant le climat naturel du catch, le combat régulier prend surtout une valeur d’exception ; l’usager s’en étonne, et le salue au passage comme un retour anachronique et un peu sentimental à la tradition sportive (‘ils sont drôlement réguliers, ceux-là’) ; il se sent tout d’un coup ému devant la bonté générale du monde, mais mourrait sans doute d’ennui et d’indifférence si les catcheurs ne retournaient bien vite à l’orgie des mauvais sentiments, qui font seuls du bon catch. Extrapolé, le catch régulier ne pourrait conduire qu’à la boxe ou au judo, alors que le catch véritable tient son originalité de tous les excès qui en font un spectacle et non un sport » (p. 21). Concernant le tour de France, il pointe les formules toutes-faites qui constituent le fond des commentaires journalistiques : « Le coureur trouve dans la Nature un milieu animé avec lequel il entretient des échanges de nutrition e de sujétion. Telle étape maritime (Le Havre-Dieppe) sera ‘iodée’, apportera à la course énergie et couleur ; telle autre (le Nord), faite de routes pavées, constituera une nourriture opaque, anguleuse : elle sera littéralement ’dure à avaler’ ; telle autre encore (Briançon-Monaco), schisteuse, préhistorique, engluera le coureur. Toutes posent un problème d’assimilation, toutes sont réduites par un mouvement proprement poétique à leur substance profonde, et devant chacune d’elles, le coureur cherche obscurément à se définir comme un homme total aux prises avec une Nature-substance, et non plus avec une Nature-objet. Ce sont donc les mouvements d’approche de la substance qui importent : le coureur est toujours représenté en état d’immersion et non pas en état de course : il plonge, il traverse, il vole, il adhère, c’est son lieu au sol qui le définit, souvent dans l’angoisse et dans l’apocalypse (l’effrayante plongée sur Monte-Carlo, le jeu de l’Esterel) ».

 

 

Lisibilité : 6/20

Utilité : 14/20

 

 

Nicolas Padiou

 

mythologies.jpg

 

 

Laisser un commentaire