Nick Hornby, « Carton jaune », Paris, Plon, [1992] 1998, 286 p.

L’auteur

Nick Hornby est un romancier anglais, né en 1957. Il est notamment l’auteur de High fidelity (1995) et About a boy (1998), tous les deux adaptés au cinéma.

 

L’oeuvre

Alors que Football factory raconte les aventures d’un supporter de Chelsea constamment sous l’emprise de l’alcool et extrêmement violent, Carton jaune est nettement plus reposant : il s’attache à un supporter fanatique mais très pacifique d’un autre club de football londonien, celui d’Arsenal. Il s’agit, comme dans tous les romans de Nick Hornby, d’une oeuvre autobiographique : c’est, en fait, de son propre rapport à Arsenal que l’auteur va nous parler (de la même manière qu’il évoquait dans High fidelity, son obsession personnelle de la musique rock). A travers de brefs comptes-rendus de matchs inextricablement mêlés à la vie personnelle de l’auteur, on suit en fait la biographie de Nick Hornby mais aussi les hauts et les bas des « gunners » d’Arsenal de 1968 à 1992 ainsi que quelques matchs de l’équipe nationale anglaise. L’originalité du livre réside dans la croyance de l’auteur à l’influence de son destin sur celui de son club favori (et réciproquement) : il espère qu’une victoire d’Arsenal va lui permettre de décrocher un véritable travail ou de trouver une petite amie et il estime, parallèlement et de manière tout aussi irrationnelle, pouvoir aider son équipe à gagner en respectant un certain nombre de rituels.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Carton jaune fait partie de la bibliographie officielle du programme de BTS. La peinture du milieu des supporters de foot londoniens est moins sombre chez Hornby que que chez John King (l’auteur de Football factory), mais elle est peut-être encore plus anecdotique. L’oeuvre nous en apprend, en fait, beaucoup plus sur les obesssions bizarres de Nick Hornby que sur le rapport des Anglais au sport professionnel : elle est assez distrayante à lire, mais pas très riche d’informations. On pourrait cependant envisager de la citer (en l’opposant éventuellement à celle de John King), dans l’épreuve d’écriture personnelle du BTS.

 

Un extrait

En de rares occasions, Nick Hornby délaisse son sujet de prédilection (Nick Hornby lui-même) et prend un peu de hauteur pour livrer à son lecteur quelques considérations d’ordre général sur l’évolution du football. On peut par exemple citer, p. 39 : « La coupe du Monde au Mexique en 1970 révolutionna la consommation du football. le foot avait toujours été un sport universel, dans le sens où le monde entier y jouait et le regardait ; mais quand le Brésil gagna la Coupe du Monde en 1962, la télévision était encore un luxe pour la plupart (et de toute manière, la technologie nécessaire pour restransmettre en direct un match disputé à l’autre bout du monde n’existait pas encore), et en 1966 les équipes sud-américaines passèrent au travers. [...] De fait, le Mundial 1970 fut la première confrontation majeure entre l’Europe et l’Amérique du Sud dont le monde entier fut témoin ».

 

Lisibilité : 12/20

Utilité :  6/20

 

Nicolas Padiou

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