John King, « Football factory », Paris, Editions de l’Olivier, [1996] 2004, 398 p.

L’auteur

John King est un romancier anglais né en 1960. Il est l’auteur d’une trilogie dont Football factory, publié en 1996 en Angleterre, constitue le premier tome.

 

L’oeuvre

Football factory raconte, à la première personne, la vie d’un jeune hooligan anglais, Tom, supporter depuis son enfance du club de Chelsea, un quartier de l’ouest de Londres. Quelques passages évoquent l’enfance du narrateur ou certains personnages de son entourage, mais le livre concerne surtout le hooliganisme : la plupart des chapitres portent pour titre les noms des adversaires du club de Chelsea, Tom ne ratant aucun des matchs de son équipe préférée et s’adonnant systématiquement à la violence avant ou après les rencontres. Toute sa vie est consacrée au football : il a un métier ennuyeux, peu de relations avec sa famille, pas de femme ni de petite amie, quant à ses seuls amis, ils sont, comme lui, des hooligans fanatiques de Chelsea. Leur vie tourne autour des matchs, de l’alcool (la narrateur boit au moins une bière par page), des filles (en général réduites au statut d’objets sexuels) et des innombrables combats contre les supporters des autres clubs qui tournent parfois à de véritables batailles rangées.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le livre aborde de front le problème de la violence liée au sport et, plus globalement, la place du sport dans les identités culturelles. Il est d’autant plus intéressant de lire Football factory que le livre fait partie de la bibliographie publiée par le Bulletin officiel concernant le thème « Le Sport : miroir de notre société ? ». La lecture n’est cependant pas toujours aisée. L’auteur utilise un style tout à fait abordable et même très familier quand il fait s’exprimer le narrateur Tom, mais, on peut éprouver, au début du livre, une réaction de rejet face à des personnages unanimement alcooliques, mysogines, hyper-violents et par ailleurs racistes, abrutis par les coups qu’ils donnent et ceux qu’ils recçoivent et, finalement, assez peu préoccupés de football. Football factory pourrait plaire aux fans de Chelsea et du film Trainspotting (John King remercie, à la fin de son livre, Irvine Welsh, l’auteur du livre Trainspotting publié en 1993 qui a servi de base au tournage du film éponyme).

 

Un extrait

« Ce sont des mouches sur une merde, ces cul-terreux de Norwich. Ils nous ont vus, et ils nous ont foutu une peignée, exactement comme s’ils attendrissaient leur viande de porc. On s’est fait couillonner et ça ne s’est jamais reproduit depuis. Tout ça  c’est un peu de la rigolade, parce qu’avec une bonne équipe, tu peux tout mettre à feu et à sang, et t’en tirer sans trop de bobos. Evidemment, ça peut mal tourner, surtout contre un gros club, ou quand c’est un match important. Les gars font un effort et au coin d’une rue, tu te retrouves devant un millier d’allumés qui n’ont qu’un but, c’est de t’envoyer aux urgences. Tu chies dans ton froc, mais en même temps, c’est tellement excitant que le plaisir dépasse tout. Tu surmontes ta trouille, et ce que tu fais là, ça te restera pour toute ta vie. On dit que c’est l’adrénaline et c’est peut-être vrai, mais moi tout ce que je sais, moi, c’est que rien n’est comparable à ça. Aucune drogue, ni le cul, ni le fric, rien » (p. 161).

  

Utilité : 10/20

Lisibilité : 10/20

 

Nicolas Padiou

 

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