Archive pour mai 2011

John King, « Football factory », Paris, Editions de l’Olivier, [1996] 2004, 398 p.

Samedi 28 mai 2011

L’auteur

John King est un romancier anglais né en 1960. Il est l’auteur d’une trilogie dont Football factory, publié en 1996 en Angleterre, constitue le premier tome.

 

L’oeuvre

Football factory raconte, à la première personne, la vie d’un jeune hooligan anglais, Tom, supporter depuis son enfance du club de Chelsea, un quartier de l’ouest de Londres. Quelques passages évoquent l’enfance du narrateur ou certains personnages de son entourage, mais le livre concerne surtout le hooliganisme : la plupart des chapitres portent pour titre les noms des adversaires du club de Chelsea, Tom ne ratant aucun des matchs de son équipe préférée et s’adonnant systématiquement à la violence avant ou après les rencontres. Toute sa vie est consacrée au football : il a un métier ennuyeux, peu de relations avec sa famille, pas de femme ni de petite amie, quant à ses seuls amis, ils sont, comme lui, des hooligans fanatiques de Chelsea. Leur vie tourne autour des matchs, de l’alcool (la narrateur boit au moins une bière par page), des filles (en général réduites au statut d’objets sexuels) et des innombrables combats contre les supporters des autres clubs qui tournent parfois à de véritables batailles rangées.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le livre aborde de front le problème de la violence liée au sport et, plus globalement, la place du sport dans les identités culturelles. Il est d’autant plus intéressant de lire Football factory que le livre fait partie de la bibliographie publiée par le Bulletin officiel concernant le thème « Le Sport : miroir de notre société ? ». La lecture n’est cependant pas toujours aisée. L’auteur utilise un style tout à fait abordable et même très familier quand il fait s’exprimer le narrateur Tom, mais, on peut éprouver, au début du livre, une réaction de rejet face à des personnages unanimement alcooliques, mysogines, hyper-violents et par ailleurs racistes, abrutis par les coups qu’ils donnent et ceux qu’ils recçoivent et, finalement, assez peu préoccupés de football. Football factory pourrait plaire aux fans de Chelsea et du film Trainspotting (John King remercie, à la fin de son livre, Irvine Welsh, l’auteur du livre Trainspotting publié en 1993 qui a servi de base au tournage du film éponyme).

 

Un extrait

« Ce sont des mouches sur une merde, ces cul-terreux de Norwich. Ils nous ont vus, et ils nous ont foutu une peignée, exactement comme s’ils attendrissaient leur viande de porc. On s’est fait couillonner et ça ne s’est jamais reproduit depuis. Tout ça  c’est un peu de la rigolade, parce qu’avec une bonne équipe, tu peux tout mettre à feu et à sang, et t’en tirer sans trop de bobos. Evidemment, ça peut mal tourner, surtout contre un gros club, ou quand c’est un match important. Les gars font un effort et au coin d’une rue, tu te retrouves devant un millier d’allumés qui n’ont qu’un but, c’est de t’envoyer aux urgences. Tu chies dans ton froc, mais en même temps, c’est tellement excitant que le plaisir dépasse tout. Tu surmontes ta trouille, et ce que tu fais là, ça te restera pour toute ta vie. On dit que c’est l’adrénaline et c’est peut-être vrai, mais moi tout ce que je sais, moi, c’est que rien n’est comparable à ça. Aucune drogue, ni le cul, ni le fric, rien » (p. 161).

  

Utilité : 10/20

Lisibilité : 10/20

 

Nicolas Padiou

 

factory3.gif

Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », Paris, Librio, [1670] 2009, 94 p.

Mercredi 25 mai 2011

L’auteur

Molière est l’auteur de théâtre le plus célèbre du XVIIe siècle français. Il est notamment connu pour ses comédies dont beaucoup sont encore jouées de nos jours.

 

L’oeuvre

Le Bourgeois gentilhomme raconte l’histoire de M. Jourdain, un bourgeois (c’est-à-dire un riche roturier) qui souhaite se faire passer pour un « gentilhomme » en adoptant les moeurs des aristocrates de son époque.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le Bourgeois gentilhomme fait partie de la bibliographie publiée par le Bulletin officiel. On en trouve des extraits dans la plupart des anthologies de textes qui ont été publiées au sujet du thème « Rire : pour quoi faire ? ». Les moeurs ont bien changé depuis le XVIIe siècle, mais on peut, sans trop de peine, lire le texte de la pièce qui est assez court et relativement abordable (l’édition publiée par Librio ne contient cependant pas de notes de vocabulaire, ce qui peut éventuellement compliquer un peu la lecture).

 

Utilité : 10/20

Lisibilité : 10/20

 

Nicolas Padiou

 

molire.jpg

Alfred Jarry, « Ubu roi », Paris, Librio, [1896] 2010, 98 p.

Mercredi 25 mai 2011

L’auteur

Alfred Jarry (1873-1907) est un auteur prolifique, mort très jeune. Il est connu pour ses textes absurdes, notamment une série de pièces de théâtre mettant en scène le personnage du père Ubu.

 

L’oeuvre

Ubu roi est une probablement la pièce la plus célèbre de la série consacrée à Ubu. Elle nous montre Ubu s’emparant par la force du trône de Pologne. Mais, l’argument de la pièce n’est pas forcément ce qui intéresse le plus Jarry. Ubu roi est surtout marqué par le goût de l’absurde et l’utilisation de registres de langue très variés (la pièce commence par l’exclamation « Merdre ! », c’est-à-dire « Merde ! » selon le père Ubu).    

 

Le rapport avec le programme de BTS

Jarry parodie les pièces classiques de manière complètement grotesque. L’adjectif « ubuesque » est d’ailleurs devenu synonyme d’absurde et Jarry fait figure d’ancêtre d’Ionesco.  On peut lire Ubu roi en une heure ou deux, mais il n’est pas très facile d’apprécier l’humour de l’auteur si l’on ne connaît pas les oeuvres qu’il parodie.

 

Utilité : 5/20

Lisibilité : 5/20

 

Nicolas Padiou

 

ubu.jpg

 

 

 

 

Coluche, « Et vous trouvez ça drôle ? » Paris, Le Livre de Poche, 1998, 215 p.

Mardi 24 mai 2011

L’auteur

Coluche (1944-1986) est un des plus célèbres humoristes français, fondateur des « Restau du coeur ». Il est mort en 1986 dans un accident de moto. Ses sketchs et les films dans lesquels il a joué sont fréquemment rediffusés sur les chaînes de télévision françaises.

 

L’oeuvre

Et vous trouvez ça drôle ? est un recueil d’histoires drôles suivies du texte d’une conférence prononcée par Coluche en 1986 au sujet de son projet de « restaurants du coeur ».

 

Le rapport avec le programme de BTS

Et vous trouvez ça drôle ? cadre bien avec le programme de BTS (le livre fait d’ailleurs partie de la bibliographie du Bulletin officiel). De nombreuses histoires relèvent d’un humour absurde ou jouent avec les tabous du politiquement correct. Elles n’apporteront cependant pas grand chose à ceux qui connaissent déjà bien les sketchs de cet humoriste.  

 

Deux extraits

« Vous connaissez le truc qui permet de lancer un oeuf au-dessus de son épaule sans le casser ? Il faut le lancer quand il est encore à l’intérieur de la poule » (p. 73).

« Ah, si je comprends bien, il faudrait pas que je dise du mal des Belges, il faudrait pas que je dise du mal des Arabes, il faudrait que je ferme ma gueule à propos de la politique, il faudrait que je raconte des histoires un peu moins dégueulasses et il faudrait pas que je parle la bouche pleine, mais on ne va jamais me payer à rien foutre ! » (p. 11).  

 

Utilité : 5/20

Lisibilité :  15/20

Nicolas Padiou

coluche.jpg

Stendhal, « Du rire. Essai philosophique sur un sujet difficile et autres essais », Paris, Rivages poche, [1813-1836] 2005, 180 p.

Lundi 23 mai 2011

L’auteur

Stendhal (1783-1842) est un des plus célèbres auteurs français de la première moitié du XIXe siècle. Il est notamment l’auteur de Le Rouge et le Noir (1830) et de La Chartreuse de Parme (1839).

 

L’oeuvre

Stendhal s’est beaucoup intéressé au rire. D’après le volume publié par les éditions Rivages en 2005, il a fréquemment pris des notes et publié des articles sur le sujet entre 1813 et 1836. Il s’est notamment intéressé aux comédies du XVIIe siècle et aux manifestations du rire dans les différents pays européens. Il n’a cependant jamais mis au point une théorie générale du rire.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Le texte qui donne son titre au recueil occupe les pages 79-110. C’est probablement le plus intéressant pour ce qui concerne le programme de BTS dans la mesure où il évoque de nombreuses questions soulevées par les prédécesseurs de Stendhal (Hobbes est cité à plusieurs reprises). La plupart des autres textes sont inaboutis et d’un intérêt inégal. Dans l’ensemble, la lecture des textes est compliquée par les très nombreuses références à des auteurs célèbres à l’époque de Stendhal mais tombés dans l’oubli de nos jours. Le style très allusif de l’auteur ajoute encore à la difficulté de la lecture. Il apparaît donc assez difficile de citer Stendhal dans une écriture personnelle, sauf à le mentionner comme une étape intemédiaire entre Hobbes et, par exemple, Bergson.

Un extrait

  »Plus nous avons de considération pour quelqu’un, mieux et plus vite nous comprenons les plus légères plaisanteries faites sur cette personne. Notre amour-propre, tenu en respect et comme blessé, jouit délicieusement de la vue imprévue de l’infériorité d’une personne que nous croyons supérieure à nous, ou, au moins, rivale de notre supériorité. Si cette personne est soupçonnée par nous d’affecter la supériorité, alors notre soif pour la plaisanterie redouble ; non seulement nous rions avec délices des moindres plaisanteries, mais nous arrivons à rire même de l’intention, non suivie de succès, de lui faire une plaisanterie C’est que notre imagination, réveillée par la soif de la vengeance, a entrevu la plaisanterie ». [p. 80-81]

Utilité : 5/20

Lisibilité : 5/20

Nicolas Padiou

stendhal.jpg

 

 

 

 

  

« Rire et châtiment »

Lundi 23 mai 2011

L’art et la manière de raconter une blague, l’importance de la chute… L’histoire de l’ours bleu racontée par José Garcia dans Rire et châtiment : Image de prévisualisation YouTube

Le rire vu par les Inconnus

Samedi 21 mai 2011

Toutes (enfin presque toutes) les problématiques du thème « Le rire : pour quoi faire ? » ont déjà été traitées, en six minutes, par les Inconnus, dans un sketch parodiant les émissions de débats d’Arte :Image de prévisualisation YouTube

« L’humour en capitales »

Vendredi 20 mai 2011

L’affiche d’un festival d’humour qui se tiendra le mois prochain à Paris :

humour.jpg

Aristophane, « Lysistrata », Paris, Mille et une nuits, [-411] 2009, 144 p.

Mercredi 18 mai 2011

L’auteur

Aristophane est un auteur athénien du Ve siècle av. J.-C. Il est surtout connu pour ses comédies.

 

L’oeuvre

Une des versions les plus facilement accessibles du texte est la traduction modernisée de Michel Host publiée par les éditions Mille et une nuits avec pour sous-titre « Faisons la grève du sexe ! ». Ce sous-titre indique bien le thème de la pièce : les femmes grecques décident de priver leurs hommes de sexe aussi longtemps qu’ils n’auront pas renoncé à la guerre. Cet argument est prétexte à de nombreuses scènes comiques dans lesquelles les Grecques choquent et font rire par le recours à un vocabulaire sexuel très familier.

 

Le rapport avec le programme de BTS

Aristophane est probablement l’un des ancêtres les plus importants des comédies modernes, de Molière jusqu’au XXe siècle. Même si le texte est court (une centaine de pages), il est cependant très difficile de se plonger dans une pièce vieille de près de 2500 ans, tant la société grecque apparaît éloignée de la nôtre. Sans les notes et la post-face de Michel Host, on ne comprendrait pas de nombreux jeux de mots qui pâtissent de toute façon inévitablement de la traduction. Il paraît délicat d’exploiter un tel texte pour l’écriture personnelle de l’examen de BTS.  

Utilité : 3/20

Lisibilité : 3/20

Nicolas Padiou

lysistrata.gif

Eric Smadja, « Le Rire », Paris, Puf, 2007, 128 p.

Mardi 17 mai 2011

L’auteur
Eric Samdja est « psychiatre-psychanalyste ».

L’oeuvre
Le Rire est un titre de la série « Que sais-je », une collection universitaire de vulgarisation des connaissances scientifiques. En 128 pages, l’auteur propose donc une étude succincte mais exhaustive du rire. Les quatre chapitres abordent successivement les « Aspects littéraires et spéculations philosophiques » sur le rire, les « Aspects éthologiques » (c’est-à-dire comportementaux), les « Causalités du rire » et enfin les « Aspects socioculturels ».

Le rapport avec le programme de BTS
Le Rire peut constituer un bon moyen de se familiariser avec différentes problématiques du thème « le rire : pour quoi faire ? ». Malgré le jargon psychanalytique de l’auteur, le texte reste compréhensible. Les chapitres II et III sont à la fois plus difficiles à aborder et d’un intérêt moindre pour l’épreuve de BTS. Le chapitre IV et, surtout, le chapitre I peuvent, en revanche, s’avérer utiles pour l’examen.

Utilité : 10/20

Lisibilité : 8/20  

Nicolas Padiou

smadja1.jpg

12345...7