« La Griffe de Frankenstein »

3 novembre 2017

Récemment diffusée sur Arte, La Griffe de Frankenstein (Horror Hospital en anglais) est un abracadabrant nanar de 1973 dans lequel un savant russe, assistant du célèbre Pavlov, doit quitter l’URSS pour la Finlande avant de se réfugier en Angleterre à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale. Assisté d’une infirmière qu’il a connue alors qu’elle tenait une maison close en Allemagne, ce savant fou recrute de jeunes hippies un peu simplets en leur promettant de tranquilles vacances à la campagne. En fait, il les lobotomise afin d’en faire de véritables robots… Donnant une image très colorée des années 70, le film contient quelques scènes d’horreur authentiques mais ne peut se regarder qu’au deuxième degré tant le scénario est invraisemblable… Ci-dessous, un plaidoyer pour cette « perle rare » du cinéma britannique, ainsi que la perle elle-même, généreusement (?) mise à disposition du public par le site d’Arte jusqu’au mois de mai 2018. A voir, pour la scène assez hallucinante où les hippies-zombies, à peine plus idiots après trépanation, sont contraints par le docteur à faire d’extraordinaires cabrioles…

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2017/07/01/griffe-de-frankenstein-de-antony-balch/

https://www.arte.tv/fr/videos/073342-001-A/la-griffe-de-frankenstein/

La scarification chez les Tabwa

3 novembre 2017

Chez les Tabwa qui vivent à la frontière entre la République démocratique du Congo, la Zambie et la Tanzanie, la scarification jouait le rôle d’une véritable cartographie symbolique, incisée à même la peau des membres de l’ethnie (comme l’explique un panneau du musée du Quai Branly). La photo ci-dessous montre à quel point cette scarification pouvait prendre de l’ampleur…

Tabwa

Photo d’une femme Tabwa (fin du dix-neuvième siècle ?), collection du musée de l’université de l’Iowa.

Ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent, dans un premier temps, consulter la page Wikipédia consacrée à la « Modification corporelle », page évoquant notamment le piercing, le tatouage, la déformation des crânes, les différentes formes de chirurgie plastique, l’épilation, l’extension des cheveux, la pose de faux ongles, le marquage au fer rouge, les femmes-girafes, les plateaux insérés dans la lèvre, le percement des oreilles, du nez ou d’autres parties du corps, la division en deux de la pointe de la langue, le limage des dents, la bandage des pieds, la circoncision et l’excision, la castration, l’amputation d’un doigt ou d’un sein et, enfin, la musculation et l’engraissement volontaire.

Les images accompagnant toutes ces transformations plus ou moins volontaires du corps ne sont évidemment pas toujours très agréables à regarder…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Modification_corporelle

« Chromosome 3 » de David Cronenberg

2 octobre 2017

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David Cronenberg est un cinéaste canadien né en 1943. On lui doit de nombreux films fantastiques dans lesquels le corps joue souvent un grand rôle. On peut voir en ce moment, sur le site de replay d’Arte, un de ses premiers films intitulés The Brood (Chromosome 3 dans la version française dont le doublage est assez approximatif). Il y est donc question d’une « progéniture », celle de Frank et Nola Carveth qui ont une fille un peu perturbée, Candice. Nola est elle-même plus ou moins volontairement recluse dans la clinique d’un psychiatre qui utilise l’hypnose et les jeux de rôle, voire les manipulations génétiques, pour extirper le mal de l’esprit mais aussi du corps de ses patients. Les choses empirent quand de maléfiques et très furtifs enfants, ou des nains difformes, s’en prennent aux proches de la famille Carveth… Un film d’horreur un peu daté et pas toujours facile à suivre mais qui reste assez efficace et annonce les obsessions à venir de D. Cronenberg.

https://www.arte.tv/fr/videos/075172-000-A/chromosome-3/

Corps néoclassiques

28 septembre 2017
Landon

Charles Paul Landon, « Dédale et Icare », 1799, musée des Beaux-arts d’Alencon.

Charles Paul Landon est un peintre français né en 1761 et mort en 1826. On lui doit notamment des tableaux néoclassiques où le nu « à l’Antique » abonde.

Vénus

Charles Paul Landon, « Vénus », 1810, musée des Beaux-arts de Nice.

Spiderman contre Dark Vador

28 septembre 2017

Wilkinson

La photographe australienne Toni Wilkinson a présenté à Paris, en 2013, dans le cadre de l’exposition Photoquai, une série de photos intitulée Uncertain surrenders. Parmi les photos exposées, celle ci-dessus montre que le quotidien de l’enfance est fait de jeux banals au cours desquels les enfants peuvent, pendant quelques années, s’identifier à d’extraordinaires héros, avant d’être rattrapés par les pesantes routines de l’adolescence et de l’âge adulte.

Les 12 paires de jambes d’Aimee Mullins

28 septembre 2017

Aimee Mullins est née en 1976 aux Etats-Unis. Elle a dû être amputée des deux jambes en raison d’une maladie rare l’ayant affectée dès la naissance. Cela ne l’a pas empêchée de devenir une athlète de haut niveau, puis d’entamer une carrière d’actrice, de modèle et de mannequin photo. Dans le cadre d’un conférence TED (il s’agit de conférences très prisées aux Etats-Unis), elle a expliqué en 2009 comment elle avait transformé son handicap en atout, travaillant personnellement au design de ses 12 paires de jambes artificielles…

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Humains et aliens

27 septembre 2017

 Blade

A écouter en cliquant sur le lien ci-dessous, une émission de 2012 sur le rapport entre les humains et les aliens en littérature et au cinéma, avec l’évocation, notamment, du film Blade Runner (1982) dont une séquelle va sortir prochainement au cinéma :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/lautre-24-lhumain-le-monstre-et-lalien-lecon-du

La « Descente de croix » de Rogier van der Weyden

26 septembre 2017
Van der Weyden

Rogier van der Weyden, « Descente de croix », 220 x 262 cm, musée du Prado de Madrid, 1435.

Rogier van der Weyden (1399-1464) est un peintre flamand à qui l’on doit notamment une célèbre Descente de croix conservée au musée du Prado, à Madrid. On y voit un Jésus porté par divers personnages, et pour une des premières fois, des larmes représentées de manière « réaliste ».

Larme

Détail de la « Descente de croix » de Rogier van der Weyden

« Les époux Arnolfini » de Jan van Eyck

26 septembre 2017
Arnolfini

Jan van Eyck, « Les Époux Arnolfini », 82 x 60, National Gallery de Londres, 1434.

Jan van Eyck est un peintre flamand, né en 1390 et mort en 1441. On lui doit d’excellents tableaux dont le plus connu est probablement l’extraordinaire double portrait des époux Arnolfini. Tout est extraordinaire dans ce tableau à commencer par la prestance des deux époux. Chaque détail contribue par ailleurs à conférer au portrait une atmosphère d’exception. Quant au miroir visible au-dessus des mains des Arnolfini, il montre dans un détail d’une extraordinaire précision dans un tableau si petit, le peintre en train de réaliser le portrait des deux époux qu’on voit de donc de dos.

Arnolfini détail

Détail du miroir du « Portrait des époux Arnolfini ».

On peut aussi retenir, du même van Eyck, le Retable de l’agneau mystique

Retable_de_l'Agneau_mystique

Hubert et Jan van Eyck, « Retable de l’agneau mystique », 3,75 x 5,20 m, cathédrale de Gand, 1432.

Ci-dessous le détail des deux panneaux latéraux montrant Adam et Ève dans des poses qui montrent à quel le rapport aux corps a changé depuis la fin du Moyen Âge. Les corps du premier homme et de sa femme (tirée de sa côte !), apparaissent à la fois réalistes et presque difformes, Adam cachant assez pudiquement ses « parties honteuses » à l’aide d’une feuille de vigne alors qu’Ève dissimule difficilement les siennes.

Adam et eve

Détail des panneaux représentant Adam et Ève.

La « Déposition de croix » de Pontormo

25 septembre 2017

Pontormo

Jacopo da Pontormo (1494-1557) est un peintre florentin, élève de Léonard de Vinci. Il est considéré comme un des principaux représentants du « maniérisme », tendant, après les débuts de la Renaissance, à un style de plus en plus raffiné mais aussi de plus en plus coupé de la réalité. Concernant la représentation des corps, le maniérisme se traduit par un allongement des visages et des membres, des postures peu naturelles comme dans le tableau ci-dessus où Pontormo peint, en 1526-1528, un Jésus descendu de la croix dans une attitude assez invraisemblable.

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